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Azerbaïdjan

Le président russe Poutine propose à George W. Bush un radar Azerbaïdjanais


Le 7 juin 2007, au sommet du G8, le président russe Vladimir Poutine a proposé à son homologue américain George W. Bush de partager avec la Russie un radar d’alerte situé en Azerbaïdjan et de renoncer à son propre projet, un radar en République tchèque couplé avec une dizaine de missiles intercepteurs en Pologne.

L’Otan a achevé en juin 2006 une étude de 10.000 pages sur la "faisabilité" d’un système antimissile en Europe qui a conclu à l’existence d’une menace balistique et à la nécessité de protéger les populations, mais sans prendre de décision, étant donné la complexité et la cherté du projet.

Les ministres de la Défense de l’Otan ont donné leur approbation tacite jeudi à Bruxelles au projet de bouclier antimissile américain en Europe, qui va aller de l’avant bien que Moscou en ait réclamé la suspension en échange de sa coopération.

Les ministres de la Défense de l’Otan ont convenu d’avancer sur la question de la défense antimissile au sein de l’Otan, un important sujet transatlantique. Et de procéder à une évaluation des implications politiques et militaires du système antimissile américain" projeté en Pologne et en République tchèque.

Les résultats de cette évaluation sont attendus pour février 2008, afin d’être soumis aux dirigeants des pays de l’Alliance atlantique lors de leur prochain sommet en avril à Bucarest.

Durant le Conseil Otan-Russie qui s’est tenu ensuite, leur homologue russe Anatoli Serdioukov, qui y participait pour la première fois, a répété les arguments de Moscou, mais en vain.

Le 7 juin, au sommet du G8, le président russe Vladimir Poutine a proposé à son homologue américain George W. Bush de partager avec la Russie un radar d’alerte situé en Azerbaïdjan et de renoncer à son propre projet, un radar en République tchèque couplé avec une dizaine de missiles intercepteurs en Pologne. Selon un responsable de l’Alliance, aucun ministre n’a suggéré de "geler" le projet américain comme le réclame Moscou en attendant que son offre ait une réponse.

La Russie considére comme un geste inamical le déploiement d’un système antimissile stratégique près de la frontière russe. La décision américaine contribue à détruire le système de sécurité actuel, créant de nouvelles divisions sur le continent européen.

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a dit de son côté que les experts comme convenu allaient examiner l’offre russe, mais que son pays n’en continuerait pas moins les négociations entamées en mai avec la Pologne et la République tchèque, selon le secrétaire général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer.

L’atmosphère de la réunion a été remarquablement calme et froide. Chacun s’est contenté de réitérer ses positions. Il n’y a pas eu d’échanges vifs de propos, mais pas non plus de progrès.

M. de Hoop Scheffer a renchéri : "Je ne pense pas que l’offre de Poutine va remplacer ou servir d’alternative aux négociations bilatérales avec la Pologne et la République tchèque".

L’intérêt du dispositif américain pour les pays européens de l’Otan est de réduire considérablement les coûts d’une défense antimissile, a souligné le secrétaire général adjoint de l’Alliance, John Colston, avant la réunion de jeudi.

L’Otan n’aura plus en effet qu’à financer un système "complémentaire" du bouclier américain, qui protègera la grande majorité d’entre eux.

Les quelques pays du flanc sud-est de l’Otan -Grèce, Bulgarie, Turquie et est de la Roumanie- non couverts par le bouclier américain pourront l’être par un autre système, à courte et moyenne portée, qu’étudiait initialement l’Otan pour la protection de ses troupes en campagne et qui doit être prêt vers 2010.

La Russie estime que les missiles iraniens ne représentent "aucune menace", déclare le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

"Nous ne voyons aucune sorte de menace de l’Iran", a dit le ministre russe, qui participait à une rencontre des cinq chefs de la diplomatie des pays riverains de la mer Caspienne. "Par conséquent, nous ne comprenons pas pourquoi, pour justifier l’installation d’un système américain de défense antimissile en Europe, il faut utiliser le prétexte d’une réelle menace iranienne".

La Russie a récemment appelé Washington à "geler" son projet d’extension de son bouclier antimissile à l’Europe, qui prévoit l’installation d’un radar en République tchèque et de missiles intercepteurs en Pologne.

Moscou estime que ce projet vise avant tout à étendre le bouclier américain à proximité des frontières russes. Les Etats-Unis ont insisté sur le fait que ce système visait à parer les menaces d’Etats comme l’Iran.

"Nous avons présenté de nombreuses études et avis de professionnels sur l’absence d’une telle menace" iranienne, a encore dit M. Lavrov. L’Iran dispose à ce jour de missiles d’une portée maximale annoncée par Téhéran de 2.000 km. Mais les Américains soupçonnent la République islamique de travailler sur des projets à plus longue portée.

M. Lavrov a rappelé l’offre faite par le président Vladimir Poutine de mettre à disposition du projet américain la station radar de Gabala, située en Azerbaïdjan et louée par la Russie.

"S’il y a une inquiétude du côté américain sur une telle menace (iranienne), elle peut-être effacée facilement, grâce aux informations en temps réel fournies par la station de radiolocation de Gabala", a dit le chef de la diplomatie russe.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a indiqué le 15 juin que le radar de Gabala pourrait à la rigueur compléter, mais pas remplacer, le dispositif américain.

Les ministres de la Défense russe Anatoly Serdioukov et azerbaïdjanais Safar Abiev ont confirmé mercredi depuis Bakou l’offre de mettre la station de Gabala au service du bouclier américain. La Russie serait prête à l’utiliser "aussi bien sur une base bilatérale que tripartite", selon un conseiller de M. Serdioukov, Ilchat Baïtchourine. Quant à l’Azerbaïdjan, il "a confirmé son accord pour que la station-radar soit utilisée conjointement par la Russie et les Etats unis (...) et un protocole a été signé dans ce sens", selon M. Abiev.

Les Etats-Unis arguent du danger que représente l’Iran en matière balistique, en raison de la poursuite de son programme nucléaire. Ils accusent la République islamique de chercher à se doter de l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que cette dernière dément.

Sergueï Lavrov avait estimé le 9 juin dernier que le projet américain pouvait "sérieusement compliquer les efforts" en vue d’un règlement de la crise nucléaire iranienne.

L’Iran fait l’objet de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU à cause de son refus de suspendre ses activités nucléaires sensibles.



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