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Mongolie

La Mongolie est autorisée à devenir actionnaire de la Banque BERD


La Mongolie a connu des difficultés comparables à celles de ses partenaires de l’ex-COMECON, suite à l’effondrement de l’Union soviétique.

A. L’ÉCONOMIE MONGOLE : UNE TRANSITION DOULOUREUSE

1. Une pauvreté persistante en dépit d’une transition bien engagée

La Mongolie a connu des difficultés comparables à celles de ses partenaires de l’ex-COMECON, suite à l’effondrement de l’Union soviétique. Au cours de la décennie 1990, son PIB s’est contracté de 30 %. Des événements climatiques catastrophiques en 2000 et 2001 ont contribué à accroître encore la pauvreté dans le pays.

La transition vers l’économie de marché a cependant progressé et le secteur privé contribue aujourd’hui pour 80 % à la formation du PIB.

Le PIB s’élevait en 2003 à 1,2 milliard de dollars, soit 476 dollars par habitant. 36 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

2. Une économie faiblement diversifiée

Le commerce extérieur mongol est structurellement déficitaire, avec un taux de couverture d’environ 75 %. Il est peu diversifié et dépendant de produits dont la volatilité des cours est importante.

Plus de la moitié des exportations provient de l’extraction minière (concentrés de cuivre et de fluorine et or), le solde provient de l’élevage (cachemires et laines, cuirs et, plus marginalement, produits alimentaires). Les intérêts de ces deux principaux secteurs économiques sont souvent divergents, du fait notamment de la mobilisation des ressources en eau.

La Chine est le premier client de la Mongolie et absorbe plus de la moitié des exportations, elle est suivie des Etats-Unis (23 %) et de la Russie (6 %).

Les principales importations mongoles portent sur les biens d’équipement, l’énergie, les produits alimentaires, les moyens de transport et les produits textiles.

3. Une dépendance à l’égard de l’aide internationale Les importations relèvent de l’aide internationale pour près de 20%. Le Japon, l’Allemagne et les Etats unis sont les principaux donateurs. Entre 1991 et 2003, la Mongolie a reçu plus de 3 milliards de dollars d’aide internationale. Cette aide, qui s’élevait en 2004 à 85 dollars par habitant, représente la seule source de financement des infrastructures, dont les besoins sont considérables, la Mongolie n’ayant pas d’accès aux marchés des capitaux.

Pour 2005, le gouvernement prévoit 146,4 Millions de dollars d’assistance financière sous forme de prêts concessionnels (+ 17,4 MUSD par rapport à 2004). La Banque asiatique de développement (40,8 M USD), la Banque mondiale (38,5 M USD), le Japon (20,5 MUSD) et le FMI (12,2 M USD) constituent les principaux donateurs. L’aide pourvue par la Chine à la Mongolie progresse sensiblement (4,6 M USD) pour rejoindre le niveau de l’Allemagne.

La Mongolie pourra également prétendre à un montant sans doute équivalent de dons, maintenant l’aide publique au développement internationale au-dessus de la barre des 300 Millions de dollars par an. La dotation attendue du Millenium Challenge Account américain pourrait augmenter de l’ordre de 20% par an le montant de l’aide publique au développement en faveur de la Mongolie.

S’agissant de l’aide communautaire, la Communauté européenne, de 1991 à 2002, a fourni à la Mongolie plus de 55 M€ d’aides, dont 35 M€ au titre des programmes TACIS (assistance technique aux pays de la CEI). Des projets ont été lancés dans de nombreux secteurs tels que la restructuration des entreprises publiques, le développement du secteur privé, l’agriculture, les infrastructures, l’environnement, les réformes des institutions publiques et des services sociaux, et l’enseignement supérieur (programme TEMPUS).

Pour la période 2002-2006, le document de stratégie pays (DSP) de la Commission a prévu d’axer l’aide communautaire sur le développement rural (assistance technique sur les produits de l’élevage), le développement économique et le secteur social. 6 M€ ont été alloués sur 2002-2003.

Depuis 2004, la Mongolie est devenue éligible aux programmes PVD/ALA (aide communautaire aux pays d’Amérique latine et d’Asie). Un budget de 9 M€ a été prévu sur 2004-2006 avec comme priorités le développement de l’agriculture et la réforme de l’État. La Mongolie est également devenue éligible aux programmes régionaux en faveur de l’Asie (« Asia Link », « Asia-Invest », « Asia Pro Eco » etc.).

La Mongolie bénéficie par ailleurs des programmes d’assistance humanitaire d’ECHO (1,9 M€ en 2000, 1 M€ en 2001, 1 M€ en juin 2003).

