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La grande fête des ouvriers du monde entier - 1 mai

Le 1 mai 1890 - 1920 - 2013

Aujourd’hui la Fête du premier mai perd quelque peu sa signification. Quelle est son histoire ? En 1890, la grève du 1er mai est, pour la première fois, organisée partout dans le monde. Jusqu’à 1900, le 1er mai fut célébré partout avec cette ferveur révolutionnaire qui marquait les organisations ouvrières de ce temps. L’Union soviétique, sous l’autorité de Lénine, décide en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée.

Il y a 123 ans que fut proclamée la fête du 1er Mai. En 1890 au Congrès socialiste-international de Paris, au moment ou naissait la deuxième Internationale, les ouvriers de tous les pays décidèrent de fêter le 1er Mai, comme le jour de la mobilisation des forces prolétariennes, comme le jour de la lutte, comme le jour de la fraternité universelle socialiste. La journée de travail de 8 heures, l’action contre la guerre, la suppression des armées permanentes, tels étaient les mots d’ordre de la fête du 1er Mai voici 30 ans.

Depuis La fête du 1er Mai devint le symbole de la solidarité prolétarienne, de l’unité fraternelle des ouvriers de toutes les nations. Des masses d’ouvriers de toutes les nations. Des masses d’ouvriers et d’ouvrières toujours plus grandes participaient à la commémoration du 1er Mai.

L’Union soviétique, sous l’autorité de Lénine, décide en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée :

- "La grande fête des ouvriers du monde entier approche. Le premier mai, ils célèbrent leur éveil à la lumière et au savoir, leur alliance en une seule union fraternelle, pour lutter contre tout oppression, contre tous les abus, contre toute exploitation, pour une organisation socialiste de la société. Tous ceux qui travaillent, qui nourrissent de leur labeur les gens riches et puissants, qui passent leur vie à accomplir un travail au dessus de leurs forces pour un salaire misérable, qui ne jouissent jamais des fruits de leur peine, qui vivent comme des bêtes de somme au milieu du luxe et de l’éclat de notre civilisation, tous se tendent les mains dans la lutte pour la libération et le bonheur des ouvriers.

À bas l’inimitié entre les ouvriers de différentes nationalités ou de différentes religions ! Une telle hostilité sert seulement les pillards et les tyrans qui vivent de l’ignorance et de la division du prolétariat. Juifs, chrétiens, Arméniens et Tartares, Polonais et Russes, Finlandais et Suédois, Lettons et Allemand, tous, tous marchent ensemble sous l’emblème commun du socialiste. TOUS LES OUVRIERS SONT FRÈRES, et leur union solide est le seul garant du bien-être et du bonheur de toute l’humanité laborieuse et opprimée. Le premier mai, cette alliance des ouvriers de tous les pays, la social-démocratie internationale passe en revue ses forces et serre les rangs pour une lutte nouvelle, inlassable, inflexible, pour la liberté, l’égalité et la fraternité."

Lénine : Premier Mai, Oeuvres Complètes, tome 8


’La leçon de nos grandioses manifestations’, publié en russe dans La Pravda N° 102, Publié hors-œuvre dans l’ouvrage : ’Pyat Let Kominterna’. :

- "À Moscou, à Pétrograd, et aussi à Kiev et à Kharkov, les manifestations du 1er Mai ont été vraiment grandioses. Leurs organisateurs mêmes n’avaient pas compté sur une telle affluence de manifestants. Les étrangers présents, y compris ceux qui nous sont les plus hostiles, en ont été stupéfaits. Un des représentants d’Amsterdam disait, sous l’impression de la manifestation, n’avoir rien vu de pareil depuis l’enterrement de Victor Hugo.

Il avait pourtant vu bon nombre de manifestations dans différents pays d’Europe. Il va de soi que l’état d’esprit des manifestants était varié. Les uns venaient manifester avec enthousiasme, d’autres avec sympathie, des troisièmes par curiosité, des quatrièmes par esprit d’imitation. Mais il en est toujours ainsi dans un mouvement de masse. La foule, en général, avait le sentiment de participer à une œuvre collective ; et elle était naturellement sous l’influence de ceux qui l’enthousiasme stimulait.

