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Perestroïka, glasnost... Il y a 30 ans, Gorbatchev ouvrait la boîte de Pandore

"Camarades, sans doute avons-nous besoin de réformes." En arrêtant son cortège dans le centre de Léningrad en mai 1985 pour parler à la foule, Mikhaïl Gorbatchev donne le ton de sa future politique, "glasnost" et "perestroïka", qui finira par lui échapper pour aboutir à l’éclatement de l’URSS.

C’était il y a 30 ans : un jeune apparatchik réformateur venu du Caucase du nord devient le nouveau secrétaire général du parti communiste et impose un style qui tranche avec celui de ses prédécesseurs. Il lance des réformes qui vont bouleverser en profondeur la société soviétique et provoquer un déluge politique qui prend le nom de "perestroïka" (reconstruction) et "glasnost" (transparence).

La glasnost donne un nouveau souffle à la société civile : la liberté d’expression s’installe peu à peu, des centaines de prisonniers politiques et de dissidents sont libérés. Les crimes de la terreur stalinienne sont révélés au grand jour.

Les résultats surpassent bientôt ce qu’escomptait Gorbatchev qui se voyait comme le promoteur d’un "socialisme à visage humain". Dès la fin des années 1980, l’ambiance en Union soviétique change radicalement.

Avec la levée progressive de la censure, les nouveaux médias poussent comme des champignons, mettant sous pression les deux principaux journaux officiels, la Pravda (Vérité) et les Izvestia (Nouvelles). "Il n’y a pas de Pravda dans les Izvestia, et il n’y a pas d’Izvestia dans la Pravda", disait une blague de l’époque.

Bien que financés par l’État, les nouveaux journaux évoquent désormais des sujets subversifs tels que la pauvreté ou les pénuries de produits alimentaires, et se vendent comme des petits pains. L’hebdomadaire "Arguments et faits" entre dans le livre Guinness des records avec plus de 33 millions d’exemplaires vendus.

Les passions se déchaînent dans les rues, les transports, les files d’attente. En mai 1988, le mensuel Novy Mir révèle que c’est Lénine, idole intouchable jusqu’alors en URSS, qui est à l’origine des premiers camps pour opposants, le futur goulag.

Le régime cesse de brouiller les radios occidentales, écoutées chaque jour par quelque 40 millions de Soviétiques, selon les estimations du KGB. Mikhaïl Gorbatchev critique lui-même plus violemment les travers de la vie en URSS que ces radios.

La transparence gagne peu à peu les structures d’État : oubliés les discours routiniers et formatés des députés. Les séances parlementaires, diffusées à la télévision, sont plus suivies que les films ou les concerts.

En juin 1990, la société est en effervescence. Une nouvelle loi libérale sur les médias est adoptée. Dix-huit mois plus tard, l’URSS cesse d’exister.

- Un héritage en perdition -

"La glasnost a été l’un des principaux facteurs qui a ébranlé les bases de l’empire soviétique et a provoqué sa fin", estime l’analyste indépendante Maria Lipman.

Et aujourd’hui ? Les réformes de Gorbatchev sont aujourd’hui désapprouvées par près de 55% des Russes, selon un sondage récent du centre indépendant Levada. L’appréciation du rôle du dernier secrétaire général reste un grand sujet de division en Russie.

"Nous avons eu tort de nous focaliser à l’époque sur la dénonciation des erreurs du régime. Nous avons trop idéalisé Gorbatchev", affirme l’analyste Léonid Nikitinski. "La perestroïka s’est vite épuisée."

L’héritage de la glasnost a progressivement disparu avec l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, les médias perdant peu à peu la liberté de ton et d’opinion des années 1990, selon des ONG comme Human Rights Watch et Amnesty International.

"Il ne s’agit pas d’une censure à la soviétique. Certains médias gardent encore un ton indépendant, même si leur public est assez restreint", nuance Maria Lipman, en citant le quotidien Vedomosti ou les chaînes de télévision Dojd et RBKTV.

Ces restes de transparence héritée de la glasnost "servent de soupape au Kremlin pour expurger le mécontentement de la partie critique de la société russe", résume l’analyste.





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