La situation économique de la Slovaquie
La Slovaquie accumule les éloges de nombreux observateurs sur le plan économique. La croissance dont les autorités ont fait leur leitmotiv, est soutenue. De 4% en 2003, elle est passée à 4,9% en 2004. On s’attend à ce qu’elle se maintienne à 5% jusqu’en 2006.
Croissance soutenue
La Slovaquie accumule les éloges de nombreux observateurs sur le plan économique. La croissance dont les autorités ont fait leur leitmotiv, est soutenue. De 4% en 2003, elle est passée à 4,9% en 2004. On s’attend à ce qu’elle se maintienne à 5% jusqu’en 2006. (Participation des secteurs au PNB en 2003 : Agriculture 4,5%, Industrie 26,9%, Construction 3,5%, Services 57,3% et autres 7,3%)
Profondes réformes
La Slovaquie suscite également des commentaires positifs pour les profondes et ambitieuses réformes structurelles adoptées en 2004. Ces réformes touchent la fiscalité (taux unique à 19%), le système de santé (assainissement financier, réduction intervention Etat, participation accrue des bénéficiaires, passage au marché), le système social (responsabiliser l’individu, retrait de l’Etat), le marché du travail (plus de flexibilité, incitants à l’emploi, lutte contre les abus de sécurité sociale), les pensions (passage à un système de redistribution privé) et les finances publiques (retrait de l’Etat de l’économie et du social, assainissement et maîtrise des finances publiques). La Slovaquie a reçu le titre de « Top Reformer » de la Banque Mondiale.
Appui financier européen
Au titre de l’appui aux réformes structurelles et à la cohésion, la Slovaquie devrait recevoir 10 milliards d’euros au cours de la prochaine période financière de l’Union européenne de 2007 à 2013. Ce fonds qui appelleront un co-financement national serviront surtout à rattraper le retard de développement économique des régions slovaques en consolidant leurs infrastructures (réseau routier et énergétique, etc’). Les projets sont en cours d’élaboration.
Stratégie nationale de développement économique 2010
Sur fond de révision à mi-parcours de la Stratégie de Lisbonne (priorité à la croissance et à l’économie de la connaissance), la Slovaquie vient d’adopter sa stratégie nationale de développement économique jusqu’en 2010. Celle-ci confirme d’abord la nécessité de consolider les réformes structurelles entreprises pour affermir les bases de la croissance de l’économie traditionnelle (avant tout attirer d’importants investisseurs étrangers : Peugeot, Kia et plus récemment la compagnie électrique italienne ENEL qui a racheté 66% de la société électrique slovaque Slovenska Elektrane). Elle jette par ailleurs les bases de la transition vers l’économie de la connaissance en insistant, entre autres, sur l’éducation, les ressources humaines, la recherche/développement, l’innovation, l’économie de l’information et l’environnement des entreprises.
A garder à l’esprit
Bien que le tableau et les perspectives qu’il offre soient positifs, l’avenir socio-économique de la Slovaquie devra encore relever des défis dans nombre de domaines. Plus spécialement dans ceux qui suivent.
Finances publiques
La Slovaquie souhaite adhérer à l’euro en 2009. Si elle respecte d’ores et déjà le critère de la dette publique (nettement en-deçà du niveau des 60% du PNB), son déficit public reste plus élevé que les 3% du PNB prescrits. Le programme fiscal de l’actuel gouvernement vise néanmoins à satisfaire ce critère. Le budget 2004 prévoyait un déficit de 4% du PNB qui s’est finalement élevé à 3,9%. Se fondant sur les bonnes performances économiques, certains, comme la Commission, suggèrent que la Slovaquie accélère son ajustement fiscal. On relève cependant que certaines incertitudes persistent, notamment les effets que la réforme des pensions aura sur les comptes de l’Etat (le financement de cette réforme est estimé à 1% du PNB).
Inflation
Au taux de 3,3% en 2002, l’inflation avait considérablement augmenté en 2003 pour atteindre 8,5%. Cet accroissement n’était pas attribué à l’instabilité mais à la hausse des prix régulés ainsi qu’à celle des taxes indirectes. Selon les experts, cette inflation était le résultat d’un ajustement administratif issu des réformes structurelles de l’économie. En 2004, l’inflation s’est maintenue à 7,7%. On estime cependant que les prix devraient être mieux maîtrisés en 2005, le choc initial des réformes étant à présent passé.
Emploi
Le taux de chômage reste important. De 17,5% en 2003, il est passé à 18,4% en 2004. Pour le FMI, ce taux de chômage reste préoccupant. La Commission européenne conseille de poursuivre les réformes pour amenuiser les problèmes structurels que le marché du travail slovaque continue à rencontrer, notamment en accroissant la mobilité des employés et leur niveau de qualification.
L’environnement des entreprises
La Commission européenne reconnaît les efforts importants réalisés. Mais elle note également que les changements tardent à venir. Selon elle, les entreprises se plaignent toujours de l’inefficacité du système judiciaire, de l’insécurité juridique, de la corruption et de la bureaucratie.
Productivité
La Commission européenne épingle la lenteur de l’adaptation de l’éducation aux exigences du marché. Elle note également les progrès limités que les autorités ont réalisé en matière de recherche/développement.
Conclusion
Si les performances économiques de la Slovaquie sont notables, elles le sont surtout à la lumière des chiffres de la croissance et dans le cadre d’une économie traditionnelle. Des failles, parfois fondamentales, semblent cependant persister. A défaut d’être comblées, l’économie slovaque pourrait en pâtir sérieusement.
2005 © Tous droits réservés - Slavika.com
|
Pour en savoir plus,
visitez la librairie
SLAVIKA! |
Les derniers articles publiés :
|