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2004




Les russes à Nice

Paris - Nice - Moscou

Si la Riviera fut fréquentée de façon sporadique par quelques hommes de lettres russes au cours de la première moitié du XIXe siècle (on signale à Nice Lermontov en 1840, Gogol en 1843, plus tard Tolstoï) c’est à partir du moment où des membres de la famille impériale russe firent des séjours sur la Riviera, que la présence saisonnière slave s’amplifia rapidement.

En 1859 à Nice, sur cent quatre familles étrangères, on en comptait trente Russes, dix-neuf Anglaises, vingt-quatre Françaises (le comté de Nice faisait alors partie du royaume de Sardaigne) et vingt et une de nationalités diverses.

À cette époque, on pouvait lire le journal L’Indépendant Belge : "Les Anglais prennent Nice en grippe. Ils prétendent que les Russes y ont importé non seulement leur agitation naturelle, leur tumulte intérieur, mais aussi leur climat".

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Parmi les édifices religieux de confession orthodoxe du littoral de Cannes à Menton, la cathédrale russe de Nice est celui qui manifeste le plus brillamment l’importance et la richesse de la colonie russe sur la Riviera. Cette cathédrale est considérée comme la plus belle église orthodoxe hors de Russie !

Son architecture polychrome à bulbes dorés peut surprendre dans cette partie de Nice en retrait de la mer. C’est en effet au quartier du Piol que tsar, tsarines, grands ducs et grandes duchesses, leurs familles et leurs suites vinrent passer plusieurs saisons d’hiver à partir de 1856, et qu’ils furent suivis par nombre d’aristocrates russes venus goûter la douceur de la Riviera, avant que pour eux le vent ne tourne.

Cathédrale orthodoxe Russe
Avenue Nicolas II
Visites gratuites
Samedi de 9 h à 12 h et de 14 h 30 à 18 h ( office à 18 h )
Dimanche de 14 h 30 à 18 h ( office à 10 h )

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Il va sans dire que pour venir de si loin, les Russes qui se pressaient sur la Riviera, faisaient partie de la fraction la plus fortunée de leur pays. Une fois installés, ils menaient une vie de saison extrêmement brillante, donnant constamment des réceptions dans les villas qu’ils louaient ou achetaient.

Tout commença avec le séjour en 1856 d’Alexandra Feodorovna, impératrice douairière, veuve du tsar Nicolas Ier. Or sa venue à Nice pour raisons de santé, alors que les rives de la mer Noire offrent un climat comparable dissimulait en réalité un projet politique du tsar Alexandre II.

En effet, à l’issue de la guerre de Crimée que la Russie avait perdue, le tsar avait des vues sur Villefranche, port doté d’une rade pouvant accueillir une escadre, qu’il avait projeté de louer au roi de Sardaigne, maître alors du comté de Nice, afin d’y établir une base navale, militaire et commerciale.

L’arrivée d’Alexandra Feodorovna se fit par la mer, une escadre russe l’escortant de Marseille où elle s’était rendue par le train, jusqu’à Villefranche. Lors de son second hiver à Nice, la tsarine désira un lieu de culte orthodoxe et fit édifier, rue Longchamp, la première église russe de la Riviera qui fut inaugurée en 1859.

La colonie russe prenant de l’ampleur dans les villes de la côte, la grande duchesse Anastasia fit construire à Menton, rue Morillot, l’église orthodoxe Notre-Dame de la Miséricorde en 1892, tandis qu’à Cannes en 1894 s’élevait Saint-Michel archange sur le boulevard des Pins.

Or il advint que le Tsarévitch Nicolas, fils d’Alexandre II, mourut à vingt ans d’une méningite au cours d’un séjour en 1865 à la villa Bermond, louée à Nice par le tsar.

Alexandre II acheta la propriété Bermond, vaste domaine couvert de plantations d’orangers, fit raser la grande habitation d’une quarantaine de pièces et élever en 1867 une chapelle commémorative, à l’emplacement exact de la chambre où le jeune prince s’était éteint. C’est le monument de style byzantin qui se trouve à quelques pas de la cathédrale qui a été construite sur le même terrain. Inaugurée en 1914, elle serait le plus grand édifice orthodoxe russe situé hors de la Russie. Son bulbe central entouré de quatre bulbes plus petits, en font la réplique de Saint-Basile au Kremlin.

Comme celle-ci, son plan présente la forme d’une croix grecque. La présence des deux porches, coiffés de toitures pyramidales, s’explique par le changement de l’implantation de l’édifice qui devait primitivement être construit dans le "quartier des Musiciens" de Nice au croisement des rues Verdi et Berlioz. La richesse ornementale de l’extérieur décoré de majoliques vertes contrastant avec le brun clair des briques, ne le cède en rien à celle de l’intérieur. On y découvre l’iconostase, élément spécifique des églises orthodoxes. C’est une clôture ornée d’images saintes et comportant trois portes, qui sépare l’espace réservé aux fidèles, de celui où s’élève l’autel. Elle est l’œuvre de l’artiste Pianovsky et des ateliers Khliébnikoff de Moscou. L’ensemble a demandé plus d’un an de travail.

Non loin de là, l’Hôtel du Parc Impérial fut construit en 1900 pour les hivernants russes sur une autre partie du domaine Bermond. Ses tennis furent le théâtre des exploits de la championne Suzanne Lenglen et il a été transformé en lycée en 1924. Après 1917, nombreux furent les Russes blancs qui fuyant le bolchevisme vinrent s’installer à Nice. Pour beaucoup d’entre eux, elle était la seule ville qu’ils connaissaient hors Russie.

Quant au projet de base navale russe à Villefranche, il fut réalisé en 1859. Lors du rattachement du comté de Nice à la France en 1860, Napoléon III donna son accord au tsar et la base fonctionna jusqu’en 1870. Conséquence de la présence slave, une station de zoologie marine fut créée en 1884 par les Russes à Villefranche dans l’ancien hôpital des galériens : les eaux exceptionnellement profondes de la rade animée de courants remontants, sont favorables à l’étude du plancton.

En 1932, cet institut scientifique fut remis à la France et affecté au ministère de l’Éducation Nationale pour continuer les recherches en océanographie.

Information comuniquée par le Conseil général des Alpes-Maritimes.




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