En 1933, il y a 70 ans, Ivan Bounine a été le premier écrivain russe a recevoir le prix Nobel de littérature !
En 1958, Boris Pasternak refuse le Prix Nobel...Mikhaïl Cholokhov, lauréat du prix Nobel de la littérature en 1965, l’auteur du roman "Le Don paisible" s’est vu contestée la paternité de ce chef-d’oeuvre... Prix Nobel en 1970, Soljenitsyne est une des plus grandes personnalité de la Russie actuelle.
CINQ PRIX NOBEL RUSSES ET SOVIÉTIQUES : BOUNINE, PASTERNAK, CHOLOKHOV, SOLJENITSYNE ET BRODSKY, CINQ VIES, CINQ DESTINS
1933 - Bounine
1958 - Pasternak
1965 - Cholokhov
1970 - Soljenitsyne
1987 - Brodski
Écrivain russe Ivan Bounine (Voronej, 1870 - Paris, 1953)
Issu de la noblesse terrienne, il brossa de la vie rurale russe un sombre et amer tableau, en particulier dans son grand roman social, le Village (1910). Dans ses recueils de nouvelles, dont Soukhodol (1912) et le Gentleman de San Francisco (1916), il apparaît comme un maître de la prose russe. Dans son roman ’L’amour de Mitia’ il traite un thème plus que classique : l’amour malheureux et son éternel pendant, la jalousie (Roman d’analyse d’une descente aux enfers avec, en contrepoint, l’évocation délicate des choses de la nature... ) Très tôt célèbre pour ses recueils de poèmes et ses romans, classiques et magnifiques, il est élu à l’Académie russe en 1909. Il quitta la Russie en 1918 et devint le chef de file de l’émigration russe. En 1920, il émigre en France où il vivra désormais et rédigera ses livres les plus célèbres. En 1933 il est le premier écrivain russe a recevoir le prix Nobel de littérature ! Les Allées sombres ont été composées entre 1938 et 1944, peut-être la meilleure période de Bounine. Dans chaque nouvelle, le souvenir est une pointe de feu ; les instants d’amour, de désir ou de viol sont d’amers coups au cœur, cœur intact, jeune et neuf. Ivan Bounine, le grand chantre de l’âme slave, est mort à Paris en 1953.
Romancier soviétique Mikhail Cholokhov (Kroujiline, Ukraine, 1905 - Vechenskaïa, 1984)
Il s’est fait le chantre du peuple russe et du système soviétique dans deux grands ouvrages : le Don paisible (1928-1940), épopée de la vie des Cosaques durant la guerre de 1914-1918 et la révolution d’Octobre, et Terres défrichées (1932-1969), sur la collectivisation des terres. On lui doit encore : le Destin d’un homme (1956) et Ils ont combattu pour la patrie (1959-1967). (Prix Nobel, 1965)
Cholokhov présente le monde des "koulaks" et des gardes blanches dans une lumière parfois trop favorable, mais il a eu en général une carrière typique de maître du réalisme socialiste et de leader des écrivains soviétiques.
le romancier russe Boris Leonidovitch Pasternak (1890-1960)
Poète et romancier russe (Moscou, 1890-Perdelkino, près de Moscou, 1960). Fils d’un portraitiste célèbre et d’une pianiste, Pasternak étudie la philosophie à Marbourg ; il rencontre ensuite des poètes qui sont à leur apogée (Andreï Bielyï en 1912, Maïakovski en 1914) et fréquente les cercles futuristes. Pendant la Révolution de 1917, il est précepteur dans l’Oural, où il choisit de rester. Après la Révolution de 1917, il publie Ma soeur la Vie (1922) et est aussitôt célèbre. Dans cet ouvrage hédoniste, le poète remercie la nature d’exister. Les années du stalinisme vont condamner Pasternak à un silence presque absolu. Il se réfugie dans la traduction en russe : Shakespeare, Verlaine...
La guerre de 1941-1945 est une libération pour lui. Pasternak part pour le front. En 1945, commence à préparer son ouvre majeure : Le Docteur Jivago. Ce grand roman, achevé en 1955, est proposé aux éditeurs soviétiques, qui le refusent. La publication du roman par l’éditeur italien Feltrinelli (1957) puis l’attribution à Pasternak du Prix Nobel (1958) « pour l’ensemble de son oeuvre ». Pasternak se voit contraint de refuser le Prix ; il meurt désespéré.
Écrivain russe Aleksandr Soljenitsyne, né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk, dans le Caucase.
Il a été condamné a huit ans de goulag ; et c’est dans ces camps qu’il va commencer son travail d’écrivain qui est basé sur son expérience des camps. En 1962, Khrouchtchev autorisa la parution d’ Une journée d’Ivan Denissovith, une description du goulag. Cette publication fit sensation dans le monde entier et valut à son auteur une célébrité immédiate. Après s’être exilé en Suisse il part dans le Vermont, aux États-Unis ou il continue d’écrire. Aleksandr Soljenitsyne, ecrivain dissident russe, auteur d’« Une journée d’Ivan Denissovitch », du « Premier Cercle », du « Pavillon des cancéreux », devient prix Nobel en 1970.
À partir de 1990, son œuvre, interdite et censurée jusqu’alors, est publiée. Soljenitsyne devient alors pour les Russes le représentant de la « glasnost ». Après un exil de 20 ans il revient en Russie en 1994 , un retour qu’il a toujours souhaité. Actuellement Soljenitsyne est une des plus grandes personnalité de la Russie.
Poète russe, Joseph Brodsky (1940- 1996)
Joseph Brodsky est né à Leningrad le 24 mai 1940. Il est issu d’une famille modeste et c’est avant tout un autodidacte. Il appartient à "la génération du silence", à ces écrivains alors interdits en URSS. Après la publication de ses poèmes dans les années 1960, il est arrêté et condamné en 1964 à sept ans de travaux forcés. Libéré en 1966, il fut contraint à l’exil en 1972. Après Vienne, il s’installe et enseigne aux USA. Citoyen américain en 1977, Joseph Brodsky est fait ’Doctor of Letters’ à l’Université de Yale en 1978 et devient membre de ’The American Academy and Institute of Arts and Letters’ l’année suivante. Il reçoit le Prix Nobel de littérature en 1987 et s’éteint à New York le 28 janvier 1996. A travers son œuvre poètique on retrouve nos propres thèmes et préoccupations.