Si l’on juge par la presse socialiste blanche de l’émigration russe à l’étranger, la classe ouvrière russe, sceptique, déprimée, réactionnaire est tout entière hostile aux Soviets. Il se peut bien que toutes les correspondances qui l’exposent ne soient pas rédigées à Berlin, capitale du monarchisme russe et du socialisme blanc. Il se peut que certaines de ces correspondances soient rédigées d’après nature. Chacun décrit la nature qu’il voit. Les menchéviks abordent tout par le revers et décrivent ce revers. Qu’on soit dans nos quartiers ouvriers mécontent des dures conditions d’existence actuelles, personne ne peut en douter. On peut aussi reconnaître que la lenteur du développement de la révolution européenne et le procès si pénible du développement de notre économie engendrent parmi des travailleurs dont les milieux ne sont pas purement prolétariens, une certaine dépression, un certain désarroi qui se transforme même en mysticisme. Dans la vie quotidienne - et notre grande époque a sa banalité quotidienne - la conscience de classe est éparpillée par de petits soucis. Les différents intérêts, les différentes mentalités des groupes de la classe ouvrière passent au premier plan. Mais les grands événements récents ont révélé avec force la profonde unité d’un prolétariat qui a passé par le creuset de la révolution. Nous avions déjà observé ce fait le long de la longue route qui va de l’insurrection des Tchéco-Slovaques sur la Volga, à la conférence de Gênes. Nos ennemis eux-mêmes l’ont dit plus d’une fois : L’insurrection tchéco-slovaque a été utile au pouvoir des Soviets. Les menchéviks, les s.-r., et les amis de M. Milioukov qui sont leurs frères aînés, répètent que la nocivité des interventions en Russie vient précisément de ce qu’elles ne font qu’affermir le pouvoir des Soviets. Qu’est-ce à dire, sinon que les grandes épreuves révèlent la profonde unité de ce pouvoir avec les masses ouvrières, malgré les erreurs et les abus, malgré la ruine, malgré la maladresse, malgré la fatigue des uns, et le mécontentement des autres.

Il est vrai qu’un régime gouvernemental contraire aux aspirations de la société, peut dans certains cas être affermi par un danger extérieur. Nous l’avons vu sous l’autocratie, dans la première période de la guerre russo-japonaise, et plus encore au début de la guerre impérialiste. Mais il n’en est ainsi que dans la première période, c’est-à-dire tant que la conscience des masses populaires ne s’est pas accoutumée aux faits nouveaux. Survient ensuite le règlement des comptes. Et le régime qui se survit perd au centuple ce qu’il paraissait avoir acquis dans la première période de guerre. Pourquoi ce phénomène, conditionné semble-t-il par une loi générale, ne se renouvelle-t-il pas dans la République des soviets ? Pourquoi nos ennemis les plus perspicaces sont-ils arrivés en trois années d’intervention militaire à renoncer à ce moyen ? Pour la raison même qui fait que la conférence de Gênes a suscité dans les masses ouvrières de la Russie l’élan vigoureux dont le grandiose succès des manifestations du 1er Mai n’est que la conséquence.

Les menchéviks et les s.-r. étaient naturellement contre la manifestation et invitaient les ouvriers à n’y point participer. L’unanimité des travailleurs, dans les questions essentielles de la vie de la république ne s’en est attestée que mieux. On peut, certes arguer que les répressions ont nui et nuisent aux succès des prédications des socialistes blancs. C’est incontestable. Mais c’est là toute la lutte ; ils veulent renverser le pouvoir des soviets et ce pouvoir leur résiste. Nous ne nous sentons nullement tenus d’offrir à leur action contre-révolutionnaire des conditions favorables.

