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Russie

Sarkozy et Poutine ont eu des entretiens approfondis, francs et chaleureux ?...

Moscou, 10 octobre 2007
La Russie est un acteur majeur. La Russie est un pays fort. La Russie est un pays fort qui a des responsabilités internationales, elle veut les assumer. Cet engagement est positif pour la stabilité du monde. C’est la raison pour laquelle nous avons parlé de tous les grands dossiers.

DEPLACEMENT EN RUSSIE

CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, M. NICOLAS SARKOZY, ET DU PRESIDENT DE LA FEDERATION DE RUSSIE, M. VLADIMIR POUTINE

PROPOS DE M. SARKOZY

(Moscou, 10 octobre 2007)

(…)

Merci Monsieur le Président, cher Vladimir.

Nous avons eu des entretiens approfondis, francs et chaleureux. La France veut être un partenaire privilégié de la Russie. J’ai senti la même volonté de la part de nos amis russes. J’ai ailleurs adressé deux invitations : une invitation au futur Président russe pour le lancement de Soyouz à Kourou à la fin de l’année prochaine et puis j’ai dit à Vladimir que je serais très heureux qu’il soit mon invité en France pour son premier voyage après sa présidence. Je crois pouvoir dire qu’il a accepté.

La Russie est un acteur majeur. La Russie est un pays fort. La Russie est un pays fort qui a des responsabilités internationales, elle veut les assumer. Cet engagement est positif pour la stabilité du monde. C’est la raison pour laquelle nous avons parlé de tous les grands dossiers. Sur l’Iran, nous avons parlé de façon approfondie et j’étais heureux d’entendre l’analyse de Vladimir Poutine quelques jours avant son voyage à Téhéran. J’ai le sentiment que nos positions marquent une certaine convergence. Le Kosovo, où il est très important que l’Europe reste unie et que la discussion reste ouverte avec nos amis russes. Sur cette question qui est d’abord une affaire européenne et sur laquelle nous cherchons absolument à trouver une solution qui n’humilie personne, sur la Syrie et sur le Liban, encore ce matin. Sur le bouclier antimissiles, nous avons encouragé nos amis russes à continuer leurs discussions avec les Américains.

Et puis, nous avons pris une initiative sur les grands dossiers économiques, celle de demander à deux de nos très proches conseillers de se rencontrer dans les toutes prochaines semaines pour évoquer tous les grands dossiers économiques et essayer de les régler ou de les faire avancer dans un cadre global. Cela veut dire toutes les questions aéronautiques, spatiales où la collaboration entre la France et la Russie doit se développer. Cela veut dire la coopération sur l’énergie, notamment sur le nucléaire et sur l’ensemble du dossier énergétique. J’ai dit à Vladimir Poutine que nous voulions la coopération et non pas la confrontation, que nous comprenions les intérêts russes qu’il est normal qu’ils défendent. Je lui ai dit que nous souhaitions que les règles du marché puissent s’appliquer en toute transparence.

Les contacts entre les sociétés civiles seront également développés, avec l’année croisée 2010, où Vladimir a désigné le représentant russe. Nous donnerons le maximum d’éclat à cette année croisée.

Pendant le déjeuner, nous allons parler de la Présidence française de l’Union européenne. Il faut bien comprendre que l’Europe et la Russie sont des partenaires naturels. Nous avons intérêt à la coopération entre nous. La France veut mettre son amitié avec la Russie au service de l’Europe toute entière et, effectivement, comme l’a dit Vladimir, après le déjeuner, nous irons rendre hommage à la fraternité d’armes devant le monument Normandie Niemen.

Je voudrais rajouter à titre personnel, devant Vladimir Poutine, que j’ai été très heureux de la franchise de nos échanges, de l’approfondissement de notre dialogue. On a pu parler de tous les sujets, librement, amicalement franchement. C’était pour ma part une rencontre très passionnante et très positive.

Je vous remercie.

Q - Ma question s’adresse au président Poutine mais M. Sarkozy est le bienvenu s’il veut commenter. M. Poutine, en quoi consiste exactement la convergence de vos positions au sujet de l’Iran et de son programme nucléaire ? Est-ce que cela signifie que vous considérez que l’Iran fabrique l’arme atomique ainsi que le pense M. Sarkozy ?

(…)

R - C’est important ce que vient de dire M. Poutine à quelques jours de son déplacement à Téhéran. Dire qu’il coopère, qu’il veut continuer à coopérer, c’est quelque chose d’important. Après, il peut y avoir une divergence d’analyse. Sur le fond, je crois que tout le monde est d’accord.

