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la barrière de la langue dans un couple franco russe May 31, 2011 12:43AM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
Bonjour à tous,
Cela fait environ 2 mois que je suis sur ce forum que j'apprécie car il y a beaucoup de gens qui y racontent des choses intéressantes, et il semble bien que l'on y trouve aussi des Français qui ont rencontré une Russe (ou une autre russophone comme une Ukrainienne) et ont voulu faire leur vie avec. Et même quelques Françaises qui on rencontré un Russe 
Personnellement, je m'interroge sur un sujet : la communication dans le couple franco-russe. Evidemment, on peut s'interroger sur la communication dans n'importe quel couple où l'homme et la femme ne connaissent pas couramment la langue de l'autre, au moins au départ mais je vais me contenteer, sur ce forum de parler de ce qui me (bous) concerne, la communication dans un couple franco russe.
Les questions que je me pose (en vrac) : 1/ Dans le cas (le plus fréquent) où il s'agit d'un(e) Français(e) et d'un(e) Russe et que le couple prévoit de vivre en France dans l'avenir.
Selon vous, le Français doit-il apprendre le Russe ? Si oui, afin d'atteindre un niveau courant ? Un niveau intermédiaire suffit ?
2/ Réciproquement, la femme russe doit-elle apprendre rapidement le français ? Rapidement, c'est-à -dire avant de se marier ?
3/ Dans quelle mesure est-il possible - et est-ce vraiment possible - de construire une relation durable (?) si l'homme et la femme ne parlent pas couramment la langue de l'autre (pas les deux, mais disons si la femme russe ne parle pas couramment le Français ET si l'homme français ne parle pas couramment le Russe).
Pour ma part, j'apprends le russe depuis 1 an et demi. J'ai rencontré mon amie il y a 8 mois. Les choses sont allées assez vite car nous avons commencé à envisager récemment de nous marier, en octobre prochain. Nous nous sommes vus toutes les 5 à 6 semaines, soit 8 à 10 jours si c'est moi qui vais en Russie, soit 3 à 4 semaines quand elle est venue en France (2 fois).
Au départ, nous communiquions surtout en Anglais, que je parle assez couramment, et qu'elle parle et comprend moyennement.
J'ai fait beaucoup d'efforts pour progresser en Russe, où j'ai atteint un nveau moyen alors qu'évidemment, ce n'est pas mon activité principale, loin de là (je ne suis pas étudiant). J'arrive ainsi à comprendre les mails qu'elle m'envoie en Russe ou les échanges écrits par Skyppe (car on a décidé que chacun devait écrire dans une langue qu'il maîtrise bien, donc elle en Russe et moi en Anglais, en effet, si j'écrivais en Français, elle ne comprendrait pas à cause du manque de fiabilité des traducteurs électroniques (du moins si on ne connaît pas du tout la langue qu'on veut traduire).
Mais si j'entends des Russes parler entre eux, c'est sûr que je ne comprends pas le sens global de la conversation, et en tout cas, c'est ce qu'il y a de plus dur. Je comprends disons une fois sur 2 ou 2 sur 3 quand on me parle en Russe (les parents de mon amie par exemple).
En fait, je ressens une frustration au fait que l'on pourrait beaucoup plus communiquer si je connaissais bien le russe et si elle connaissait le Français... Je me demande si ça peut faire échouer un couple. Et surtout, je me dis qu'il vaut mieux se lancer avant (en se mariant) plutôt que d'attendre que l'un des 2 au moins parle couramment la langue de l'autre.
Qu'en pensez-vous ?
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe May 31, 2011 09:06AM | Registered: 5 years ago Posts: 606 |
Bonjour;
Tout dépend de votre projet de vie commune.Si vous désirez vivre en France, le conjoint russe est obligé de bien maîtriser la langue française, pour faciliter son intégration, tant familiale que professionnelle. De plus, pour avoir les papiers, la maîtrise du Français est un élément d'appréciation du niveau d'intégration. Pour ce qui est du conjoint Français, il n'y a pas cette obligation, mais je pense que c'est faire preuve d'amour envers son conjoint russe que d'apprendre la langue. C'est la richesse des couples mixtes. Parler le Russe permet aussi d'échanger avec la belle-famille, en essayant d'avoir des discussions plus élaborées que la météo. Sinon, il y a le cas de ceux qui choisissent de s'expatrier dans un pays tiers. C'est une solution intéressante, qui permet aux deux conjoints de ne pas se sentir frustrés. Mais tout le monde n'a pas la possibilité de travailler à l'étranger
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe May 31, 2011 10:29AM | Registered: 2 years ago Posts: 6 |
Privet Ladna!
