de Alexandre Sokourov
Avec Leonid Mosgovoi, Elena Rufanova, Leonid Sokol (1h45)
Sélection officielle Cannes 1999
Prix du Meilleur Scénario
Une femme nue, laiteuse et fessue, déambule, seule, sur les terrasses d'une
forteresse alpine. Cette séquence d'ouverture baigne dans une lumière
d'aquarium et scelle d'une façon intimement troublante la rencontre inédite
entre l'opulence de cette chair, la dureté de la pierre et le paysage embrumé
des montagnes environnantes.
Elle suscite aussi deux certitudes: il s'agit, sans l'ombre d'un doute, de
l'univers esthétique du cinéaste russe Alexandre Sokourov; cette distorsion
délibérée du réel, sous le signe de la déliquescence, produit un intense
sentiment de malaise. Il ne s'agit plus de pénétrer, comme dans Pages
cachées (1993), dans l'univers mental de la littérature russe, mais
d'évoquer une journée banale d'Adolphe Hitler et d'Eva Braun à Berchtesgaden
en 1942.
Le dispositif théâtral qui se met en place aboutit à une sorte de traité
de psychopathologie de la vie quotidienne hitlérienne qui revient peu ou prou
à expliquer le IIIème Reich par l'échec de son guide dans sa vocation de
peintre. L'intérêt de cette approche reste plus que jamais à démontrer.
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