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La Russie met en détention des militants de Greenpeace

Des militants de Greenpeace ont été placés jeudi en détention pour deux mois en Russie pour "piraterie", crime passible de 15 ans de prison, après une opération contre une plateforme de Gazprom dans l’Arctique.

Un tribunal de Mourmansk, dans le nord-ouest de la Russie, a ordonné la mise en détention provisoire jusqu’au 24 novembre de militants venant de Pologne, de Nouvelle-Zélande, des Etats-Unis, du Canada, de Turquie, du Danemark, d’Italie et de France.

Parmi eux, le capitaine du navire de Greenpeace, l’Américain Peter Willcox, qui avait été le capitaine du Rainbow Warrior, le bateau de l’ONG écologiste coulé en 1985 dans le port d’Auckland (Nouvelle-Zélande) par les services secrets français.

Le Suisse Marco Weber, qui avait escaladé le 18 septembre la plateforme pétrolière Prirazlomnaïa du géant russe Gazprom pour protester contre les projets d’exploitation pétrolière dans cette zone, figure également au nombre des militants placés en détention provisoire.

Il est rare que des étrangers soient placés en détention provisoire en Russie.
Le photographe freelance russe Denis Siniakov et trois autres ressortissants russes devront eux aussi rester en prison pendant deux mois.

Les militants ont réfuté les accusations de "piraterie", insistant sur le fait que leur action de protestation contre la plateforme de Gazprom en Arctique était pacifique.
Pour sa part le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov, a déclaré jeudi sur la radio Echo de Moscou que Greenpeace avait agi "de façon totalement illégale".

Jeudi matin, le Comité d’enquête russe avait averti qu’il allait demander que les 30 membres d’équipage de l’Arctic Sunrise, navire battant pavillon néerlandais, soient maintenus en détention le temps de conclure l’enquête.

Les enquêteurs ont estimé que les membres de l’équipage, originaires de 18 pays, pourraient fuir la Russie s’ils étaient relâchés.

Un porte-parole de Greenpeace International, le Suédois Dmitri Litvinov, fils du célèbre dissident et prisonnier politique de l’époque soviétique Pavel Litvinov et arrière petit-fils d’un ministre des Affaires étrangères de Staline, a de son côté vu sa détention préventive prolongée de 72 heures.

Une porte-parole néerlandaise de Greenpeace, Faiza Oulahsen, et un cuisinier ukrainien du navire ont quant à eux bénéficié aussi de cette mesure plus clémente.
Selon l’agence de presse Interfax, une autre audience du tribunal sur leur cas doit avoir lieu vendredi, étant donné qu’ils ont déjà passé 48 heures en détention.

Demande des Pays-Bas de libérer l’équipage

L’affaire, qui implique 30 militants venant de 18 pays, pourrait tourner à l’affrontement diplomatique.

Invoquant le droit maritime, les Pays-Bas ont déjà demandé aux autorités russes de libérer l’équipage.

Le gouvernement néerlandais envisage même d’engager une "procédure légale (contre l’arrestation de l’équipage) y compris devant le Tribunal international de l’ONU pour le droit de la Mer", a annoncé mercredi le chef de la diplomatie néerlandaise Frans Timmermans.

De son côté, Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International, a qualifié les décisions de la justice russe d’"intimidation". "Cela ne marchera pas", a-t-il lancé.
"Criminalisation du journalisme et du militantisme"

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) s’est de son côté dite "choquée" par le placement en détention provisoire du photojournaliste Denis Siniakov, qui a travaillé dans le passé au bureau de l’AFP à Moscou.

Denis Siniakov a déclaré au tribunal jeudi que "toutes les accusations (contre lui) sont sans fondement". "Mon arme, c’est mon appareil photo", a-t-il dit, cité par Greenpeace sur Twitter.

"Denis Siniakov a été interpellé dans l’exercice de son activité professionnelle et son arrestation constitue une violation inacceptable de la liberté de l’information", a déclaré RSF.

"En portant contre le photographe et les militants une accusation aussi absurde que celle de ’piraterie’, le Comité d’enquête russe criminalise le journalisme aussi bien que le militantisme", a poursuivi l’ONG dans un communiqué.

Des médias russes, dont la radio Echo de Moscou ou le site d’information en ligne Gazeta.ru, ont annoncé qu’ils ne publieraient pas de photos sur leur page d’ouverture vendredi en signe de solidarité avec M. Siniakov, a rapporté Interfax.

Des journalistes ont protesté devant le quartier général du Comité d’enquête à Moscou en brandissant des pancartes proclamant : "Un journaliste n’est pas un pirate".
Les membres de l’équipage de l’Arctic Sunrise avaient été placés mercredi dans des centres de détention provisoire de Mourmansk et de la région.

Le navire de Greenpeace avait été arraisonné la semaine dernière par un commando héliporté des garde-frontières russes, puis remorqué jusqu’à la rade de Mourmansk et mis au mouillage.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mercredi que les militants n’étaient pas des "pirates", mais s’en est pris aux méthodes de Greenpeace et a estimé que les militants qui étaient à bord de l’Arctic Sunrise avaient enfreint le droit international.

Voir également :

- Pétition Greenpeace





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