Est-ce qu’ils veulent l’utiliser ? Après, c’est une question d’analyse. Ce qui est très important, c’est la volonté de coopérer. Je pense que c’est le point essentiel. C’est une affaire qui concerne la planète.

Q - Est-ce que vous avez parlé de l’achat par les sociétés russes d’avoirs en France et de l’achat d’avoirs russes par les Français en Russie ?

Monsieur Sarkozy, êtes-vous pour ou contre les mesures de protection en Europe qui pourraient limiter les avantages des monopoles russes comme Gazprom. Monsieur Poutine, pensez-vous que nos sociétés, les sociétés russes sont prêtes à élargir leurs activités en Europe et vice et versa ?

(…)

R - Avec Vladimir Poutine et des conseillers de haut niveau, on se rencontre pour poser franchement toutes les questions économiques et c’est justement pour lever ces malentendus. La politique de la France, c’est la transparence et la réciprocité. Transparence, parce que c’est le marché, réciprocité, parce qu’il est tout à fait normal que nos amis russes souhaitent rentrer au capital d’un certain nombre d’entreprises françaises et que la réciproque est vraie aussi. Ainsi Alsthom souhaite avoir un accord avec TMH. Nos amis russes sont dans le capital de EADS et j’ai dit au président Poutine la disponibilité des investisseurs français pour rentrer au capital des grandes entreprises russes. Gazprom, par exemple.

Donc, il n’y aura pas de protectionnisme du côté de la France. Nous souhaitons simplement la réciprocité. Un bon accord, c’est un accord intéressant pour les deux. C’est ce dont nous avons parlé et c’est ce que nous sommes en train d’établir. Pas de tabou, pas de limite, transparence et réciprocité.

Q - Je voudrais poser une question au président Sarkozy et demander ensuite son avis au président Poutine. Nous apprenons, Monsieur Sarkozy, que vous allez voir l’organisation des Droits de l’Homme Mémorial. C’est donc l’ONG que vous avez choisie de visiter. Une ONG qui a dénoncé les crimes de guerre en Tchétchénie. Est-ce que mettre l’accent sur les Droits de l’Homme en Russie deviendra une pratique plus fréquente en France pour la diplomatie française. Monsieur Poutine, que pensez-vous donc de ce tournant ?

R - Je suis très à l’aise pour vous répondre. Je confirme ce rendez-vous. M. Poutine en était informé, c’est moi-même qui le lui ai dit. Il m’a indiqué que lorsqu’on était son invité, il n’avait pas l’habitude d’indiquer à son invité quels étaient les rendez-vous qu’il devait avoir ou pas.

M. Poutine vous le confirmera. Donc, quand j’ai parlé d’une discussion très libre entre lui et moi, voilà très exactement la réponse qu’il m’a faite. Par ailleurs, je voudrais préciser que la France ne souhaite donner de leçon à personne. Je reconnais et je comprends la spécificité russe et j’ai fait valoir, sur un certain nombre de questions, mes convictions avec franchise.

M. Poutine m’a répondu avec la même franchise, parce que nous considérons tous les deux que l’amitié cela consiste à se dire les choses, à regarder les éventuels désaccords en face et à essayer de trouver des solutions. Et partant, voilà très exactement comment cela s’est passé. Il n’y a pas de surprises, il y a simplement la transparence dont je parlais tout à l’heure sur le plan économique. Nous l’avons aussi sur la question politique.

Je comprends les problèmes de la Russie. J’ai d’ailleurs écouté avec beaucoup d’intérêt, les explications de M. Poutine, les évolutions de la société russe, le temps que cela a demandé. Il a, je crois aussi, entendu mes arguments. C’est comme cela qu’on a des rencontres intéressantes et positives pour les deux. En tous cas, c’est l’analyse que j’en ai.

(…)

Q - Je voudrais connaître votre opinion sur le rapprochement entre la Russie et France, entre la Russie et l’Union européenne concernant l’abolition des visas. Monsieur Sarkozy, est-ce qu’avant de venir, vous avez parlé de ce sujet ? Est-ce que votre opinion reste inchangée ? Et Monsieur Poutine, vous avez dit plusieurs fois que la Russie devait faire beaucoup de choses pour arriver à l’abolition des visas. Quelle partie de ce chemin est désormais parcourue ?

(…)

R - Nous sommes prêts à faire tout ce qu’il faut pour faciliter la venue en France d’étudiants, de touristes, d’hommes d’affaires russes. Déjà, notre Ambassade fait un travail assez remarquable pour que les délais administratifs soient le plus réduits possible. La France est tout à fait disponible pour encore améliorer les choses.

Je vous remercie.



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