Ibrahim Rugova cherche une solution pacifique au conflit en Yougoslavie
CITÉ DU VATICAN, le 10 mai 1999
Jean-Paul II s’est une nouvelle fois engagé personnellement dans la recherche de la paix en Yougoslavie, en recevant ce matin le leader des Kosovars modérés, Ibrahim Rugova, ainsi que sa famille.
JEAN-PAUL II REÇOIT LE LEADER DES KOSOVARS MODÉRÉS
A la fin de la rencontre, Rugova s’est rendu à la Salle de Presse du Saint-Siège où il a fait une brève déclaration. Il a expliqué que l’un des objectifs de sa rencontre avec Jean-Paul II était de demander au Saint Père sa bénédiction, pour lui et pour toute sa famille "qui a tant souffert ces temps derniers".
En mai 1992 les albanais du Kosovo avaient organisé des élections législatives et présidentielles qui ne furent bien évidemment pas reconnues par le régime de Milosevic. Ibrahim Rugova, leader de la Ligue Démocratique du Kosovo fut élu président.
Rugova a déclaré aux journalistes qu’il était très reconnaissant au Pape de l’avoir reçu juste après son voyage décisif en Roumanie. "J’ai profité de l’occasion pour l’informer de la situation. Le Kosovo aujourd’hui est mort. Pristina est une ville fantôme, il ne reste que les soldats et la police", a-t-il déclaré.
Le leader kosovar était accompagné à l’occasion de cette rencontre avec la presse par Mons. Vincenzo Paglia, prêtre de la Communauté catholique de San Egidio qui a entrepris après Pâques une mission de paix lors de laquelle elle a demandé à Milosevic la liberté de mouvement pour Rugova. Le représentant des Kosovars a expliqué qu’il était venu "à Rome et en Occident car il faut faire tout ce qui est possible pour le retour des réfugiés au Kosovo, mais il faut créer les conditions de sécurité indispensables pour que les gens puissent rentrer. La majorité des albanais a quitté le Kosovo mais il en reste encore, et il faut les défendre".
Selon Rugova, pour promouvoir la détente dans les Balkans il faut que Belgrade accepte avant tout le déploiement en Yougoslavie d’une force internationale composée entre autres par l’OTAN et la Russie.
Commentant la rencontre de Rambouillet, Rugova a déclaré que le résultat final était un "bon accord" qui aurait évité la catastrophe humanitaire et les bombardements s’il avait été signé.
Répondant à une question sur sa rencontre controversée avec Milosevic, Rugova a expliqué qu’il l’avait acceptée sous la pression du moment.
Le Saint-Siège et le Pape ont encouragé les contacts avec Ibrahim Rugova car celui-ci privilégie la solution pacifique. Ils ne partagent pas en revanche la position des représentants de l’Armée de Libération du Kosovo qui prônent la violence comme moyen de revendication et pour mettre fin à la guerre.
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