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Petite Histoire du cinéma russeEn 1908, face à l’hégémonie de Pathé, un producteur russe Drankov
décide de lutter contre la main mise française et commence à produire des
films russes. Ce sera essentiellement des histoires sur des personnages
populaires ou des sujets historiques. L’autre courant qui se développe à la
même période et qui est illustré par des cinéastes tels que Tchardinine,
Koutznetsov, Hauser et Geo Bauer, reprend les grandes œuvres de Tolstoï,
Dostoievski et Gogol qu’il transpose à l’écran. Le laboratoire expérimental de Koulechov Koulechov, dans son laboratoire, analysera les différentes utilisations du montage dont l’une est restée célèbre. Mosjoukine et l’expérience de Koulechov Mosjoukine, depuis les débuts du cinéma russe était le jeune premier idéal avant que des revers de fortune ne l’exilent en France puis le fasse retourner en Russie. Il avait acquis une telle force et une telle aura que Koulechov l’utilisa comme " mètre étalon " pour ses expériences. Il utilisa trois images du visage de l’acteur à qui il avait demandé d’être impassible. Ensuite, il intercala un cercueil, le visage impassible de l’acteur, un enfant, le visage impassible de l’acteur, une assiette de soupe, le visage impassible de l’acteur. Lorsqu’il projeta ensuite ce film aux spectateurs, tous admirèrent le travail d’acteur du Mosjoukine qui traduisait si bien la peur, la tendresse paternelle et la faim. Koulechov avait démontré qu’une image plus une autre faisaient bien, non pas deux images, mais une troisième issue des impressions des deux " mères ". Par ailleurs, Koulechov, inspiré par l’autre domaine d’expérimentation de prédilection des russes, le théâtre, sera influencé par Maïakovski et ses recherches sur le jeu expressionniste des acteurs. Eisenstein Ce même Maïakovski confiera la revue Lef à un jeune metteur en scène, Eisenstein qui lui même a été influencé par un autre grand nom du théâtre expérimental : Meyerhold. Eisenstein a su développer et découvrir les techniques du cinéma moderne. Alors que jusqu’alors, le cinéma n’était pour beaucoup que du théâtre filmé (point de vue central, frontal, pas de mouvement de caméra, jeu hyper expressif et outrancier des acteurs), Eisenstein a développé le montage et, comme Griffith aux USA, il a utilisé toutes les données propres à cet art (grosseur de plan, montage, trucage, mouvement et position de caméra). Il parlait ainsi du montage des attractions, en prenant ce terme d’une manière philosophique. Il s’agissait pour lui d’imposer au spectateur une sensation violente. (par exemple dans Potemkine le lorgnon ou les gros plan dans l’escalier avec le landau ou l’œil crevé). A l’inverse du cinéma-œil de Vertov, Eisenstein reproduit l’instantané. La fabrique de l’acteur excentrique (FEKS) Cette fabrique de l’acteur excentrique, à l’inverse d’un Vertov, va jouer sur le factice, le faux, l’art pour l’art et tout ses artifices. Ils utiliseront les parades, le cirque et pousseront le jeu dans toutes les outrances possibles. Ils expérimenteront également les techniques diverses de trucages. Les Kinoks (ciné-œil) de Dziga Vertov Vertov est important dans la mesure où il bannit toute utilisation du studio, des éclairages et des acteurs professionnels ; tous procédés jugés selon lui " bourgeois ". Il va être un des tous premier à filmer des actualités : Kino Nediela et, au travers de la revue Kino Pravda, à développer des théories sur le montage. Ses expérimentations donneront une impulsion importante aux documentaires qui restera longtemps le genre Russe par excellence. Par ailleurs, Vertov voulait saisir le réel dans sa fulgurance. Si ses théories tenaient sur le papier, il n’en était pas de même sur le terrain. Une matériel trop lourd, trop encombrant mais également trop fragile l’empêchait de glisser sa caméra partout où il souhaitait saisir la vie. Il faudra attendre les années soixante pour voir le progrès technique permettre l’éclosion du cinéma vérité, invention de Vertov vingt ans auparavant. Par ailleurs, toujours dans cette mouvance, la monteuse Esther Choub développera également la pratique du montage en combinant l’énorme stock d’images puisées à la fois dans les actualités tsaristes et révolutionnaires. Les quatre grands maîtres du Cinéma Russe débutant: Vertov, Eisenstein, Dovjenko & Poudovkine DOVJENKO (1894.1956) Il est considéré, en tant que cinéaste, comme un véritable poète