Mon avis personnel est que compte tenu du fait que vous envisagez une relation sur le long terme, il serait bien que vous poursuiviez vos efforts quand à l'apprentissage du Russe, mais également que votre fiancée commence à apprendre doucement le français. Parallèlement, peut-être pourrait-elle chercher à améliorer son anglais, ce qui devrait lui être plus simple dans un premier temps et faciliter votre communication sur le court terme.
Selon moi, il n'est pas nécessaire d'avoir un niveau excellent, cherchez simplement à améliorer votre niveau en Russe, et de son côté apprendre le français, mais à votre rythme, selon vos possibilités et votre temps libre.
Après, je pense que cela dépendra de vos projets d'avenir. Vous dites que vous projetez de vous marier. Si votre projet est qu'elle vienne s'installer en France avec vous, alors elle pourra, il me semble, bénéficier d'un programme d'intégration où elle pourrait apprendre le français (je ne suis pas sure de ce point, il faudrait que d'autres fournissent quelques précisions). De plus, le fait de se trouver en France lui permettrait d'améliorer rapidement son niveau de français.
Je pense qu'attendre que l'un des deux sache bien parler la langue de l'autre pour une meilleur communication n'est pas indispensable.
Mon petit ami est russe, je suis française. Je ne parle pas un mot de russe, il ne parle pas un mot de français. Nous communiquons en anglais, nous avons le même niveau en anglais qui est loin d'être excellent. Mais nous n'avons jamais été confronté à un barrière de langage, peut-être car notre niveau d'anglais est meilleur que celui de votre fiancée. C'est pourquoi je vous suggérais qu'elle améliore son anglais dans un premier temps. En ce qui me concerne, nous avons décidé que ce sera lui qui apprendra le français (j'essaie de le faire venir en France pour qu'il étudie le français), étant donné que nous envisageons rester en France sur le long terme, quant à moi, à mon retour en France (je suis actuellement en Chine) je vais me mettre à l'apprentissage du Russe, mais à mon rythme, histoire de pouvoir communiquer avec la future belle famille 
Je vous souhaite bon courage dans votre relation
Je terminerais par cette jolie phrase certes cliché mais qui doit être vraie: L'amour est un langage international.
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe May 31, 2011 11:31AM | Registered: 8 years ago Posts: 519 |
Ma femme avait 9 mois de cours de français à l'Alliance Française de sa ville quand nous nous sommes rencontrés. De mon côté, j'avais aucune notion de Russe. Olga a continué d'apprendre le français et je me suis mis au russe grâce à la méthode Assimil (qui m'a fait assez vite progresser). Lorsque je suis allé pour la première fois la voir en Russie, je ne connaissais pas la langue mis à part les 3 / 4 mots indispensables du type bonjour, au revoir, merci, s'il vous plait... Donc avec ceux qui seraient mes beaux parents ce fût sourires et des sessions d'interprétariats laborieux de ma femme pour communiquer... Bref, rien de bien différent de vous. Maintenant, cela fait plus de 5 ans et demi que nous sommes mariés et nous avons un enfant. Je comprends le russe relativement correctement, grâce à notre fils aussi surtout qui en l'apprenant et l'assimilant me permet indirectement et malgré moi de progresser et d'entendre du russe quotidiennement (ce qui n'était pas le cas avant sa naissance vu qu'Olga parle désormais bien mieux le français que moi le russe, et que le français était notre langue de communication);
Si j'ai un constat à faire sur le handicap de la langue, je dirai que c'est surtout quand les problèmes inhérents à la vie de couple surviennent, quand les grandes décisions doivent se prendre et que nous ne sommes pas d'accord, quand la vie fait que des tensions arrivent. Parce que tant que tout va bien, employer un mot pour un autre, ne pas comprendre correctement reste "charmant". Simplement, quand la vie fait qu'un souci survient et que les erreurs d'interprétations ou l'impossibilité de comprendre la subtilité d'une langue et ses nuances permettant de faire part à l'autre de la réalité de votre position sur une situation, et que des ces interprétations erronées génèrent des réactions inapropriées ou injustes, cela induit un sentiment d'impuissance certain (sans compter les différences de nature ou de caractère qui au-delà de la langue, reste des choses assez compliquées à régler sur le long terme); Ces limites dans la communication sont extrêmement nuisibles au couple, honnêtement, quand, de plus, la belle famille s'en mele. Là ou un sourire et une vodka permettait de passer outre la maîtrise de la langue dans les bons moments, là ou un sourire de votre belle quand vous lui offrez une rose se contente du langage universel des sentiments, cette forme de dialogue se heurte soudainement à vos compétences linguistiques quand les problèmes surviennent car les problèmes nécessitent toujours des explications pour trouver une solution. Et des explications, des précisions, même en maîtrisant la langue dans un couple franco-français ne sont pas toujours évidentes à exprimer clairement car l'affect touché parasite l'expression, alors imaginez lorsque vous ne posséder qu'une connaissance approximative de la langue en plus des décalges culturels qui peuvent êtres de vrais fossés. En fait, vous prenez des "mauvaises" habitudes de dialogue avec votre conjoint, car vos maîtrises réciproques de la langue de l'autre vous feront éviter involontairement par manque de vocabulaire et de maîtrise grammaticale produisant le sens, les sujets trop complexes à aborder, ceux qui demandent justesse et précision d'esprit et ceux qui, surtout vous font avancer dans la connaissance profonde de lindentité de l'un et de l'autre, donc qui vous fait adapter et ajuster subtilement d'eux mêmes vos comportement l'un à l'autre. Et quand une vraie divergence éclate, parce que cet ajustement est trop approximatif et mal maîtrisé, vous découvrez alors un aspect de l'autre tellement en décalage avec l'idée que vous en aviez que vous risquez de ne pas être préparer ou de ne pas avoir par méconnaissancles bons comportements et bien sûrs les bons mots; Le doute logique ensuite s'installe. Ai-je fait les bons choix? Trop vite? Est-ce que je la connais vraiment?
