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Saint-Nicolas, livre d'histoire de Tallinn

Saint-Nicolas, livre d'histoire de Tallinn
mardi 30 août 2005 22:03:12
Dans la capitale estonienne Tallinn s'élève (outre ce que je tiens pour le "pôle magnétique" de la ville, l'Oleviste kirik ou église saint Olav) Niguliste, l'église saint Nicolas (patron des marins). Niguliste se dresse au-dessus d'un monument en forme de livre ouvert dédié à l'écrivain estonien Eduard Vilde. A sa manière, l'église saint Nicolas constitue également une espèce de livre ouvert, un livre à remonte-temps. Le gardien qui réceptionne manteaux et parapluies paraît déjà sortir d'un roman ou être l'incarnation d'un homme du peuple peint par Bosch ou Breughel. Ensuite, des panneaux en anglais, russe, estonien et allemand rappellent, images de guerre à l'appui, que le sanctuaire que le piéton visite a bien failli ne jamais plus exister. Marcher dedans relève du défi au temps et à la barbarie: en mars 1944, l'aviation soviétique assomme Tallinn de ses bombes, broyant 11% de la surface habitable et 40% du coeur historique de l'ancienne Reval. En 1948, la nef n'était qu'un gouffre ouvert à tous les vents. A l'intérieur, Niguliste ayant été rebâti, quelques dalles funéraires ont été placées debout, ce qui génère une sensation d'impropriété. Spécialement quand le "gisant" d'un chevalier du 17e siècle se voit exposé verticalement. Pour quel motif? Faciliter la circulation des touristes, mais non la lecture de l'oeuvre, car le visiteur comprendrait très bien la présence d'un gisant. Enfin, trêve de polémique. L'ironie du sort a préservé des pierres tombales qui, elles, sont bien à plat sur le sol: celle de Raehärra Brand Stalbiter date de 1378, le début du petit âge glaciaire européen. Le destin a voulu que l'on frôle 1378 et qu'ait subsisté la tombe de "Blasius zur Mühlen und seine Erben" (Blaise zur Mühlen et ses héritiers) datant elle du 16e siècle. Marcher sur des dalles funéraires séculaires me fascine et me choque à la fois; on ne devrait pas avoir ce droit-là - mais puisqu'elles ont résisté, ces dalles, elles nous survivront... Dans cette même salle, une "Danse macabre", non de Honegger, ni de Pärt, mais de Notke (1450-1500) donne le ton. Non moins impressionnant, le triptyque coloré typiquement tardomédiéval. En revanche, la petite salle des trésors est facilement évitable; elle ne mérite pas qu'on y entre; les vistamboirs et trucs machins argentés rappellent en plus onéreux les chopes à bière en forme de botte des sociétés d'étudiants saxonnes (ou de Tartou).
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