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2005

La Libération de Ravensbrück, le camp de concentration pour femmes, par l’Armée rouge

Le 30 avril 1945 - 2005

Le 30 avril 1945, l’Armée Rouge libérait les quelques 3000 malades laissées sur place. La libération ne put mettre un terme à la souffrance de tous, femmes, hommes et enfants ; nombreux furent ceux qui moururent dans les semaines qui suivirent la libération. Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui encore, souffrent des séquelles de l’internement concentrationnaire.

Le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück C’est aux abords de l’ancien centre de cure au grand air mecklenbourgeois de Fürstenberg, dans le village prussien de Ravensbrück, que la SS fit construire à partir du mois de novembre 1938, en partie par des détenus du camp de concentration de Sachsenhausen, le camp de con­centration pour femmes de Ravensbrück, seul grand camp de concentration sur le territoire allemand destiné à la « détention préventive » des femmes. Les 1 000 premières détenues furent transférées au printemps 1939 du camp de Lichtenburg à celui de Ravensbrück, auquel un camp pour hom­mes fut accolé au mois d’avril 1941. Un camp de concentration pour ado­lescents fut construit à partir de l’été 1942 à proximité immédiate de Ravensbrück : Uckermark. Le camp pour femmes lui-même fut constamment agrandi, accueillant de plus en plus de baraques, ainsi qu’une « cour d’industrie » comprenant des centres de production pour les activités traditionnellement réservées aux femmes. L’entreprise Siemens & Halske fit construire aux abords du camp 20 halls de production, dans lesquels les détenues étaient contraintes de travailler. Au cours de la guerre, plus de 70 camps annexes vinrent s’agréger au « camp-mère » de Ravensbrück, répartis sur l’ensemble du Reich. Les femmes y étaient essentiellement exploitées au profit de l’industrie de guerre.

Entre 1939 et 1945,132 000 femmes et enfants, 20 000 hommes et 1000 adolescentes du « camp de protection pour jeunes » d’Uckermark y furent enregistrés comme détenus. Les hommes et les femmes déportés à Ravensbrück provenaient de 40 nations différentes ; parmi eux se trouvai­ent également des juifs et des Sinti et Roma. Des dizaines de milliers furent assassinés, moururent de faim, de maladies ou furent victimes des expérimentations médicales. Après la construction d’une chambre à gaz à la fin de l’année 1944, les SS firent gazer entre 5 000 et 6 000 détenus à Ravensbrück. En outre, de nombreuses femmes, surtout des juives, furent victimes de l’action spéciale « 14 f 13 pour la destruction des vies inutiles » ou assassinées par injection de Phénol.

Peu de temps avant la fin de la guerre, près de 7 000 détenues avaient pu être transportées en Suisse et en Suède, et ce grâce à l’aide de la Croix-Rouge Internationale, Suédoise et Danoise. Les SS entraînèrent sur les « routes de la mort » des dizaines de milliers de femmes restées dans le camp en direction du Nord-Ouest. Le 30 avril 1945, l’Armée Rouge libérait les quelques 3 000 malades laissées sur place. La libération ne put mettre un terme à la souffrance de tous, femmes, hommes et enfants ; nombreux furent ceux qui moururent dans les semaines qui suivirent la libération. Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui encore, souffrent des séquelles de l’internement concentrationnaire.


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