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2004

M. Dominique De Villepin à Moscou

Paris- Moscou, janvier 2004

Normandie-Niemen est chez nous un mythe formidable. C’est un exemple, un moment très fort de notre histoire partagée. Et chaque Français éprouve chaque fois que l’on prononce ce nom, « Normandie-Niemen », une formidable émotion. Donc je veux vous dire que rien n’arrêtera notre volonté et le développement de l’ensemble de ces cérémonies. A titre personnel, je voudrais vous dire que, quand j’ai visité - et Igor Ivanov était là - l’exposition qui a été consacrée ici à Moscou au général de Gaulle, il y avait les derniers représentants de cette escadrille, et je peux vous dire que, pour tous ceux qui étaient présents, c’était véritablement au cœur de l’amitié profonde qui existe entre le peuple russe et le peuple français.

VISITE EN RUSSIE - INTERVENTION DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES, M. DOMINIQUE DE VILLEPIN, AU MGIMO

REPONSES AUX QUESTIONS

Q - (Question sur l’Irak et la position de la France.)

R - Je crois que de ce point de vue nous partageons la même conviction et la même approche que nos amis russes. Il y a aujourd’hui une priorité pour l’Irak : c’est la situation de vide politique de ce pays. Face à ce vide, on peut, bien sûr, se concentrer sur une logique sécuritaire. Nous savons, et je l’ai dit, la logique sécuritaire seule ne permettra pas de rétablir la stabilité en Irak. Il est donc nécessaire aujourd’hui de construire un processus politique ; la priorité est bien là. Ce processus politique a été éclairé par la résolution 1511 des Nations unies et par un accord conclu entre les forces de la coalition et le Conseil de gouvernement intérimaire irakien le 15 novembre. Nous aurions souhaité un processus de retour à la souveraineté plus rapide, mais enfin voilà comment les choses vont s’organiser et il faut maintenant travailler dans ce sens pour que, le 30 juin, l’Irak puisse avoir un gouvernement responsable, indépendant et que la souveraineté du pays puisse être rétablie. La France, d’ores et déjà, se mobilise pour apporter son appui à la reconstruction. Dans le domaine de la sécurité, nous avons proposé d’apporter notre concours dans le domaine de la formation des forces de sécurité, de police et de gendarmerie et nous souhaitons le faire en réponse à un gouvernement souverain. C’est pour cela que nous avons dit que nous souhaitions attendre cette échéance du 30 juin d’un gouvernement souverain pour savoir quelles seront les demandes effectives. Nous verrons alors comment ce gouvernement irakien entend résoudre les difficultés dans le domaine de la sécurité, comment il voit l’organisation des choses. Et puisque nous sommes tous conscients de l’importance de cet élément sécuritaire, nous avons proposé, et nos amis russes avaient fait cette proposition au préalable, - nous avons pu réfléchir aussi de notre côté et je crois que nos préoccupations se rejoignent - que, passée cette échéance du 30 juin, une conférence internationale soit organisée. Celle-ci pourrait justement affirmer la place de l’Irak dans la région, insérer l’Irak de façon stable dans la région. Vous savez que c’est un problème qui s’est posé depuis de longues décennies et nous avons la conviction qu’il faut réfléchir en particulier à l’architecture de sécurité régionale, poser la question des frontières, de la reconnaissance des frontières, poser la question de la lutte contre le terrorisme et la prolifération. Tout ceci ne peut se faire qu’avec l’ensemble des pays de la communauté régionale mobilisée et avec le soutien de la communauté internationale. Donc, vous le voyez bien, la priorité pour nous, c’est la reconnaissance de la souveraineté irakienne. Quant à la sécurité, nous sommes prêts à apporter notre contribution, une fois ce gouvernement irakien mis en place et en réponse, une fois de plus, aux demandes de ce gouvernement.

Q - (Question sur les conséquences pour la politique étrangère française du projet de loi sur la laïcité à l’école.)

