’L’OPEP pose un ultimatum à la Russie : soit elle diminue sa production de pétrole pour permettre une remontée des prix mondiaux, soit elle replonge dans une crise causée par la chute des cours’ écrit le journal Vremia Novosteï.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole doit faire d’une pierre deux coups : replacer le cours du baril dans une fourchette de 22$ à 28$ en réduisant sa production sans que les pays producteurs de pétrole indépendants profitent de son retrait provisoire.
Lors de la réunion de l’OPEP le 14 novembre, ses membres se seraient décidés à diminuer à partir du 1er janvier 2002 leur production de 1,5 million de baril de pétrole par jour à la condition que les pays producteurs indépendants réduisent à leur tour leur extraction quotidienne de 500 000 barils.
Ce marché n’ a pas été accepté unanimement. La Norvège a refusé la proposition de l’OPEP. Le Mexique et l’état d’Oman se sont résolus à la dernière minute à réduire leur production mais de 150 000 barils par jour. La Russie maintient le cours de sa politique tout en évitant un choc frontal avec l’OPEP. Le Premier ministre, Mikhaïl Kassianov, et les chefs de l’industrie pétrolière russes se sont mis d’accord pour réduire leur production de 30 000 barils par jour à compter du 1er janvier 2002. Bien que le vice-Premier ministre, Viktor Khristenko, ait déclaré que cette diminution ne serait pas la dernière, plus d’un des représentants de l’OPEP ont qualifié ce "geste" de dérisoire. "Lorsque la situation des marchés pétroliers sera semblable à celle de 1998, les Russes seront peut-être plus compréhensifs" déclare l’un de ces représentants.
La tension risque de monter entre la Russie et l’OPEP d’une part et sur les marchés pétroliers d’autre part. Le ministre koweïtien du "pétrole", Adel Subaï, a déclaré que l’OPEP réduirait sa production si et seulement si la Russie se résolvait à une réduction proportionnelle. " Si la Russie ne réduit pas sa production, l’OPEP ne la réduira pas non plus, ni maintenant, ni dans le futur" a déclaré le ministre koweïtien. Le journal Kommersant précise à juste titre que ces menaces concernent également les autres réfractaires tels que la Norvège.
L’impasse à conduit immédiatement à une réaction des marchés. Le refus de l’OPEP de réduire ses quotas de pétrole a conduit à une baisse de 10% des cours mondiaux. A Londres, le baril est passé de 20,8$ à 19,02$
Vremia Novosteï (titre) ; Vremia MN ; Izvestia ; Kommersant 15/11/01