Pour résumer, ce qui me semble être un vrai plus au départ, une nouvelle langue, une autre culture à découvrir, ce qui nourrit la bonheur du début de la relation amoureuse parce qu'elle semble tellement plus intense à vivre devient un handicap lorsque les problèmes de la vie de couple surviennent. Après, le caractère de chacun, l'intelligence de prendre en compte cet aspect là dans la tentation d'avoir des interprétations trop hâtives lorsqu'une dispute éclate ou une tension survient, doit pouvoir permettre d'avancer et de ne pas se laisser piéger. Mais il faut toujours penser que la langue, les mots, sont une des clés de la réussite car, c'est une évidence de le rappeller, la communication dans le couple est sa fondation majeure. Et un couple qui sait communiquer est un couple qui sait appréhender les tensions. Pour le connaître personnellement, le manque de mots de ma part en Russe ou de la part de mon épouse en Français a dans mon couple eu pour conséquence de ne pas permettre de régler certains problèmes importants. La langue permet de connaître l'autre. En rencontrant une française, par la tournure de ses phrases, par l'emploi de certains mots, par son ton, etc ... vous pouvez avoir une idée de qui elle est et vous-même vous pouvez illustrer la nature même de votre personne. Sans la langue, vous n'avez plus cette approche de l'autre et vous pouvez vous leurrer avec toute votre sincérité sur l'adéquation réelle de votre amie et vous à être ensemble parce qu'on est facilement séduit par l'exotisme (au sens noble du terme). La situation spécifique franco-russe de la distance et de l'administration vous obligent de plus à précipiter toutes les décisions extrêmement engageante par le risque que fait courrir à la relation amoureuse l'enlisement dans le temps mettant une espèce d'obligation pesante et inconsciente de reussir (votre projet de mariage rapide). Au final vous vous retrouvez avec quelqu'un que vous connaissez peu et ce qui a concourru à vous rapprocher (l'attrait et la richesse d'une personne étrangère) peu s'avérer être la source de la non résolution des problèmes quand le quotidien reprend ses droits. Prendre en compte cette dimension d'entrée est, selon moi, la meilleure façon d'y faire face quand certaines impuissances à se faire comprendre arriveront, vous saurez ne pas oublier d'exploiter cette voie là pour passer le cap sans dommage. C'est en cela que je trouve votre question extrêmement pertinente et votre démarche intelligente.
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe May 31, 2011 12:28PM | Registered: 2 years ago Posts: 393 |
Effectivement su tu attends qu'un des deux parle couramment la langue de l'autre avant d'envisager le mariage et la vie à deux ... Surtout qu'il faut s'interroger sur la notion de couramment et de l'utilité d'atteindre un tel niveau.
Pour parler de mon cas. Avant de rencontrer mon épouse Ukrainienne, j'étais allé en Russie. J'avais commencé à apprendre les rudiments (entre autre déchiffrer le Cyrilllique). Puis je suis allé en Ukraine. Notre première rencontre s'est déroulée en Anglais (plus exactement avec une intermédiaire qui parlait Anglais). Après 3 rencontres elle m'avait demandé quelle langue elle devait apprendre. Comme nous n'en étions pas encore aux projets d'avenir commun, je lui avais répondu que de commencer par l'Anglais lui serait toujours profitable ne serait ce que dans son travail (cadre à la banque). Elle avait beaucoup travaillé cette langue et puis nous avons décidé du mariage et de la venue en France. Après quelques mois en France elle m'a reproché de lui avoir prodigué ce conseil et de lui avoir fait perdre du temps. Pendant les 6 premiers mois nous n'avons parlé qu'Anglais, le seul moyen de se comprendre, mais avec comme conséquence une intégration quasi nulle. Maintenant pour obtenir le visa il est nécéssaire de connaitre un peu le Français, et c'est une bonne chose. Non pas dans le sens d'un protectionnisme sur l'immigration mais pour permettre une meilleure immersion dans la société Française (balancez quelqu'un à l'eau sans lui avoir fourni les rudiments de la natation avant et racontez moi ce qu'elle pense de la piscine après cette expérience ... il y a peu de chance qu'elle souhaite y retourner rapidement !)