R - Merci de me poser cette question parce que je crois qu’il est très important, sur une question comme celle-ci, d’expliquer, de lever les éventuelles incompréhensions et les malentendus. Et je suis heureux de le faire ici, à Moscou, comme j’ai pu le faire hier dans les Etats du Golfe, comme je peux le faire aussi quand la question m’est posée en France. Je n’ai qu’un langage, qu’une parole. Quelle est cette parole ? Il y a une tradition française, très importante, qui est celle de la laïcité. Ce n’est pas toujours facile à comprendre ailleurs, mais nous avons une histoire, une histoire compliquée, marquée par des divisions, des difficultés, et ce principe de laïcité a véritablement constitué le ferment de notre République. Ce ferment de notre République, c’est en quelque sorte, à travers la laïcité, la garantie de la neutralité, la garantie de la tolérance et du respect des religions en France. Ce principe de laïcité est réaffirmé par le projet de loi qui est en préparation et il ne vise aucune religion, bien évidemment, il vise la réaffirmation de ce principe. Et je l’ai expliqué clairement, quand j’étais dans le Golfe : à aucun moment il ne s’agit de viser l’islam ou toute autre religion. Il s’agit d’assurer la défense d’un principe dans l’esprit d’ouverture, l’esprit de tolérance vis-à-vis de l’ensemble des religions. C’est bien ce qui nous mobilise. Et nous voulons véritablement nous assurer que notre objectif, qui, une fois de plus, part de l’expérience française, d’une histoire française, d’une tradition française, n’est pas mal compris par certains, qu’on ne vise personne. Il s’inscrit dans un domaine très spécifique, parce qu’il faut le préciser là encore, il s’agit bien d’un projet de loi qui vise l’école publique, il ne s’agit pas de prendre une quelconque mesure d’interdiction. Certains ont pu croire qu’il s’agissait d’interdire, par exemple, le port du voile en France. Pas du tout ! Il s’agit, dans le cadre de l’école publique, dans le respect de chacun, dans le respect de la religion de chacun, d’affirmer ce principe de laïcité, si important dans l’esprit et la tradition français.

Q - (Question sur le Proche-Orient.)

R - C’est un sujet difficile et c’est peut-être celui sur lequel, avec mon ami Igor Ivanov, nous avons au fil des dernières années le plus réfléchi. Parce que nous avons une conviction solidement ancrée, je le vérifie à chaque voyage au Moyen-Orient et encore récemment avec les Etats du Golfe : la première préoccupation au Moyen-Orient, c’est l’avenir du Processus de paix, c’est savoir comment nous pouvons ensemble faire la paix au Proche-Orient entre Israël et l’ensemble de ses voisins. Et le travail que nous avons fait ensemble dans le cadre du Quartet avec nos amis russes nous a convaincus que la seule solution, c’est la création d’un Etat palestinien, et donc deux Etats capables de vivre en paix et en sécurité, côte à côte, sur la base des frontières de 1967. Cette conviction, évidemment, a été reprise par la Feuille de route qui fait l’unanimité de la communauté internationale, et est acceptée par les deux parties. Et cela a été éclairé par les accords de Genève qui sont venus montrer, quel que soit le sentiment qu’on puisse avoir sur ces accords, qu’on pouvait s’attaquer aux questions parmi les plus difficiles et qui avaient été laissées de côté par la Feuille de route jusqu’à la fin du Processus. Je pense à des questions comme le statut de Jérusalem, le droit au retour, qui montrent bien qu’il y avait là un chemin pour la communauté internationale. Alors aujourd’hui, et c’est ce qui nous inquiète, on entend parler de solution unilatérale, on entend parler d’Etat binational, on entend parler de la construction du mur. Tout ceci nous éloigne des perspectives de paix et ne peut qu’aviver les tensions, nourrir la violence et le terrorisme. Nous devons donc une nouvelle fois nous mobiliser aujourd’hui même avec Igor Ivanov. Ce sera bien sûr un des sujets que nous aurons l’occasion d’aborder parce que nous avons une conviction : nous devons être en initiative. Et nous savons, l’histoire encore récente nous a instruits, que personne ne peut faire seul la paix au Proche-Orient pas plus qu’ailleurs, en Irak notamment. Il faut que ce soit tous ensemble que nous puissions ouvrir le chemin. Donc, travailler ensemble à la Feuille de route, ce qui implique que nous trouvions des mécanismes nous permettant de rentrer dans cette Feuille de route, parce que ce que nous avons constaté au cours des dernières années, c’est en permanence la logique des préalables : du côté israélien, il faut bien évidemment l’arrêt immédiat et complet des violences avant de pouvoir bouger ; du côté palestinien, on accepte, bien évidemment, la logique du cessez-le-feu, mais on veut le retrait immédiat des territoires, le gel de la colonisation. Il y a là une logique qui conduit parfois à un dialogue de sourds. Il est donc important que la détermination des deux parties et de la communauté internationale nous permette d’avancer pas à pas sans laisser les terroristes dicter leur loi. Le paradoxe de la situation du Proche-Orient ou d’une manière générale de la scène internationale, c’est que faute de mouvement suffisant, faute de conviction suffisante, la communauté internationale est prise en otage par les terroristes qui sont susceptibles d’interrompre les processus que nous voulons engager. Il faut donc que nous soyons plus forts, et il faut que les deux parties, Israël et la Palestine, puissent trouver la force suffisante pour avancer. Si les Palestiniens voient que leur vie quotidienne change - le retrait des territoires, l’arrêt de la construction du mur, le gel de la colonisation - ils seront de plus en plus nombreux à soutenir le Processus de paix et nous sortiront de la logique d’affrontement. Si les Israéliens voient que la sécurité s’améliore, qu’ils peuvent reprendre une vie normale, ils seront de plus en plus nombreux à soutenir la perspective de création d’un Etat palestinien. Donc je crois que notre responsabilité est fortement engagée, nous Européens, Russes, avec les Américains, nous ne pouvons pas nous permettre pendant plusieurs mois, de laisser la situation au Proche-Orient en l’état. Il faut prendre des initiatives, il faut agir. Igor Ivanov a rencontré il y a quelques jours, comme moi-même, le ministre des Affaires étrangères palestinien Nabil Chaath, nous avons donc des dialogues nourris avec l’ensemble des parties, nous devons essayer une nouvelle fois d’avancer dans ce Processus de paix.

