Bosnie-Herzégovine : dix ans après la chute de Srebrenica
Le 7 juillet 2005
Bosnie-Herzégovine : dix ans après la chute de Srebrenica, les familles des personnes disparues continuent de souffrir
Alors que la Bosnie-Herzégovine prépare la commémoration du dixième anniversaire de la chute de Srebrenica le 11 juillet 1995, le CICR lance un appel pour que les efforts soient redoublés en vue d’élucider le sort de plus de 14 500 personnes dont on est toujours sans nouvelles suite au conflit armé qui a ravagé le pays.
Ce chiffre comprend plus de 5 500 personnes portées disparues après les événements survenus à Srebrenica et aux alentours de la ville.
Le meurtre d’environ 8 000 personnes après la chute de Srebrenica aux mains des forces serbes de Bosnie constitue la violation du droit international humanitaire la plus grave commise en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Les événements de juillet 1995 marquent une étape tragique dans un conflit armé qui a causé de terribles souffrances au sein de toutes les communautés de Bosnie-Herzégovine.
Dix ans après la chute de Srebrenica et près de dix ans après l’accord de paix de Dayton, qui a mis fin au conflit, les familles des personnes disparues continuent de souffrir. Il est presque certain que les disparus sont morts. Néanmoins, ne pas savoir exactement ce qui est arrivé à un fils, un père ou un frère (la quasi-totalité des disparus sont des hommes), et ne pas pouvoir leur donner une sépulture digne et pleurer sur leur tombe, fait porter à ces familles un fardeau insoutenable.
Le droit des familles à connaître le sort de leurs proches portés disparus - tel qu’il est reconnu par le droit international humanitaire - doit être défendu et respecté. Il incombe en premier lieu aux autorités de donner aux familles les informations dont elles ont besoin pour tourner la page sur ces tragédies et aller de l’avant dans leur vie. La communauté internationale doit continuer de s’associer au processus en cours.
Bon nombre d’organisations, dont le CICR, s’appliquent à faire la lumière sur le sort de toutes les personnes encore portées disparues et de soutenir leur famille. En dépit de leurs limites, les efforts du CICR sont appréciés par les familles des disparus. La campagne de collecte de données ante mortem, menée l’année dernière en collaboration avec la Société de la Croix-Rouge de Bosnie-Herzégovine et des associations de familles de personnes disparues, a contribué à ce jour à identifier les restes de près de 1 000 personnes. Maintenant, le CICR prévoit de confier sa base de données ante mortem aux autorités de Bosnie-Herzégovine. Cette base de données contient des informations sur plus de 12 000 personnes dont on est encore sans nouvelles.
La déléguée générale pour l’Europe et les Amériques, Béatrice Mégevand-Roggo, représentera l’institution lors des événements qui se dérouleront en commémoration du dixième anniversaire de la chute de Srebrenica. Mme Mégevand-Roggo était chef de la délégation du CICR à Sarajevo en 1995.
CICR Sarajevo
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