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Russie
L’Américaine Condoleezza Rice a raté l’occasion de se taire
Réunion ministérielle du G8
La réunion des ministres des Affaires étrangères du G8, est destinée à préparer le volet politique du Sommet qui se déroulera du 6 au 8 juin à Heiligendamm. L’arrogance de Condoleezza Rice sur la plupart des questions clés à l’ordre du jour a empoisonné l’atmosphère de la réunion ministérielle qui s’est tenue mercredi à Potsdam.
Les réunions des ministres des Affaires étrangères du G8 se tiennent traditionnellement deux fois par an, avant le Sommet annuel et en septembre, en marge de la session de l’Assemblée générale des Nations unies. La réunion des ministres des Affaires étrangères du G8 qui s’est tenue mercredi à Potsdam, en Allemagne, est destinée à préparer le volet politique du Sommet qui se déroulera du 6 au 8 juin à Heiligendamm. Les chefs de la diplomatie russe et américain sont divisés sur le Kosovo et le bouclier antimissile américain en Europe.
Cette réunion a permis d’examiner des textes portant notamment sur la lutte contre le terrorisme et sur la non-prolifération, mais aussi d’évoquer les grands sujets de politique étrangère d’actualité : la situation au Darfour, au Liban, le Proche-Orient, les dossiers nucléaires iranien et nord-coréen, le Kosovo.
La conférence de presse finale de la réunion des ministres des Affaires étrangères des huit pays les plus industrialisés a tourné à l’affrontement, parfois souriant, parfois moins, entre la secrétaire d’Etat américaine et le ministre russe des Affaires étrangères.
Malgré les sourires de façade, les accusations ont volé entre M. Lavrov et Mme Rice. Lors de la conférence de presse finale, le Russe Sergueï Lavrov a d’emblée accusé les Etats-Unis de relancer la "course aux armements" avec leur projet de bouclier antimissile, qui prévoit dix missiles intercepteurs en Pologne et un radar ultra-perfectionné en République tchèque.
Interrogé sur les propos de la secrétaire d’Etat américaine, qui a de nouveau qualifié de "ridicules" mardi les craintes de la Russie au sujet du projet américain de bouclier antimissiles en Europe, le chef de la diplomatie russe a estimé qu’"il n’y a rien de ridicule à propos de ce dossier, car la course aux armements recommence".
"Ce que (les Américains) disent, c’est +Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas dirigé contre vous+, mais notre analyse est que de telles réponses sont ridicules", a ajouté M. Lavrov.
Mme Rice a répété que ces craintes étaient infondées, soulignant la capacité militaire limitée du bouclier antimissiles prévu.
Faisant allusion à des affirmations russes selon lesquelles le nouveau missile intercontinental russe testé mardi avec succès serait capable de percer n’importe quel système de défense antimissiles, elle a conclu : "nous sommes bien d’accord".
"Personne ne le discutera", a lancé M. Lavrov, reprenant le micro à la surprise générale.
L’impression laissée par la secrétaire d’Etat américaine était si mauvaise que Mme Rice a demandé à reprendre la parole à la fin de la conférence de presse, pour rappeler que la Maison Blanche venait à peine d’annoncer que les présidents américain et russe, George W. Bush et Vladimir Poutine, se rencontreraient les 1er et 2 juillet aux Etats-Unis. "Pour donner une chance (aux deux pays) de détendre l’atmosphère", a-t-elle souligné.
Elle a tenté une provocation en mettant M. Lavrov au défi de prononcer correctement le lieu de cette rencontre, Kennebunkport, site de la résidence familiale de la famille Bush dans le Maine (nord-est). Mais il est tombé à plat : M. Lavrov, qui maîtrise parfaitement l’anglais, a prononcé le mot à la perfection, non sans avoir remarqué qu’ils discuteraient de "tous leurs sujets de désaccord".
Des divergences sont apparues à nouveau en soirée à Berlin, au cours d’une conférence de presse du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, UE et ONU).
M. Lavrov a mis en garde contre les risques de "déstabilisation" au Liban après l’accélération des envois d’armes américaines à l’armée libanaise. Mme Rice, visiblement agacée, a répliqué que les Etats-Unis se conformaient à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelle au renforcement des capacités de l’armée libanaise.
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