L’ouverture d’une gigantesque mine de cuivre en Arménie
L’exploitation du gisement de cuivre et de molybdène situé dans la région de Lori, près de la frontière avec la Géorgie, a été interdite en 1970 pour ’raisons environnementales’.
Alors que les prix du cuivre grimpent sur les marchés internationaux, le projet a refait surface et a reçu cette année l’aval du ministère de l’Environnement. L’exploitation doit commencer dans les trois prochaines années.
La colère gronde chez les écologistes, selon qui l’extraction prévue à ciel ouvert va détruire des hectares de forêt et décimer la population animale. Mais pour ceux qui vivent dans la région, le souci du pain quotidien renvoie bien en arrière les préoccupations écologistes.
Mais oui, des habitants de Tegout (nord) sont favorables à l’ouverture d’une gigantesque mine de cuivre au grand dam des écologistes. Si de nouveaux emplois ne sont pas créés, dans cinq ans nos villages seront dévastés, il ne restera plus que des vieillards. Comme partout en Arménie, des milliers de résidents locaux ont quitté la région ces dernières années pour chercher du travail ailleurs, certains à Erevan, la capitale, d’autres en Russie.
L’économie arménienne, pauvre en ressources naturelles, souffre par ailleurs de l’embargo imposé par ses voisins, l’Azerbaïdjan à cause de sa région séparatiste du Nagorny Karabakh, contrôlée par les Arméniens, et la Turquie, sur fond d’un différend sur les massacres d’Arméniens sous l’empire ottoman.
Le chômage est très important et plus de 30% d’Arméniens sur une population de trois millions d’habitants vivent avec moins de deux dollars (1,5 euros) par jour.
La compagnie qui exploitera la mine, Armenian Copper Program (ACP), dirigée par l’homme d’affaires russo-arménien Valéri Medjloumian, promet 1.400 nouveaux emplois. ACP espère apporter ainsi trois points de croissance supplémentaire à l’économie nationale.
Les réserves estimées de Tegout s’élèvent à 1,6 million de tonnes de cuivre utilisé dans la plomberie et les fils électriques et 99.000 tonnes de molybdène, métal blanc argenté utilisé dans les alliages pour renforcer l’acier.
ACP a obtenu en 2001 une licence d’exploitation pour 25 ans et cette année le ministère de l’Environnement a approuvé son programme de développement. Celui-ci prévoit l’exploitation du gisement à ciel ouvert ce qui nécessitera d’enlever la couche supérieure du sol, une méthode beaucoup plus nuisible pour l’environnement mais beaucoup moins onéreuse que celle consistant à creuser des tunnels pour arriver au minerai.
Selon les écologistes, 357 hectares de forêt et 128.000 arbres vont ainsi disparaître. L’équilibre écologique sera brisé. Selon l’ONG Association socio-écologique, des dizaines d’espèces de la flore et de la faune dont 21 de mammifères, 11 de poissons et neuf d’arbres seront menacés par les activités de la mine.
Il y aura aussi des dangers pour la santé des habitants, des allergies et des maladies pulmonaires à cause de la poussière.
Les vestiges architecturaux datant de l’âge de Bronze (IIIe et IVe avant JC) situés dans cette zone pourraient également être endommagés ou détruits.
Le gouvernement assure que tout sera fait pour minimiser les risques environnementaux. Mais le directeur d’ACP Gaguik Arzoumanian admet que les dommages écologiques pourraient être considérables. "C’est un prix à payer pour le développement économique du pays", martèle-t-il.
2007 © Tous droits réservés - Slavika.com
|
Pour en savoir plus,
visitez la librairie
SLAVIKA! |
Les derniers articles publiés :
|