A la conférence de presse consacrée aux résultats de la rencontre, J.-P.Raffarin a déclaré que le Gouvernement de la France pouvait sous peu prendre la décision sur la possibilité des achats en Russie des avions amphibies Be-200.
Il a exprimé sa reconnaissance aux autorités russes pour leur aide à la France dans la lutte cotre les incendies des forêts cet été. Les parties se sont entendues aussi de créer un mécanisme de contrôle de l’application des accords obtenus au niveau des gouvernements des deux pays.
Allocution d’ouverture à la rencontre avec Jean-Pierre Raffarin, Premier Ministre de la France, Moscou, le Kremlin, le 6 octobre 2003
Monsieur le Premier Ministre !
Chers collègues,
Permettez-moi de vous saluer à Moscou. Je suis très heureux de noter que nos rapports avec la France se développent très intensément. Nous ne sommes pas avec vous encore satisfaits du niveau des liens commerciaux, mais ici aussi, on voit un certain progrès - les échanges commerciaux ont augmenté de 33 % en six mois. Je me rappelle notre rencontre à Paris. Je suis persuadé que pendant votre visite de travail en Fédération de Russie, nous allons non seulement discuter tous les problèmes de l’ordre du jour bilatéral, les problèmes internationaux, mais aussi, j’en suis absolument persuadé, avancerons dans la résolution de ces problèmes.Les rapports avec la France sont pour nous importants sur plusieurs pistes tant du point de vue des relations bilatérales que de celui de nos relations avec l’Europe unie, du règlement des problèmes internationaux, sachant que la France est notre partenaire fiables de longue date au Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations unies.
Monsieur le Premier Ministre, nous coopérons sur plusieurs pistes. Nous avons des secteurs et directions traditionnelles de la coopération, des domaines de coopération toujours nouveaux apparaissent dans les hautes technologies, dans la coopération militaro-technique. Nous coopérons toujours plus dans l’espace cosmique, et je suis persuadé que cette interaction va évoluer. Ces derniers temps, nous avons souvent senti le soutien de la France, surtout dans les périodes assez difficiles pour nous du devenir de la nouvelle économie de la Russie.
Aujourd’hui, l’économie connaît des processus assez compliqués. Des problèmes de caractère financier dans les pays industrialisés surgissent, et pour créer l’atmosphère favorable de notre interaction, la Russie serait prête, cette année déjà, la technologie appropriée aidant, à rembourser en anticipation, une partie de dettes de l’ex-Union Soviétique au Club de Paris pour la période à venir. Certes, le coût de l’argent aujourd’hui et demain sont deux choses différentes. Cela constitue l’objet des négociations des experts, et je sais que vous aurez des rencontres et des pourparlers d’affaires au Gouvernement de la Fédération de Russie. Je veux vous informer que nos experts seront prêts à discuter avec vous ce sujet, si vous y êtes intéressé. Les résultats du développement de l’économie russe sont aujourd’hui tels que nous pouvons le faire et, sous certaines conditions, y sommes même intéressés. Ce n’est pas de loin l’essentiel de ce que vous aurez à discuter au Gouvernement de la Fédération de Russie, mais c’est un des sujets qui pourraient être discutés.
Des négociations M.M.Kassianov, Président du Gouvernement de la Russie - J.-P.Raffarin, Premier Ministre de la France
Avec 450 entreprises françaises implantées en Russie, la France se classe au septième rang des investisseurs directs, après :
1. les Etats-Unis,
2. les Pays-Bas,
3. le Chypre,
4. l’Allemagne,
5. le Royaume-Uni
6. le Japon.
1. La Russie et la France vont sous peu formaliser juridiquement et signer l’accord sur l’autorisation aux lanceurs russes "Soyouz" de tirer les appareils spatiaux depuis le site de lancement à Kourou en Guyane Française. C’est ce qu’a annoncé de M.M.Kassianov, Président du Gouvernement de la Russie, à l’issue de ses négociations avec J.-P.Raffarin, Premier Ministre de la France.
