L’organisation de législatives anticipées en Ukraine
Le Parlement ukrainien devait se réunir mardi et mercredi pour confirmer par son vote un accord sur l’organisation de législatives anticipées et mettre un point final à une longue et grave crise politique.
Le Parlement ukrainien devait se réunir mardi et mercredi pour confirmer par son vote un accord sur l’organisation de législatives anticipées et mettre un point final à une longue et grave crise politique.
Un bras de fer entre MM. Iouchtchenko et Ianoukovitch avait secoué le pays depuis la dissolution du Parlement prononcée par le chef de l’Etat le 2 avril, après des mois de tensions avec la coalition gouvernementale pro-russe.
Celle-ci a privé le président d’une bonne partie de ses pouvoirs et recrutait des députés pro-occidentaux dans l’espoir de réunir la majorité constitutionnelle de 300 voix, ce qui lui permettrait de surmonter tout veto présidentiel et d’amender la Constitution à son gré.
La crise avait semblé s’apaiser fin avril, le Premier ministre s’étant résigné à l’organisation de législatives anticipées, avant de reprendre de plus belle cette semaine, lorsque le président et son adversaire se sont mis à tirailler les forces de l’ordre chacun de son côté.
Le président Viktor Iouchtchenko et son adversaire, le Premier ministre Viktor Ianoukovitch, se sont mis d’accord dimanche pour tenir les élections le 30 septembre, un compromis aussitôt salué par l’Union européenne, mais la date officielle dépend toujours du Parlement.
Pour permettre le vote, le président doit "suspendre" pour deux jours son décret de dissolution du Parlement avant de signer - une fois approuvées les lois nécessaires pour organiser les élections - un autre décret confirmant formellement la date des législatives.
L’accord sur la date est le début de la sortie de la crise et le vote au Parlement constituera son point final.
Même si le président et le Premier ministre ont signé une déclaration commune sur leur accord, des "surprises lors du vote sont encore probables".
Les communistes, opposants farouches au chef de l’Etat, qui font partie de la coalition, pourraient notamment tenter de bloquer ou au moins repousser le vote au Parlement.
Renforçant le suspense, le chef du gouvernement ne s’est pas montré enthousiasmé après l’accord :"Je suis convaincu qu’il n’y pas d’utilité, ni économique, ni sociale, à la tenue d’élections anticipées".
Parmi les lois à adopter figurent des amendements au budget sur le financement des élections (environ 60 M USD) et un texte permettant au parti gouvernemental d’être mieux représenté à la Commission électorale centrale.
Un autre lot de documents est celui exigé pour l’adhésion de l’Ukraine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), objectif clé pour le président, auquel s’opposent les socialistes et les communistes, membres de la coalition gouvernementale pro-russe.
Enfin, les députés doivent voter à nouveau des lois approuvées depuis début avril par les pro-gouvernementaux, qui avaient alors refusé d’obéir à la dissolution.
Si le élections ont finalement lieu, "le nouveau Parlement ne devrait pas être très différent" de son prédécesseur, soulignait lundi la société d’investissement Dragon Capital dans sa note d’analyse, résultats de sondages à l’appui.
En effet, le Parti des régions de M. Ianoukovitch, qui a obtenu le meilleur score lors des législatives 2006, devrait répéter ce résultat cette année.
Cette force peut tabler sur quelque 33% à 40% d’intention de vote contre 17% à 20% pour le Bloc de l’allié présidentielle Ioulia Timochenko et 16% à 11% pour le parti présidentiel Notre Ukraine, selon trois instituts de sondages indépendants.
En revanche, M. Ianoukovitch risque de perdre ses alliés socialistes, qui risquent de ne pas franchir le seuil électoral de 3%, ce qui pourrait pousser le Parti des régions à se chercher une union avec le parti présidentiel dans le nouveau Parlement.
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