Après la crise financière d’août 1998, la Russie a connu un redressement spectaculaire. Indéniablement, le retournement du cycle de la croissance et la résorption des déséquilibres extérieurs et budgétaires sont essentiellement dus à des facteurs conjoncturels - les prix de pétrole relativement élevés et les effets de la dévaluation du rouble d’août 1998. Toutefois, le sentiment de stabilité politique retrouvée depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine a également soutenu le dynamisme économique. La question centrale concerne maintenant la pérennité de la croissance. Le 11 novembre 2003, le Gouvernement de la Russie tiendra une séance extraordinaire avec l’ordre du jour portant sur les mesures de développement du marché financier.
Bonjour, Messieurs.
Dans cette salle sont présentés les compagnies d’investissement russes et étrangères. Cela dit, ce sont principalement les actionnaires minoritaires. Et notre rencontre d’aujourd’hui aura pour sujet principal le développement du marché des valeurs russe, ainsi que l’interaction des grandes compagnies russes, des monopoles d’infrastructure avec les actionnaires minoritaires.Ces problèmes sont également importants pour les investisseurs, c’est-à-dire pour vous et pour ceux dont vous représentez les intérêts, et pour l’économie de la Russie en général.Je pense que nous nous arrêterons aussi sur les problèmes de la défense des intérêts des actionnaires minoritaires, aux conditions de leur activité en Russie moderne. Je voudrais souligner : pour nous, il est évident que le développement de l’économie russe dépend beaucoup de l’activité d’investissement. Ce problème se trouve constamment dans la zone de l’attention particulière des autorités, du Gouvernement de la Fédération de Russie. Vous savez que depuis plusieurs années déjà, l’économie de la Russie connaît les rythmes de développement stables et assez rapides. Cette année, en comparaison avec l’an dernier, nous avons, toutes sources confondues, la croissance des investissements de 12%.
L’attribution à la Russie du rating d’investissements est devenue la confirmation pratique des changements positifs.Je suis absolument persuadé que de pareilles tendances vont se consolider. Et non seulement grâce aux investisseurs stratégiques, mais grâce aux investisseurs du portefeuille.Je dois noter que la croissance de l’activité d’investissements en Russie a été favorisée par plusieurs circonstances. Avant tout - l’amélioration et le perfectionnement de la législation. La législation russe moderne contribue à la prise en compte des intérêts des actionnaires majoritaires dans les décisions concernant les changements à apporter aux Statuts, la formation de l’ordre du jour de l’assemblée générale d’actionnaires, certains autres problèmes. Dans différents pays, ces problèmes sont résolus différemment. Je veux dire - dans les instances judiciaires. Chez nous, vous le savez, les différends entre les sociétés par actions et leurs actionnaires relèvent uniquement des cours d’arbitrage. Le mécanisme même du recours contre les verdicts devient de plus en plus précis. On a renforcé les exigences envers les sociétés par actions dans la partie de la transparence de leur activité économique et de l’ouverture de l’information, y compris lors de l’émission des titres.
Nous avons beaucoup parlé ces dernières années, mais on n’a fait que les premiers pas pratiques du passage des organisations russes aux normes internationales de la comptabilité. Le besoin de garantir les droits des investisseurs et des actionnaires est compris par la communauté d’entrepreneurs russes. Vous savez que nous avons constitué le Code du comportement corporatif. Certes, toutes ses stipulations sont à titre de recommandations, mais néanmoins, on a déjà élaboré les mécanismes qui stimulent son utilisation et son application. Certes, nous ne croyons pas que le travail de création des conditions pour l’activité d’investissements soit achevé. Nous comprenons que ce processus est compliqué et allons continuer le travail dans cette direction.
Je peux vous informer qu’il est prévu, le 11 novembre prochain, de tenir une séance du Gouvernement avec l’ordre du jour portant sur les mesures de développement du marché financier. Nous croyons que dans ce domaine, nous avons quelques problèmes sérieux, dont le premier est la disparité et la contradiction des effets des régulateurs étatiques.
Quatre ministères et la Banque centrale s’en occupent. En résultat, vient le deuxième problème : beaucoup de règlements d’application et peu de problèmes réglés directement par la législation. Dont découle le troisième problème : plus on a de règlements d’application, et moins les investisseurs sont protégés. Et enfin, le problème suivant bien connu de vous : c’est le nombre limité d’instruments de travail sur le marché financier. La séance du Gouvernement que je viens de mentioner aura pour tâche d’examiner l’ensemble des problèmes en général. Et le Gouvernement espère aboutir à la création d’un plan global pour changer la situation et proposer ce plan au parlement au début de l’année sous forme d’initiative législative.
Le Kremlin, le 30 octobre 2003