La partie russe se dit sérieusement préoccupée par la situation qui est en train de se créer dans la zone du conflit géorgeo-abkhaz.
Une source de tension est créée par les actes criminels perpétrés par une formation armée illégale qui regroupe, pour l’essentiel, des combattants tchétchènes qui ont été transférés, avec la complicité des autorités géorgiennes, des gorges de Pankissi à celles de Kodor, en Abkhazie, contrôlées par la partie géorgienne. Cette formation criminelle comprend également de soi-disant « partisans géorgiens » ainsi que des mercenaires arabes.
Moscou a maintes fois mis Tbilissi en garde quant à une évolution de la situation menant inévitablement à une confrontation du fait de l’apparition de terroristes tchétchènes dans la zone du conflit. Cela est malheureusement devenu, aujourd’hui, une réalité. Les bandits ont déjà commis une série d’actes terroristes sauvages : un hélicoptère de la mission de l’ONU chargée de la surveillance en Géorgie a été abattu (9 personnes ont été tuées, dont 6 membres du personnel de l’ONU), des civils de plusieurs villages abkhazes ont été sauvagement assassinés, une vingtaine de collaborateurs des organes locaux des forces de l’ordre ont perdu la vie.
Nous avons plus d’une fois attiré l’attention de la partie géorgienne sur la nécessité d’adopter d’urgence des mesures fermes pour couper court aux activités que mènent, en Abkhazie, des groupes de terroristes et de saboteurs à partir du territoire contrôlé par Tbilissi. Nos appels n’ont toutefois pas été entendus. La poursuite de la politique d’apaisement et de tolérance, conduite par les autorités géorgiennes à l’égard des terroristes tchétchènes qui se sont fixés en Géorgie a débouché sur les événements tragiques d’aujourd’hui qui, selon les informations qui nous parviennent, ont tendance à gagner en ampleur.
Les informations sur les frappes aériennes effectuées contre le territoire abkhaz, dans la nuit du 8 au 9 octobre, suscitent une inquiétude particulière. Selon des informations dignes de foi, les hélicoptères et les avions de l’aviation d’assaut responsables des tirs qui sont apparus dans le ciel abkhaz venaient de Géorgie. Les tentatives maladroites de Tbilissi de rejeter la responsabilité de ces frappes aériennes sur les militaires russes sont pour le moins dépourvues de fondement.
Le caractère de la situation présente ne fait que confirmer qu’à Tbilissi, certains milieux sont intéressés à une solution de force du problème abkhaze. La situation qui est en train de se créer risque de conduire à la reprise d’un conflit armé de grande envergure entre l’Abkhazie et la Géorgie, avec la participation de terroristes internationaux. La partie russe met catégoriquement en garde Tbilissi contre l’inadmissibilité d’une telle évolution des événements et insiste sur le respect scrupuleux, par la Géorgie, de ses engagements découlant de l’Accord de cessez-le-feu dans la zone du conflit géorgeo - abkhaz, en date du 4 mai 1994, et des résolutions ad hoc du Conseil de sécurité de l’ONU.
10 octobre 2001
Service de presse - Ambassade de Russie

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