La bourgeoisie elle aussi ne s’efforce nulle part de faciliter leur tâches aux communistes. Et pourtant, le mouvement révolutionnaire a crû et croît encore. Le tsarisme disposait du plus redoutable appareil de coercition et n’en est pas moins tombé. Disons plus ; les menchéviks eux-mêmes ont souvent dit et répété que les répressions de l’autocratie ne faisaient qu’étendre et tremper le mouvement révolutionnaire. C’était vrai. Dans la première période de la guerre russo-japonaise et de la guerre impérialiste les manifestations patriotiques réussirent à l’ancien régime. Mais dans une masure très restreinte. Les rues des grandes villes ne tardèrent pas à tomber au pouvoir des foules révolutionnaires. On n’explique donc rien par la répression. Ou bien l’emploi de cet argument fait naître la question suivante : pourquoi ces réponses sont-elles couronnées de succès, tandis que toutes les luttes contre elles sont infructueuses ? Voici la réponse : les répressions n’atteignent pas leur but quand elles sont l’œuvre d’un pouvoir gouvernemental qui se survit et quand elles sont dirigées contre les jeunes forces historiques qui font le progrès. Mais dans les mains d’un pouvoir qui va avec l’histoire et avec le progrès les répressions peuvent être très efficacement employées à déblayer le terrain des forces périmées.

Mais si notre 1er mai a révélé la profonde unité des travailleurs et du régime des soviets ainsi que la complète impuissance des partis du socialisme blanc, ne peut-on pas en déduire l’inutilité des répressions ? N’y-a-t-il pas lieu de légaliser l’impuissance des ennemis, fussent-ils mortels, de la révolution ouvrière ?

A cette question aussi il faut une réponse parfaitement claire. Si la fête du 1er mai avait revêtu dans le monde entier un caractère semblable la question des répressions ne se poserait pas en Russie. Si la Russie était seule au monde il en serait de même. Mais les travailleurs ne sont descendus, ce 1er mai, dans les rues de Moscou, de Pétrograd, de Kharkov, de Kiev avec tant d’enthousiasme que parce qu’ils sentaient, parce qu’ils voyaient à Gênes leur Russie ouvrière et paysanne tenir tête à quatre dizaines d’Etats bourgeois. Dans les limites de la Russie les menchéviks et les s.-r. sont insignifiants. Mais dans le monde la corrélation des forces est tout autre car le pouvoir est partout exercé par la bourgeoisie auprès de laquelle le menchévisme n’est qu’un mécanisme conducteur d’influence politique.

Le menchévisme russe est insignifiant mais il est le levier d’un système encore puissant dont la force motrice réside dans les Bourses de Paris de Londres et de New-York. La question de la Géorgie l’a montré avec la plus grande netteté. A la suite de M. Vandervelde les menchéviks n’ont rien exigé de moins que la restauration de leur Géorgie ; et M. Barthou, le plus réactionnaire des profiteurs politiques de la France a exigé l’admission à Gênes de l’ancien gouvernement géorgien. Le même Barthou garde soigneusement en réserve l’armée de Wrangel pour la cas où une descente sur les côtes du Caucase lui paraîtrait utile. Au fond, dans tout cela, il ne s’agit que du pétrole du Caucase, convoité par la finance.

Dans nos limites nationales, les menchéviks et les s.-r. n’ont aucune importance, mais au sein du capitalisme qui nous environne ils ont été et ils restent un service à demi-politique, à demi-militaire de l’impérialisme armé. Après un train-train quotidien prolongé et tout le travail de sape qu’il comportait des deux côtés, la conférence de Gênes a de nouveau fait ressortir, sous une forme dramatique et frappante l’antagonisme entre la Russie des Soviets et le reste du monde. C’est pourquoi les travailleurs de notre pays sont venus se placer avec tant d’enthousiasme sous le drapeau des Soviets. Leur magnifique mouvement a montré à la fois la force révolutionnaire de notre république et la grandeur des dangers qui l’environnent. Nous n’avons pas de front nous ne nous battons pas aujourd’hui, mais nous sommes encore une forteresse assiégée. L’ennemi a consenti à un armistice et nous a demandé de lui envoyer des parlementaires. L’ennemi nous a tâtés et s’est rendu compte que nous sommes plus éloignés d’une capitulation que nous ne le fûmes jamais. Mais l’ennemi est puissant encore. Le danger reste donc grand.

Conscients de notre force, nous devons veiller avec une vigilance qui ne se relâchera pas un instant." / Leiba Bronstein Trotsky.

Cette initiative est peu à peu imitée par d’autres pays dont la France en 1941.





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