La contribution annuelle de la France en faveur de la Mongolie est en expansion continue depuis trois ans, et dépassera, en 2005, les 2,5 M€ tous financements confondus. Au-delà de l’aide bilatérale, la France soutient activement les programmes d’aide de la Commission européenne en Mongolie (PVD-ALA de 4,5 M€ pour 2004-2006, ECHO, cofinancement des ONG) en abondant leurs fonds à hauteur de 17%.

La Mongolie importe 70 % de ses besoins alimentaires, en raison d’un secteur agricole faiblement productif. Cette situation alimente un exode rural massif, qui concentre la misère à la périphérie des villes. La capitale, Oulan Bator, enregistre ainsi 50 000 nouvelles arrivées par an et le pays est urbanisé à plus de 70 %.

La Russie reste le premier fournisseur de la Mongolie, en raison, notamment des approvisionnements en énergie, mais sa part régresse au profit de la Chine.

B. UNE TRANSITION POLITIQUE RAPIDE MAIS DES FACTEURS DE FRAGILITÉ

Bien qu’ayant conservé son indépendance, la Mongolie s’est strictement alignée sur les positions de l’Union soviétique et sur ses modes de fonctionnement. A partir de 1924, elle s’est érigée en République populaire et a mené la collectivisation de son économie.

La transition politique s’est effectuée très rapidement après la chute du mur de Berlin, des élections pluralistes étant organisées dès juillet 1990. Une nouvelle constitution, adoptée en janvier 1992, met en place une démocratie parlementaire monocamérale.

La rapidité du processus s’explique aussi par la mue rapide du parti communiste, le parti populaire révolutionnaire mongol, acquis au libéralisme et pivot de la vie politique.

Le scrutin législatif du 17 juin 2004 et la mise en place d’une coalition gouvernementale ont confirmé l’ancrage de la démocratie en Mongolie. Le nouvel équilibre des forces politiques au sein du gouvernement a d’ores et déjà ouvert la voie à une série de réformes (loi électorale, statut de la fonction publique, indépendance des médias, lutte contre la corruption, paquet fiscal, administration territoriale) qui marquent de nouveaux progrès de l’État de droit.

La stabilité du gouvernement d’union nationale issue des élections législatives de juin 2004 est mise à mal par la division apparue au sein de la Coalition démocratique, marquée par la rupture de son groupe parlementaire le 26 décembre 2004.

L’élection présidentielle du 22 mai 2005, qui devrait opposer deux anciens premiers ministres (MM. Enkhbayar pour le PPRM et Enkhsaikhan pour le Parti démocratique), constitue un rendez-vous important pour la recomposition du paysage politique qui se dessine actuellement.

III. L’ADMISSION DE LA MONGOLIE COMME PAYS D’OPÉRATIONS DE LA BERD

La Mongolie a fait part de son souhait de devenir pays d’opérations de la BERD en 2000, faisant valoir qu’elle partageait nombre des caractéristiques politiques et économiques avec les pays de l’ex-Union soviétique : aire géographique, appartenance au COMECON et à la sphère politique soviétique.

Rapidement, par une résolution du 3 mai 2000, la Mongolie a été autorisée à devenir actionnaire de la Banque mais ne pouvait en recevoir de financements que sous la forme d’un fonds d’assistance technique spécifique, créé en mars 2001, doté de 10 millions d’euros et financé par le Japon, les Pays-bas, le Luxembourg et Taïwan.

Une modification de l’Accord portant création de la BERD était nécessaire pour admettre la Mongolie comme pays d’opérations, le champ d’intervention de la Banque étant défini sur un critère géographique et se limitant à l’Europe centrale et orientale.

Cette modification a été réalisée sous la forme d’un amendement à l’article premier de l’Accord, adopté le 30 janvier 2004 par le Conseil des gouverneurs qui limite strictement l’extension du champ d’intervention de la BERD à la seule Mongolie, sans lui donner une compétence générale pour l’ensemble des pays en transition. Il « assimile » la Mongolie à un pays d’Europe centrale et orientale.

Ce texte doit ensuite être ratifié par l’ensemble des Etats membres parties l’Accord sur la BERD.

CONCLUSION

La France est le 8éme client et le 15eme fournisseur de la Mongolie. Sa position de client est due pour l’essentiel à des importations de Cachemire, celle de fournisseur étant liée à des contrats d’équipements.

Le volume du commerce franco-mongol est marginal (13 M€ en 2004). Néanmoins, compte tenu de la position de l’Union européenne à 25 comme troisième partenaire commercial de la Mongolie, il existe un potentiel important pour le développement de nos échanges.

2005 est l’année du quarantième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, renforcées en 2003 par la nomination d’un ambassadeur.



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