D’après M.M.Kassianov, le problème du financement de ce projet est pratiquement résolu. Ainsi, la France assumera la moitié de la somme de 300 millions d’euros, qui devraient être octroyés par l’Union Européenne à la réalisation du projet qui autoriserait les tirs des appareils à lanceurs russes du site de lancement de Kourou. La Russie, elle, fera son apport en actifs matériels.
2. M.M.Kassianov a aussi informé que la Russie était prête, cette année déjà, à commencer les remboursements des dettes au Club de Paris en anticipation. "Il ne s’agit pas de réviser le calendrier des remboursements existant, mais, si nos collègues ont besoin d’être payés pour les périodes futures dès aujourd’hui, nous pouvons le faire aux conditions mutuellement avantageuses, en remboursant cette année déjà, compte tenu de la situation économique stable dans le pays", a dit M.M.Kassianov.
Le chef du Gouvernement russe a ajouté que, si les membres du Club de Paris n’ont pas ce besoin, la Russie poursuivra le remboursement des dettes de l’ex-URSS en conformité avec le calendrier établi jusqu’à 2020.
3. De plus, d’après les résultats de ses pourparlers, M.M.Kassianov a déclaré que la compagnie française Gaz de France pouvait participer au projet de la construction du gazoduc nord-européen sur le fond de la mer Baltique pour transporter le gaz naturel russe vers les pays de l’Europe. "A présent, l’OAO Gazprom mène des pourparlers intenses avec Gaz de France à propos de sa participation à la construction du gazoduc nord-européen sur le fond de la mer Baltique", - a noté M.M.Kassianov. Il a aussi ajouté qu’en plus de cela, on examinait la question de la participation de deux compagnies françaises à la mise en valeur du gisement du condensat de gaz Chtokman sur le littoral arctique.
4. Parlant du problème de l’adhésion de la Russie à l’O.M.C., le Président du Gouvernement de la Russie a noté que le problème de l’existence de deux prix des sources de l’énergie russes - pour le marché intérieur russe et pour les consommateurs étrangers - ne constitue plus d’obstacle à l’adhésion à l’Organisation Mondiale du commerce. D’après lui, le Premier Ministre de la France l’a persuadé du soutien de principe des efforts de la Russie dans l’adhésion à l’O.M.C. Cela, selon M.M.Kassianov, permettra dans les brefs délais de terminer les pourparlers avec les membres de l’Union Européenne.
5. A la conférence de presse consacrée aux résultats de la rencontre, J.-P.Raffarin a aussi déclaré que le Gouvernement de la France pouvait sous peu prendre la décision sur la possibilité des achats en Russie des avions amphibies Be-200.
6. Il a exprimé sa reconnaissance aux autorités russes pour leur aide à la France dans la lutte cotre les incendies des forêts cet été.
7. Les parties se sont entendues aussi de créer un mécanisme de contrôle de l’application des accords obtenus au niveau des gouvernements des deux pays. "Nous avons reconnu que les accords ne sont pas toujours appliqués comme on le voudrait", - a dit M.M.Kassianov. Selon lui, on a besoin d’un mécanisme supplémentaire qui non seulement contrôlerait l’application des accords, mais inciterait les entrepreneurs privés à atteindre les objectifs déclarés. A son tour, J.-P.Raffarin a déclaré que la France adresserait au gouvernement russe ses initiatives concernant le plan triennal de la mise en pratique de la coopération bilatérale. Le plan d’actions suppose, en particulier, d’inclure la Russie au nombre des 20 régions prioritaires pour les investissements français. Selon le Premier Ministre de la France, les entrepreneurs et les régions sont libres de travailler dans tout pays de leur choix. "Notre tâche est de coordonner leurs actions et efforts, ce qui permettra de contribuer au développement des relations bilatérales", - a souligné J.-P.Raffarin. A l’issue de la rencontre, les chefs des gouvernements se sont entendus de tenir la prochaine séance de la Commission russo-française aux problèmes de la coopération bilatérale en automne 2004 en France. On prévoit de discuter la coopération dans le domaine de l’enseignement, de la protection de la santé, du logement et des services collectifs et dans le domaine du droit.