Des élections anticipées en Slovaquie
La décision du mouvement chrétien démocrate de quitter le gouvernement devrait entraîner la chute de la coalition slovaque, actuellement en plein conflit.
Le gouvernement du Premier ministre slovaque Mikuláš Dzurinda a déjà connu plusieurs crises mais celle qu’il affronte actuellement est si grave qu’elle pourrait bien le faire chuter. La dernière en date, qui a eu lieu à l’été 2005, a poussé le parti libéral ANO, dirigé par le ministre de l’économie Pavol Rusko, à quitter le gouvernement. M. Dzunrinda avait survécu à la crise grâce à l’aide de parlementaires indépendants et de ceux qui avaient formé un groupe éclaté sur les cendres de l’ANO.
Le 6 février 2006, le chef du mouvement chrétien démocrate (KDH) a annoncé que son parti quittait le gouvernement. Cette fois-ci, c’est le traité signé avec le Vatican qui constituait la pomme de discorde entre les deux camps.
Ce traité a pour objectif de réglementer les relations entre la Slovaquie et le Vatican et obligerait le pays à respecter les droits de la population catholique en Slovaquie, estimée à 62%. Certains affirment que le traité manque de clareté et pourrait être interprété de telle sorte qu’il accorde des "privilèges injustes" aux catholiques.
Les chrétiens démocrates ont demandé au gouvernement d’adopter immédiatement le traité afin qu’il puisse être voté au Parlement avant les élections prévues en septembre.
Cependant, le ministre des affaires étrangères Eduard Kukan (SDKU), soutenu par le chef de son parti, M. Dzurinda, s’est opposé à cette initiative. Ils se sont prononcés contre une adoption et une ratification hâtives, considérant qu’il faut encore travailler sur ce traité. Les autres partenaires de la coalition sont également apparus divisés. Alors que le parti minoritaire hongrois soutient les chrétiens démocrates, les ministres du parti libéral ANO se sont également opposés au traité sous sa forme actuelle.
L’avenir du gouvernement slovaque est désormais flou étant donné qu’il a perdu la majorité au Parlement. L’opposition SMER (sociale démocrate) et les communistes réclament des élections anticipées tandis que le HZDS (le parti de l’ex-premier ministre Vladimír Mečiar) n’a pas encore pris clairement position sur le sujet.
Le Premier ministre slovaque a obtenu l’accord de ses partenaires de coalition pour des élections anticipées. Le 9 février 2006, il présentera cette même proposition lors d’une réunion de tous les partis représentés au Parlement.
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