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2004

Relations économiques franco-russe

Paris - Moscou, janvier 2004

Le Sommet de l’année dernière de Saint-Pétersbourg a marqué une étape considérable dans les relations entre l’Union européenne et la Russie. Nous souhaitons faciliter les relations entre l’Europe et la Russie. Et vous savez que sur un plan bilatéral, Moscou et Paris travaillent directement ensemble pour essayer d’identifier justement le moyen d’aller plus vite. Qu’il s’agisse des « chercheurs », qu’il s’agisse des hommes d’affaires, qu’il s’agisse des étudiants, nous voulons faciliter les relations entre la Russie et la France, entre la Russie et l’Europe.

VISITE EN RUSSIE - ENTRETIEN DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES, M. DOMINIQUE DE VILLEPIN, AVEC « NTV »

Les relations entre la Russie et la France sont très anciennes et fondées sur l’Histoire. Ce sont des relations aussi fondées sur la confiance. Il y a un dynamisme de la relation politique : multiplication des entretiens au plus haut niveau entre le président Poutine et le président Chirac, entre Igor Ivanov et moi-même, entre l’ensemble des ministres. Nous avons un conseil de coopération sur les questions de sécurité, qui est un outil pour évoquer l’ensemble des grands problèmes de sécurité et d’intérêt national russe et français. Nous avons aussi une relation marquée par la volonté, regardez nos relations économiques : je rencontrais ce matin les grands industriels français implantés en Russie. Les perspectives d’échanges, qu’il s’agisse de l’industrie, du commerce, des services, dans tous les domaines font des progrès tout à fait considérables. Et sur le plan diplomatique, nous multiplions aussi les actions en commun. Qu’il s’agisse des grandes crises : l’Irak, le Proche-Orient, qu’il s’agisse des grands défis : le terrorisme, les questions de prolifération, il y a une volonté de la Russie et de la France de travailler ensemble. Nous coopérons dans le domaine aéronautique, dans le domaine spatial, pensez à Soyouz, dans le domaine du développement scientifique et technique, dans les domaines universitaire et culturel. Vous voyez les très nombreux champs de coopération privilégiés qui existent aujourd’hui entre nos deux pays. Oui, il y a bien une ambition entre la Russie et la France. A l’heure de l’élargissement - dix nouveaux entrants dans l’Union européenne - bien sûr, cette volonté de rapprochement entre l’Union européenne et la Russie, prend un nouveau sens. Il est d’autant plus important de rapprocher les points de vue, de resserrer les liens et c’est pourquoi nous voulons relever ce défi, qu’il s’agisse de la libre circulation entre l’Union européenne et la Russie, qu’il s’agisse de la concertation sur les grands dossiers diplomatiques ou de l’action commune sur un certain nombre de crises, qu’il s’agisse d’initiatives que nous pouvons prendre ensemble, Europe et Russie.

Q - Dans quel domaine vous êtes, disons, le moins satisfait. Qu’est-ce que vous voudriez améliorer si évidemment certaines choses ne sont pas suffisamment peaufinées ?

R - Vous savez, nous vivons dans un monde marqué par l’instabilité, marqué par l’imprévisibilité, par l’inquiétude et le danger. On le voit face à la menace terroriste, face au danger de la prolifération, à la montée des crises régionales. Et notre monde est non seulement frappé par l’urgence mais l’est également par l’interdépendance. Toutes les crises sont reliées entre elles. Et il y a donc une profonde solidarité qui existe aujourd’hui entre la France et la Russie et qui justifie notre effort pour l’unité de la communauté internationale. Pour être efficaces, il faut être unis. Pour être unis, il faut être légitimes. Et donc, il y a véritablement une volonté de travailler ensemble aujourd’hui dans tous les domaines.

Q - Quels sont vos principaux entretiens avec votre collègue russe ?

R - Nous avons abordé l’ensemble des questions bilatérales qui nous concernent. Nous avons un grand nombre d’échanges qui sont prévus pour l’année 2004 dans tous les domaines : coopération politique, économique, culturelle. Il y a aussi, bien sûr, les sujets d’intérêts communs, les grandes échéances. Nous avons, sur l’Irak, une situation difficile, un processus politique. Nous partageons la même conviction de la nécessité d’une conférence internationale en Irak qui devrait se dérouler, dès lors qu’il y aurait un gouvernement irakien souverain au 1er juillet de cette année. Nous partageons la conviction également de la nécessité d’initiatives sur le Proche Orient. C’est une crise majeure. Nous avons besoin de redonner vie au Processus de paix, à la Feuille de route, et pour cela, les Russes et les Français veulent se mobiliser. Dans d’autres domaines, la prolifération par exemple, sur la crise iranienne, nous voulons agir ensemble pour essayer justement d’avancer dans le même but. Donc, vous le voyez, quels que soient les sujets, il y a une volonté commune du côté de la Russie et de la France de lever les obstacles. Je pense qu’entre nos deux pays, il y a aujourd’hui une unité de conviction, une confiance très forte, le sentiment qu’ensemble nous pouvons véritablement faire bouger les choses.

Q - La libre circulation des personnes entre l’Union européenne et la Russie est-elle dans vos perspectives ?

R - Tout à fait. Et je crois que c’est véritablement à cela que nous devons travailler. Le Sommet de l’année dernière de Saint-Pétersbourg a marqué une étape considérable dans les relations entre l’Union européenne et la Russie. Nous souhaitons faciliter les relations entre l’Europe et la Russie. Et vous savez que sur un plan bilatéral, Moscou et Paris travaillent directement ensemble pour essayer d’identifier justement le moyen d’aller plus vite. Qu’il s’agisse des « chercheurs », qu’il s’agisse des hommes d’affaires, qu’il s’agisse des étudiants, nous voulons faciliter les relations entre la Russie et la France, entre la Russie et l’Europe. Il faut, bien sûr, que ce travail puisse se faire dans de bonnes conditions, étape par étape, mais c’est bien l’ambition commune que nous avons de faciliter la libre circulation, de faire en sorte que le rapprochement des hommes, des femmes, de l’ensemble de nos deux communautés puissent nous permettre de bâtir un nouvel esprit de l’Europe, un nouvel esprit du continent.

Q - Pour le citoyen lambda, comment cela va-t-il se passer ?

R - Justement, c’est la nécessité d’avancer, d’ouvrir la voie et je crois qu’il est important de marquer l’ambition d’avoir un certain nombre d’étapes : concernant les étudiants, les « chercheurs », les hommes d’affaires. Ces étapes permettent justement d’avancer et à partir de là, je suis convaincu que notre objectif d’ouverture entre nos deux mondes, entre l’Europe, la Russie, permettra justement de lever l’ensemble des obstacles.

Moscou, 23 janvier 2004


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