Salomé Zourabichvili, candidate dans l’opposition, accusent le président géorgien Saakachvili
Les Géorgiens élisent jeudi leurs représentants municipaux, et l’ex-ministre des Affaires étrangères Salomé Zourabichvili, à présent candidate dans l’opposition, accuse le gouvernement d’avoir instrumentalisé l’arrestation d’officiers russes pour s’assurer de remporter le scrutin.
Comment le président géorgien pro-occidental Mikheïl Saakachvili va gérer une situation économique difficile qui pourrait empirer avec l’embargo russe ?
Le gouvernement de Mikhéïl Saakachvili, porté au pouvoir par la Révolution de la Rose fin 2003, paraissait alors fortement affaibli après les manifestations sociales du printemps et le scandale lié à l’assassinat d’un banquier par de hauts responsables du ministère de l’Intérieur. Le président géorgien, dont l’ambition affichée est de de rejoindre la communauté euro-atlantique, a sans doute également tenté d’utiliser la crise des "espions" dans ce but. Début septembre, une dizaine de responsables politiques géorgiens proches de Moscou ont ainsi été accusés de préparer un coup d’Etat et condamnés à des peines de détention provisoire.
"J’appelle tout le monde, tous les partis et organisations politiques à s’unir", a déclaré Tina Khidacheli, une dirigeante du bloc "Davitachvili, Khidacheli, Berdzenichvili" qui réunit Républicains et Conservateurs (opposition). Jusqu’à présent, l’opposition avait unanimement fustigé les "opérations de relations publiques" du gouvernement, qui a engagé dès juillet une lutte acharnée contre les supposés soutiens de Moscou en Géorgie. Moscou, qui soutient ces territoires, accuse d’ailleurs ouvertement Tbilissi de vouloir les reprendre en main militairement, après l’opération des forces de l’ordre géorgiennes effectué l’été dernier dans les gorges de Kodori à proximité de l’Abkhazie.
Mais la vraie échéance n’est pas jeudi, mais plutôt la présidentielle de 2009 : le président géorgien a promis, avant la fin de son mandat, de faire rentrer son pays dans l’Otan et de régler le problème de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, ces régions ayant unilatéralement proclamé leur indépendance de la Géorgie dont le retour dans le giron de Tbilissi est un leitmotiv pour l’électorat. En attendant, beaucoup va dépendre pour M. Saakachvili de l’issue de la crise avec Moscou.
Mikhéïl Saakachvili a peut-être pensé qu’en voyant la Géorgie dans une situation aussi difficile, les Occidentaux essaieraient de l’intégrer au plus vite à l’Otan pour la sauver de la Russie ?. L’économie géorgienne pourrait fortement pâtir de la suspension des liaisons terrestres, maritimes et aériennes avec la Russie, qui s’ajoute à l’embargo sur les produits agricoles, le vin et l’eau minérale imposé ces derniers mois par Moscou.
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