Q - (Question sur la comparaison entre la dénonciation des violations en Tchétchénie et le « silence » sur la situation des russophones dans les Etats baltes.)

R - Pour la France, comme pour l’Union européenne, vous le savez, c’est vrai en Europe, c’est vrai au Moyen-Orient, c’est vrai partout : la justice n’est pas divisible. Pas plus la justice que les Droits de l’Homme. Notre conviction, c’est que nous devons partout faire progresser la justice, la démocratie et les Droits de l’Homme. Notre conviction aussi, c’est que pour les faire progresser, nous avons un outil formidable. Depuis la chute du mur de Berlin, depuis l’effondrement du bloc soviétique, nous voyons la progression partout de la démocratie. Nous voyons la chance que cela constitue pour la communauté internationale. Notre conviction, c’est que la chance unique aujourd’hui de la communauté internationale, c’est son unité, la capacité que nous avons de dialoguer les uns avec les autres, de nous mettre autour d’une table et d’essayer de régler les problèmes. Je pense que c’est tout le sens de ce que nous voulons faire dans l’Union européenne, tout le sens de ce dialogue privilégié, de ce partenariat privilégié que nous voulons avoir avec la Russie. Nous croyons que pour évoluer dans le bon sens, le monde ne doit céder ni à la tentation de la force, ni à la tentation de la peur, ni à la tentation de l’indifférence. Et ce sont justement la mobilisation des opinions publiques, la mobilisation de chacun de nos Etats pour engager ce dialogue, pour faire avancer les choses, pour trouver des solutions, qui permettront de régler l’ensemble de ces questions. Je crois qu’il faut estimer à sa juste mesure cette capacité véritablement révolutionnaire qu’a la politique, qu’a la diplomatie, de franchir un pas dans ce sens, parce qu’il y a une conscience commune. Et ce que vous exprimez, c’est la conscience d’une communauté nationale, c’est aussi la conscience d’une communauté internationale qui veut aller dans le même sens. Pendant très longtemps, le royaume international n’était pas régi selon les mêmes règles que la loi des Etats ; il y avait des Etats-nations et, entre les Etats-nations, la jungle. Eh bien, dans des conditions difficiles, tout au long du XXe siècle, avec d’abord de façon balbutiante la Société des Nations, puis, après la Seconde Guerre mondiale, avec la création des Nations unies, nous sommes en train de bâtir un ordre international. Il permettra de répondre à tous ces problèmes qui se situent entre les Etats, mais qui dépassent les Etats. J’ai mentionné les problèmes de l’environnement, les problèmes de la solidarité, les problèmes de justice, les problèmes de minorités que vous évoquez. Pour pouvoir traiter toutes ces questions dans de bonnes conditions, il faut multiplier les passerelles entre les Etats et il faut une capacité à l’échelle mondiale, dans le cadre d’une véritable démocratie mondiale. On bâtit la démocratie à l’échelon des Etats. Pourquoi ne serait-on pas capables, et c’est le défi que nous voulons relever à l’échelle de l’Union européenne, de faire une démocratie européenne ? Pourquoi ne serions-nous pas capables d’avancer vers une démocratie mondiale ? Eh bien, dans le cadre de cette gouvernance mondiale, des Nations unies, nous devons multiplier les organisations qui seront capables de faciliter ce dialogue. Il y a, à l’échelle de l’Europe toute entière, des organisations vigilantes sur ces questions : l’OSCE, par exemple. Il faut multiplier les passerelles, multiplier les occasions de dialogue et, puisque nous parlons de l’élargissement, au moment où l’Europe s’élargit, nous avons, nous, l’ambition, dans le même temps, de multiplier et d’intensifier les relations avec la Russie, parce que c’est le même objectif de paix, de stabilité, d’un développement pour l’ensemble d’entre nous. Ce n’est pas l’un contre l’autre, c’est l’un avec l’autre.

Q - (Question sur la coopération en matière d’interventions humanitaires.)

