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Le Bannissement d'Andreï Zviaguintsev Date de sortie : 6 Février 2008Présenté en Compétition Officielle au 60ème Festival de Cannes, Le Bannissement a été récompensé du Prix d’interprétation masculine, décerné à Konstantin Lavronenko. Synopsis Un homme, sa femme et leurs deux enfants (un garçonnet et une fillette), quittent une cité industrielle pour la campagne d’où est originaire le mari et s’installent dans la vieille maison du père de celui-ci. En contraste avec le lieu d’avant, (la ville qui enjolive les rapports entre les personnages, qui arrondit les angles, créant même une certaine illusion du bonheur et de l’amour), le nouveau lieu est donc la Nature. Une nature envoûtante, aux chauves collines qui se perdent à l’horizon, comme au fond d’une mer préhistorique, une terre fertile qui s’étend dans les ruines de l’aversion. Une terre triste mais fière en même temps. Une terre qui ne laisse rien paraître mais qui exige un immense sacrifice. Et personne ne retiendra la main du père levée sur son fils. Aucune voix ne sera entendue, le fils ne sera pas remplacé par l’agneau. Car celui qui brandit le couteau n’entend pas, ses yeux ne voient pas, son cœur est sec. Mais sa foi en la « loi » de la fierté humaine est aussi violente qu’insatiable. Aussi violente que son remords. Quand la graine est semée, la récolte ne saurait tarder. Quant à la question : « De quoi parle Le Bannissement ? », nous répondrons ainsi : « Comme n’importe quel film, il parle, quelle qu’en soit la manière, de nous tous » : de gens beaux et charitables plongés dans des circonstances tragiques et sans issue. Voir la bande-annonce
Parlez-nous de votre expérience du deuxième film après le triomphe du Retour.
Mais il suffit de se mettre à travailler pour que tous ces signaux et ces peurs reculent. Le syndrome du deuxième film est un mythe et il faut s’en débarrasser. La seule chose qui puisse te rendre justice est ce que tu fais, c’est-à-dire le film. C’est très exactement pour cette raison que le film est un but – et non le moyen de prouver quelque chose. Un festival est-il un moyen ? Oui. Un festival est un moyen : un succès dans un festival est le garant d’un projet suivant. Bien évidemment, il s’agit d’une chance qu’il faut savoir apprécier, mais il doit y avoir un garde-fou intérieur, sinon il est facile de se muer en une sorte d’élément produisant du succès. Une nouvelle de William Saroyan, Matière à Rire, est à l’origine du Bannissement. Quelle est l’importance de cette oeuvre littéraire et vous en êtes-vous très éloigné ?
Il se dégage du film l’impression que l’action se déroule dans un pays nordique. Où le film a-t-il été tourné ?
Comment, en évitant le « décodage », avez-vous construit l’espace et le temps du film ?
Comme pour Le Retour, vous avez confié l’image à Mikhaïl Kritchman.
Que pouvez-vous dire de votre « camarade de combat » ? Comment avez-vous trouvé les acteurs ?
La rencontre avec Alexandre Balouiev fut pour moi une agréable découverte. Bien qu’il soit célèbre en Russie, il a travaillé sans montrer un quelconque signe de fatigue, acceptant de refaire 19 ou 20 fois la même prise – bien qu’il fût clair que cela ne lui était guère arrivé auparavant. Nous avions, pour le rôle de Mark, fait passer des essais à de nombreux autres acteurs, connus ou non, mais Balouiev s’est finalement retrouvé sans concurrent. Le personnage de Vera est un peu à part dans le film.
Son interprète, Maria Bonnevie, est la seule actrice non russe de cet ensemble. C’est une actrice formée à l’école scandinave, qui a travaillé avec Bergman. Comment et pourquoi l’avez-vous choisie ? J’ai compris alors qu’il s’agissait d’une nouvelle actrice d’une nouvelle époque. Je ne savais même pas qu’elle était suédoise avant qu’on nous présente à la cérémonie des Golden Beetles de Stockholm et que je voie sa photo parmi les portraits des plus grands artistes du Théâtre royal. Nombreuses furent les actrices russes qui firent des essais pour ce rôle, mais c’est Maria qui l’a eu, bien qu’elle ait dû jouer des scènes très difficiles dans une langue qui lui était étrangère. Tout en conservant sa beauté aérienne, presque diaphane, elle s’est pratiquement métamorphosée en personnage de Dostoïevski - la « Douce » de la nouvelle éponyme - et cela correspond à ma vision de l’art. Lorsqu’un acteur essaie de surprendre à tout prix, d’être expressif, cela anéantit le personnage. L’acteur doit vivre la vie du personnage sans se soucier de l’œil qui l’observe. J’ai entendu parler de dissensions à propos de la fin du film, certains estimant même qu’il fallait la supprimer. Comment réagissez-vous à la manière qu’ont les gens de recevoir ce que vous leur montrez ?
Comment avez-vous décidé de la musique du film ?
Andreï Zviaguintsev Né le 6 février 1964 à Novossibirsk. Il termine ses études d’acteur en 1984 à l’institut de théâtre de Novossibirsk (atelier de Lev Belov), puis monte à Moscou et est diplômé, en 1990, du célèbre institut moscovite de théâtre GITIS (atelier d’Evgueni Lazarev). Il travaille comme acteur dans deux projets théâtraux indépendants : en 1993 dans La Marelle de Julio Cortazar (le rôle de l’auteur) et, en 1997, dans Un mois à la campagne d’Ivan Tourgueniev (le rôle de Beliaev). De 1992 à 2000, il interprète des rôles secondaires dans des séries télé (Goriatchev et les autres en 1992-1994, Faisons connaissance en 1999, Kamenskaïa en 2000), ainsi que dans des fi lms de cinéma (Le Chaton en 1996 et Chirli- Myrli en 1999). En 2000, Andreï Zviaguintsev passe à la mise en scène en réalisant trois courtes nouvelles (Boussido, Obscure, le Choix) dans le cadre d’une série de la chaîne REN-TV intitulée La Chambre noire. En 2003, il réalise son premier film de cinéma, Le Retour, qui crée l’événement, étant invité aux festivals de Toronto, Montréal et Locarno et sélectionné en compétition au festival de Venise. C’est là que ce premier film (qui était le premier pour une grande partie de l’équipe de tournage) remporte le Lion d’or, ainsi que le Lion du meilleur premier film assorti de la mention suivante : « Un film très subtil sur l’amour, la perte et le passage à l’âge adulte ». Le Bannissement est son deuxième long-métrage. Filmographie : Konstantin Lavronenko Né le 20 avril 1961 à Rostov-sur-le-Don. De 1981 à 1985, il fait ses études à l’école-studio de l’institut moscovite de théâtre MKhaT. De 1985 à 2002, il joue dans différents théâtres (Satyricon, l’Atelier de Mirzoiev, l’Atelier de Klim). Filmographie : 1984 – Je t’aime encore, j’espère encore de Nikolaï Lyrtchikov
Réalisé par Andrei Zviaguintsev
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