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Nicolas Karamzine
Il est le promoteur et le théoricien du sentimentalisme russe. Sous l’influence des préromantismes européens, ce mouvement tendait à donner à la littérature un ton plus naturel et aussi à rapprocher la langue littéraire de la langue vivante. Pour illustrer ces principes, Karamzine traduit Shakespeare et Lessing, fonde une revue, anime un cénacle opposé aux goûts conservateurs des amis de l’amiral Chichkov. A partir de 1803, il se consacre tout entier à la rédaction de sa monumentale Histoire de l’Etat russe. Karamzine est surtout un prosateur, auteur de la célèbre nouvelle Pauvre Lise, de Nathalie, fille de Boïard, des Lettres d’un voyageur russe, issues de son voyage à travers l’Europe occidentale entrepris en 1789-1790. Sa poésie, d’ambition intimiste, doit beaucoup également à l’esthétique sentimentaliste. En assouplissant la langue littéraire et en affinant l’analyse des sentiments, Karamzine a préparé le terrain au renouveau pouchkinien.
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