La crise politique ukrainienne liée à la dissolution du Parlement
Les manipulations avec les forces de l’ordre se sont avérées inefficaces. Au contraire, il est devenu clair qu’elles créent des risques supplémentaires pour les hommes politiques. ’Le coup d’Etat prévu par le président Viktor Iouchtchenko a échoué’, pouvait se féliciter le premier ministre Viktor Ianoukovitch, dimanche à la télévision.
Crise en Ukraine : la tentation d’un recours à la force a ramené la raison
Si les dirigeants ukrainiens ont créé un précédent en impliquant - pour la première fois dans ce pays - les forces de l’ordre dans un conflit politique, ils ont pris peur et ne devraient plus, selon des analystes, avoir recours à des méthodes aussi risquées.
Les manipulations avec les forces de l’ordre se sont avérées inefficaces. Au contraire, il est devenu clair qu’elles créent des risques supplémentaires pour les hommes politiques.
La crise politique liée à la dissolution du Parlement, qui secouait l’Ukraine depuis des semaines, a pris une tournure alarmante, lorsque le président pro-occidental Viktor Iouchtchenko et son adversaire, le Premier ministre Viktor Ianoukovitch ont commencé à tirailler les forces de l’ordre chacun de son côté.
Des forces spéciales contrôlées par le gouvernement investissaient le parquet et en venaient aux mains avec les gardes relevant de la présidence, le président prenait le contrôle des troupes du ministère de l’Intérieur et ordonnait à certaines unités de se diriger vers Kiev, puis la police routière leur bloquait la voie sur ordre du cabinet Ianoukovitch...
Une démonstration de force "sans précédent" depuis l’indépendance de cette ex-république soviétique en 1991, selon le politologue Mikhaïlo Pogrebinski, qui a préoccupé la communauté internationale. L’Occident a appelé les Ukrainiens au calme.
Le scénario d’usage de la force n’était pas prévu par les protagonistes de la crise, qui cherchaient surtout à faire pression l’un sur l’autre, estime Vadim Karassiov, directeur de l’Institut des stratégies mondiales à Kiev.
Les parties agissaient de façon arrogante, mais prudente, comprenant que celui qui déraperait le premier perdrait. Mais, dans le contexte d’une guerre des nerfs, la situation restait précaire et le moindre incident pouvait déclencher la tempête.
Il y avait une menace réelle d’accrochages, qui pouvaient devenir incontrôlables" et ce danger a fini par pousser les hommes politiques vers un compromis.
Chacun a compris qu’il était impossible de lancer un scénario de recours à la force et de compter sur sa propre victoire. Au contraire, il était bien possible de tout perdre. Cela les a poussés à se mettre d’accord.
Les deux parties ont essayé d’utiliser la force mais, dès que la situation est devenue trop risquée, elles ont fait marche arrière.
Les dernières déclarations des hommes politiques s’inscrivent bien dans cette thèse.
Une fois l’accord conclu, le président a assuré que les soldats qui se dirigeaient sur son ordre vers la capitale ne devaient que faire respecter l’ordre public lors d’un match de football et des festivités municipales.
"Je n’ai donné aucun autre ordre", a-t-il assuré dimanche, selon le quotidien Ukraïnska Pravda.
Ces déclarations contredisent un communiqué de la présidence publié la veille, selon lequel ces troupes devait notamment "protéger" "le parquet et la Cour constitutionnelle", dont les deux camps se disputaient le contrôle.
Si la répétition des conflits politiques en Ukraine est incontestable, la violence est pratiquement exclue, estiment les analystes à l’unanimité.
Les hommes en uniforme ont montré qu’ils ne considèrent pas cette guerre comme la leur et il est difficile de les impliquer dans un conflit.
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