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Russie
Trois à cinq millions d’enfants sont ainsi à l’abandon
Selon les chiffres officiels, trois à cinq millions d’enfants sont ainsi à l’abandon, dont seulement 700 000 sont des orphelins et enfants de parents déchus de l’autorité parentale.
N°4 - automne 2007
Enfants abandonnés ou orphelins sociaux ? Évolution de la politique sociale dans la Russie de la perestroïka et post-communiste (1989-2004)*
Dorena Caroli
Università degli studi di Macerata, Italie
Résumé Par suite du démantèlement du système de protection sociale socialiste causé par l’effondrement du régime communiste en Russie, un nombre très important d’enfants s’est trouvé sans abri, à la rue et sans éducation. Selon les chiffres officiels, trois à cinq millions d’enfants sont ainsi à l’abandon, dont seulement 700 000 sont des orphelins et enfants de parents déchus de l’autorité parentale.
Les autres sont des enfants négligés par leurs parents ou risquant de se retrouver dans des conditions de vie dangereuses, dépourvus de protection et d’éducation.
Cet article analyse les mesures de prévention de l’abandon introduites dans la période 1989-2004 par le ministère du Travail et du Développement social, principale institution en charge des programmes concernant l’enfance.
Il analyse d’abord les mesures adoptées par le gouvernement, notamment la loi de 1999 sur la prévention de l’abandon et de la délinquance juvénile (création d’établissements de prise en charge et de nouveaux services) ; ensuite les mesures adoptées visant à placer les enfants abandonnés dans des familles d’accueil ; puis l’institution d’un délégué des droits des enfants dans plusieurs villes de Russie. Enfin, il s’intéresse à l’attitude des enfants face à la vie en orphelinat et à leurs chances de réinsertion, telles que révélées par différentes enquêtes sociologiques. Cet ensemble de mesures permet à l’auteur de montrer aussi bien les aspects contradictoires de la politique sociale de la transition que ses coûts sociaux, payés surtout par la nouvelle génération qui risque d’être condamnée à une exclusion sociale sans issue.
Abstract Abandoned Children or Social Orphans ? Changes in social policy in Russia during perestroika and post-communism (1989-2004)
Following the dismantling of the socialist social protection system due to the collapse of the communist regime in Russia, a large number of children found themselves homeless, in the streets without protection or education. The official figures indicate that three to five million children were abandoned but only 700,000 were orphans or children removed from their parents’ authority. The rest were children who were neglected by their parents or who risked living in dangerous conditions with neither protection nor education.
This article focuses on the measures to prevent child abandonment which were introduced between 1989 and 2004 by the Employment and Social Development Minister which is the main body responsible for chilcare programmes. It firstly examines the measures taken by the government, especially the 1999 law on the prevention of child abandonment and juvenile delinquency (creation of homes and new services). Secondly, it analyses the measures adopted for children guardianship and foster care services for families. Thirdly, it evaluates the introduction of children rights officers in many Russian cities. Finally, it looks at children’s attitudes to life in orphanages and their chances of social adjustment as shown by various social surveys.
The combination of these measures make it possible to demonstrate both the contradictory aspects of transitional social policy and its social costs that are being paid mainly by the new generation who risk being condemned to permanent social exclusion.
Resumen ¿Niños abandonados o huérfanos sociales ? La evolución de la política social en la Rusia de la perestroïka y post-comunista (1989-2004)
Como consecuencia del desmantelamiento del sistema de protección social socialista causado por la caída del régimen comunista en Rusia, una cantidad muy importante de niños se encontró sin refugio, en la calle y sin educación. Según las cifras oficiales, de tres a cinco millones de niños están en estado de abandono, de los cuales sólo 700.000 son huérfanos e hijos de padres que han perdido la autoridad de los padres. Los otros son niños descuidados por sus padres o que corren el riesgo de encontrarse en condiciones de vida peligrosas, desprovistos de protección y de educación.
En este artículo se analizan las medidas de prevención del abandono introducidas en el período 1989-2004 por el Ministerio de Trabajo y Desarrollo Social, la principal institución a cargo de los programas relativos a la infancia. Se analizan primero las medidas adoptadas por el gobierno, especialmente la ley de 1999 sobre la prevención del abandono y de la delincuencia juvenil (creación de establecimientos de asistencia infantil y nuevos servicios) ; luego las medidas adoptadas con el fin de ubicar a los niños abandonados en hogares sustitutos ; después el nombramiento de un delegado de los derechos de los niños en varias ciudades de Rusia. Por último, trata sobre la actitud de los niños frente a la vida en orfanatos y sus posibilidades de reinserción, tal y como lo revelan las distintas investigaciones sociológicas.
Este conjunto de medidas permite al autor mostrar tanto los aspectos contradictorios de la política social de la transición como sus costes sociales, pagados especialmente por la nueva generación, que corre el riesgo de ser condenada a una exclusión social sin salida.
Pour plus d’information : http://sejed.revues.org/document1783.html
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