Commentaire du Département de l’information et de la presse du ministère des Affaires étrangères de la Russie à propos de la question des médias concernant le verdict prononcé en Lettonie dans "l’affaire" de l’ancien partisan antifasciste V.M.Kononov.
Le 3 octobre 2003, le Tribunal de district de Latgalie (v. de Resekne, Lettonie), a prononcé son verdict dans "l’affaire" du citoyen de la Russie, ancien combattant de la Grande guerre Patriotique V.M.Kononov, âgé de 80 ans, auquel le Parque letton avait incriminé des « crimes de guerre » pendant la Seconde guerre mondiale. Rappelons que le Parquet letton voulait qualifier de ce gravissime crime international les actions des soldats du 7-e détachement des partisans de Zilupe, qui, le 27 mai 1944, en exécution du verdict du tribunal militaire, avaient fusillé dans le village de Malyé Balty un groupe de personnes qui étaient au service de la police auxiliaire du régime d’occupation hitlérien. Comme il suit du texte du verdict, partant des stipulations des documents internationaux et des normes du droit usuel, l’accusation de V.M.Kononov de « crimes de guerre », manié toutes ces années par les officiels lettons, avait été reconnue sans fondement. Ainsi, il a fallu au système judiciaire letton cinq ans, dont deux que l’ancien combattant octogénaire a passé en prison, pour reconnaître : V.M.Kononov avait combattu contre les « autorités d’occupation et les personnes qui les soutenaient ». Mais le tribunal n’a jamais su mettre tout à sa place dans cette histoire. L’inconsistance de la tentative de qualifier dans le verdict le « crime de guerre » en, cette fois, « banditisme », est évidente. V.M.Kononov est maintenant accusé, citant l’article 72 du CP de la RSS de Lettonie de 1961 appliqué, ni plus ni moins de « l’organisation de la bande armée ayant pour but d’attaquer les entreprises étatiques ou sociales, institutions, organisations ou personnes isolées, de même que de la participation à ces bandes et leurs attaques ». On ne saura expliquer de rien d’autre que de la directive de condamner l’ancien combattant la qualification dans un même document du statut du groupe de partisans qu’il conduisait soit comme « détachement qui exécutait un ordre », soit comme « bande armée », la faute de la « justice sommaire » de laquelle, selon le tribunal, incombe à son commandant même en cas de son absence du lieu des événements.On est attiré par la circonstance que le tribunal avait, en l’occurrence, fait une loi pénale rétroactive, ignorant la stipulation clé du droit qui veut, tout comme la loi pénale actuellement en vigueur en Lettonie, que la « criminalité et la punition d’une action (ou inaction) soit définie par la loi en vigueur à l’époque de cette action ». On a appris que la défense de V.M.Kononov s’est pourvue en cassation le verdict dans la partie concernant son accusation de « banditisme ». A son tour, le Parquet letton s’est pourvu en cassation le non-lieu de l’accusation de V.M.Kononov de « crime de guerre », prononcé par le tribunal de district de Latgalie. Cela sert d’un témoignage de plus de la vitalité de la ligne idéologique des autorités lettonnes à faire réviser les résultats de la Seconde guerre mondiale, conformément à laquelle on essaie de dénoncer les soldats de l’Armée Rouge comme « criminels » et « occupants », tandis que l’on appelle « héros de la Lettonie démocratique » les collaborationnistes locaux, qui avaient servi dans la police, les Sonderkommandos punitifs et les unités SS, et qui ont continué après la guerre de perpétrer des crimes sanglants au sein de vrais groupes de bandits appelés « frères forestiers ». La Fédération de Russie entend toujours accorder l’aide nécessaire aux anciens combattants de la Grande guerre Patriotique, que l’on persécute en Lettonie pour des raisons politiques.