épique. En effet, ses films sont des chants lyriques consacrés à son Ukraine
natale. Il a d’abord été peintre puis écrivain avant de se tourner vers le
cinéma vers trente ans. Vsévolod POUDOVKINE (1893.1953) Il va se spécialiser dans un cinéma romanesque psychologique et social. Chacun de ses personnages, comme pour Balzac, reprendra un type facilement reconnaissable dans la société de son temps. Ainsi de ses trois plus grands films et de leurs personnages principaux :
Le montage, pour lui, est important dans la mesure où il réalise que l’espace – temps est modulable. Le temps du film n’est pas le temps de l’action. L’intervalle qui en résulte est, pour Poudovkine, là où réside la création. Le cinéma n’est pas une copie du réel mais sa représentation d’où l’importance du montage qui, seul, permet une re – création. Si on ne peut ignorer son influence, il est étonnant de constater que Poudovkine ratera son entrée dans le parlant. Il sacrifiera, ensuite, à la mode des sujets historiques (Souvarov). Il faudra attendre 1953, peu de temps avant sa mort, pour qu’il fasse montre, une dernière fois, toute la maîtrise de son talent dans La Moisson. Dziga VERTOV (1896.1954) L’inventeur de ce qui sera, dans les années 60, appelé cinéma vérité. " Cinéma-Œil, radio-oreille, la vie à l’improviste " sont des éléments clefs de son esthétique qu’il a développé dans des manifestes au sein de Kino Pravda. Il a voulu appuyer la politique durant la révolution russe et s’en faire le chantre d’où la nécessité d’un cinéma en prise directe avec le réel. Le seul obstacle a été le matériel, trop lourd, encombrant et peu maniable. Seul le progrès technique permettra à ce cinéma de voir le jour sous le nom de cinéma vérité.
EISENSTEIN (1898.1948) Un des plus grands metteurs en scène au monde. Ses cours ont été rendu célèbres du fait qu’un de ses étudiants les a noté scrupuleusement. Ils sont d’ailleurs toujours édité et une école telle que la Fémis continue de les mettre au programme de son enseignement. Ces cours montrent que Eisenstein ne laissait jamais rien au hasard dans sa mise en scène. Tous les déplacements des personnages étaient mûrement réfléchit par rapport au placement de la caméra et au rendu de l’image. Les valeurs de blancs et de gris, les ombres et les taches de lumières étaient soigneusement disposées de façon à ce que le regard du spectateur soit dirigé dans chaque plan. Eisenstein, comme son homologue Griffith, a cassé la vision frontale du théâtre. Il a osé le gros plan, en faisant une véritable figure de style comme la synecdoque: le tout pour la partie. Nous avons l’exemple du Lorgnon comme symbole de la mort violente, la femme portant son enfant mort comme symbole de la misère humaine, etc…
Andréï TARKOVSKI (1932.1987) * 1967 Andréï Roublev (sortie en 1971 en France) rapport du créateur avec son temps - là où Eisenstein calcule, Tarkovski croit au génie, à une valeur individuelle qu’il exalte. Il confronte la barbarie avec l’humanisme. 1972 Solaris regard moral sur la société. C’est un film de science fiction détourné. La question est de savoir comment devant l’inconnu, peut on redéfinir l’image de l’homme. C’est moins de la conquête de l’espace dont il s’agit que de la conquête de soi même.
Andréï MIKHALKOV-KONCHALOVSKI Né en 1937, issu de l’intelligentsia Russe, il a collaboré au scénario d’Andréï Roublev. Il connaît une renommée Internationale avec Le Premier Maître, le Bonheur d’Assia, Sibériade. Aux Etats Unis, il réalise, sous le seul nom de Konchalovski Maria’s Lovers, Runaway Train. Nikita MIKHALKOV Il est le demi frère d’Andréï Konchalovski. Il a débuté sa carrière en tant qu’acteur. Il a d’ailleurs été un jeune premier très demandé et très célèbre.
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