La rencontre entre les fonctionnaires du Groupe de contact pour le Kosovo sans la Russie
La Russie qui a évidemment plus que son mot à dire sur ce dossier, pourquoi n’est-elle pas représentée ?
(Concernant la rencontre entre les fonctionnaires du Groupe de contact pour le Kosovo qui a lieu aujourd’hui, pourquoi la Russie n’est-elle pas représentée ?)
Ainsi que nous l’avons indiqué hier, c’est une réunion qui se tient au niveau des fonctionnaires. Nous n’avons donc pas l’habitude de donner beaucoup de publicité à ce type de rencontre. C’est une réunion de travail, comme il y en a très fréquemment. Il y a toujours eu différents formats pour ces rencontres, mais évidemment, cela ne signifie pas que nous souhaitions exclure, en aucune manière, la Russie de la discussion de ce dossier.
Vous savez que nous en avons déjà beaucoup parlé aux Russes et nous allons continuer de le faire. Cette réunion vise notamment à faire le point après le Sommet du G8 durant lequel nous n’avons pas pu parvenir à une position unanime sur cette question. Il existe donc un besoin de poursuivre la réflexion. Nous le faisons dans une première étape, dans le format retenu ce jour, mais, très rapidement, nous en reparlerons aux Russes. Il n’y a aucune volonté de notre part d’exclure, en quoi que ce soit, la Russie qui a évidemment plus que son mot à dire sur ce dossier et avec laquelle nous souhaitons vraiment travailler très étroitement.
(M. Nicholas Burns sera-t-il reçu par M. Kouchner aujourd’hui ?)
Je crois qu’un entretien est prévu demain.
(Aborderont-ils seulement le Kosovo ?)
Non, cet entretien sera sans doute consacré à plusieurs sujets. Vous savez que M. Burns est responsable des dossiers politiques au Département d’Etat. C’est le numéro trois du Département d’Etat, j’imagine donc que d’autres dossiers seront évoqués, mais il est tout à fait probable que le Kosovo sera évoqué.
(M. Kouchner évoquera-t-il la proposition de M. Sarkozy pour continuer le dialogue ?)
Nous sommes prêts à aider. Il faut avoir des idées pour sortir des difficultés actuelles. Le président de la République avait exposé cette idée au G8. Elle
n’a pas reçu un soutien unanime.
(Cette idée est-elle toujours d’actualité ?)
Si tout le monde considérait que cette idée peut nous sortir des difficultés actuelles, nous en serions très heureux. C’était une idée lancée au G8 et, je le redis, si elle pouvait recueillir un soutien unanime, ce serait très bien. Nous souhaitons trouver une formule qui nous permette de sortir des difficultés actuelles, qui nous permette de progresser aux Nations unies et qui
nous permette d’encadrer le processus actuel.
(C’est donc comme un rôle de médiateur entre les Etats-Unis et la Russie ?)
J’hésite à utiliser ce terme de médiateur, car je crois qu’il n’y a pas besoin de médiateur dans cette affaire. Chacun vient avec ses positions. Ce qui est souhaitable, en tout cas, c’est que les positions des uns et des autres se rapprochent afin d’aboutir à un accord.
(Sur ces questions, la France a une position différente de celle des Etats-Unis. Vous avez insisté sur le fait qu’il existe un accord entre les Européens et les Etats-Unis sur ces questions, mais on voit que les Américains ont renforcé leur position pour l’indépendance du Kosovo et la France semble ne proposer que le dialogue. Est-ce une divergence selon vous ?)
Depuis le début, nous pensons qu’il est souhaitable d’avoir à ce sujet une solution au niveau du Conseil de sécurité, car nous considérons que c’est dans l’intérêt de toutes les parties. C’est donc pour cela que nous continuons à privilégier cette option du Conseil de sécurité, parce qu’il faut que la communauté internationale montre qu’elle encadre ce processus et qu’elle maintienne une présence sur place pour l’application du statut final. Pour nous, l’important est de ne pas fermer la porte à un accord au niveau du
Conseil de sécurité des Nations unies.
(Actuellement, nous sentons comme une logique de conflits avec les Russes de la part de M. Bush. La France est-elle pour l’indépendance du Kosovo avec une résolution imposée, comme le plan de M. Ahtisaari le suggère ou, ainsi que M. Sarkozy l’indiquait il y a quelques jours, pour un prolongement du dialogue jusqu’à ce que les deux parties soient satisfaites ?
Ce sont deux propositions totalement différentes et je voudrais avoir votre commentaire à ce sujet ?)
Ainsi que le président de la République l’a indiqué lui-même, nous sommes en accord avec les propositions de M. Ahtisaari dans toutes leurs composantes, y compris sur ce que cela signifie pour le Kosovo, il n’y a pas d’ambiguïté à ce sujet.
Par ailleurs, il est également important pour nous que cela se fasse de façon ordonnée et qu’il y ait une intervention du Conseil de sécurité, car elle nous
semble nécessaire. Actuellement, nous avons la résolution 1244 et il faut bien savoir ce qui doit lui succéder, notamment parce qu’il faut prévoir une présence internationale au Kosovo et que cela doit se faire au travers d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.
Notre position consiste donc à concilier les deux aspects, cet encadrement par le Conseil de sécurité et la perspective de déboucher dans les meilleurs délais
possibles sur un statut du Kosovo qui, dans notre esprit, doit être très proche des propositions de M. Ahtisaari.
(Concernant la solution, faut-il réellement l’imposer ?)
Le président de la République a proposé au G8 qu’il y ait un certain délai qui soit donné pour poursuivre les discussions tout en indiquant qu’à l’issue de ce délai, il faudrait prendre une décision. Il a lui-même estimé que cette décision devait être très largement fondée sur les positions de M. Ahtisaari.
(Directeurs politiques a-t-elle déjà eu lieu ?)
Elle aura lieu dans l’après-midi.
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