R - C’est un des grands sujets que nous voyons compte tenu de la multiplication de ces problèmes humanitaires. Nous pensons à des catastrophes naturelles - le tremblement de terre de Bam en Iran récemment est venu nous le rappeler - nous pensons à des catastrophes humanitaires liées à des déplacements de populations, à des conflits que nous voyons tous les jours, en Afrique... Je crois que c’est un des domaines les plus importants aujourd’hui des relations internationales. Je parlais de l’émergence d’une conscience internationale, de l’émergence d’une communauté internationale consciente véritablement des enjeux et des problèmes. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, les Etats n’ont pas vocation uniquement à s’entendre entre eux dans les chapelles diplomatiques. Nous avons vocation, en liaison avec des peuples qui y aspirent, à ce que nous jouions pleinement notre rôle de responsabilité, de conscience. Et sur ce sujet, vous avez raison, il y a beaucoup à faire. On a vu les progrès, par exemple, de la réflexion autour du droit d’ingérence humanitaire, qui dans certaines situations d’imminence de crises et de catastrophes peut justifier que nous nous mobilisions. Je crois que, entre la France et la Russie, entre l’Union européenne et la Russie, face à de nombreuses menaces qui pourraient apparaître dans ce domaine humanitaire, dans l’espace européen, voilà, effectivement, un domaine privilégié qui permettrait de marquer notre communauté de pensée, notre communauté d’esprit, notre communauté de culture. C’est véritablement l’expression d’une solidarité vis-à-vis de peuples amis, de peuples en difficulté, de populations à un moment donné dans la souffrance, et je crois que, compte tenu de ce qu’est le peuple russe, compte tenu de ce qu’ont traversé aussi les peuples européens, il y a certainement une solidarité très forte qui pourrait s’exprimer. Et je crois qu’à travers nos jeunesses nous aurions là véritablement une très forte capacité, une très grande aspiration à travailler ensemble. Je crois que c’est effectivement un domaine où nous pourrions faire très vite de grands progrès.

Q - (Question sur l’incidence de l’affaire Noga sur la célébration du régiment Normandie-Niemen.)

R - Rien ne permet jamais d’interdire les mythes. Normandie-Niemen est chez nous un mythe formidable. C’est un exemple, un moment très fort de notre histoire partagée. Et chaque Français éprouve chaque fois que l’on prononce ce nom, « Normandie-Niemen », une formidable émotion. Donc je veux vous dire que rien n’arrêtera notre volonté et le développement de l’ensemble de ces cérémonies. A titre personnel, je voudrais vous dire que, quand j’ai visité - et Igor Ivanov était là - l’exposition qui a été consacrée ici à Moscou au général de Gaulle, il y avait les derniers représentants de cette escadrille, et je peux vous dire que, pour tous ceux qui étaient présents, c’était véritablement au cœur de l’amitié profonde qui existe entre le peuple russe et le peuple français.

Q - (Question sur la crise nord-coréenne.)

R - Igor Ivanov serait beaucoup mieux placé que moi pour vous dire tout cela et nous avons souvent eu l’occasion d’en parler. C’est une crise très importante et c’est véritablement un enjeu de prolifération essentiel. Vous savez que nous sommes tous mobilisés sur ces questions. Voilà encore un exemple sur la scène internationale de la nécessité de mobiliser d’abord les pays qui sont le mieux à même de faire face aux difficultés et voilà donc cinq pays dont deux pays voisins : la Corée du Sud, le Japon, la Chine, la Russie et les Etats-Unis, qui ensemble s’efforcent de faire avancer le règlement de la crise, à travers le dialogue, à travers la voie diplomatique, avec la Corée du Nord. C’est essentiel pour la stabilité de l’ensemble de la péninsule et nous savons tous l’inquiétude qui existe à travers ce dossier. Je suis convaincu que, dans le cadre de ces cinq pays plus la Corée du Nord, les progrès qui sont faits sont susceptibles de permettre véritablement l’arrangement que nous espérons tous. Tout ceci ne peut se faire bien sûr qu’avec la même satisfaction des obligations internationales de la Corée du Nord. Il y a des principes auxquels nous sommes attachés, si nous voulons plus de stabilité dans ces domaines si importants de la prolifération. Il est important que les engagements de tous soient pris et respectés. Donc, je crois que ce qui a été fait au cours des derniers mois et qui continue d’être fait, les prochains rendez-vous qui sont d’ores et déjà prévus, doivent permettre de surmonter les difficultés. Vous savez qu’il existe d’autres outils, d’autres possibilités, dans le cadre des Nations unies, mais nous pensons qu’il faut privilégier, à ce stade, la voie de la coopération entre les Etats mobilisés de la région.

(Moscou, 23 janvier 2004)


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