Elle a eu les 400 heures de Français, puis son fils est venu en France au collège. Il a donc appris le Français rapidement et a aidé sa mère. Elle a beaucoup travaillé et vient de passer le DELF A2. Nous parlons donc en Français. J'ai laissé tomber l'apprentissage du Russe, même si avec les conversations journalières entre le fils et la mère ou la mère avec sa famille et ses amis, mon oreille s'est développée et je comprends beaucoup mieux maintenant (sauf que c'est un mélange de Russe et d'Ukrainien et que je ne sais pas faire la différence et attribuer le vocabulaire enmagasiné à l'une ou l'autre langue !)
Maintenant pour ce qui est de la relation de couple il est évident que pour la vie de tous les jours parler couramment n'est pas totalement nécéssaire. Par contre quand il s'agit d'évoquer les problèmes relationnels, les projets d'avenir alors le problème de la langue vient se superposer aux différences culturelles. Et même si dans l'esprit de chacun le chemin est clair (et converge) dans son expression approximative cela peut le faire diverger.
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe May 31, 2011 02:34PM | Registered: 5 years ago Posts: 93 |
Une petite expérience de 4 ans maintenant: mon épouse et moi avons correspondu pendant plusieurs mois par l'intermédiaire d'un traducteur (humain je précise), avant de décider d'aller plus loin. Elle a commencé à apprendre le français en Russie et lorsqu'elle est venue en France, nous avons pu communiquer en Français (avec l'aide du dictionnaire au début). A partir du moment où elle s'est installée en France, elle a suivi des cours de FLE dans divers organismes (dont certains payés par l'OFII jusqu'à passer le DELF A2), et parle maintenant tout à fait correctement le Français (pour l'écrit c'est autre chose...) au point qu'elle fait aussi du théâtre (ça aide pour travailler la prononciation)!
En ce qui me concerne je me suis mis au Russe après notre mariage, dans un cadre associatif, avec des progrès lents pour cause de professeur "amateur". Depuis plusieurs mois je suis des cours particuliers de Russe dans le cadre du DIF (mon employeur l'a accepté) et là les progrès sont rapides.
En ce qui concerne notre communication, nous pensons que le fait que mon épouse ne parle pas Anglais a été une chance car sinon nous aurions été au plus facile. La langue parlée à la maison est le Français ("pourquoi veux tu me parler en Russe alors que nous vivons en France!"
. Ma modeste connaissance du Russe me sert lorsque nous allons en Russie, et aussi pour communiquer avec la famille de mon épouse. C'est aussi un extraordinaire moyen de mieux comprendre la culture et la mentalité des Russes, et cela me permet de mieux comprendre certaines réactions et comportements.
En conclusion, je dirais que la langue n'a pas été vraiment pour nous une barrière. Par contre, les débuts de mon épouse en France n'ont pas été très faciles à cause de sa maîtrise initiale faible de notre langue, et je ne parle pas de la quasi impossibilité de trouver un emploi...
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe May 31, 2011 11:04PM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe May 31, 2011 11:08PM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
simia-guérin écrivait:
Bonjour;
Tout dépend de votre projet de vie commune.Si vous désirez vivre en France,
Oui c'est en France qu'on vivra.
le conjoint russe
est obligé de bien maîtriser la langue française, pour faciliter son intégration, tant familiale que professionnelle. De plus, pour avoir les papiers, la maîtrise du Français est un élément d'appréciation du niveau d'intégration. Pour ce qui est du conjoint Français, il n'y a pas cette obligation, mais je pense que c'est faire preuve d'amour envers son conjoint russe que d'apprendre la langue. C'est la richesse des couples mixtes. Parler le Russe permet aussi d'échanger avec la belle-famille, en essayant d'avoir des discussions plus élaborées que la météo.
Je suis d'accord avec tout cela : apprendre la langue de l'autre est une preuve d'amour.
Et bien sûr, j'y ai pensé quand j'ai rencontré ses parents (que j'avais bien fait d'apprendre car je comprenais la moitié de ce que me diasit sa mère, qui y allait franco, je veux dire, qui parlait à sa vitesse normale quand elle me parlait 
Sinon, il y a le cas de ceux qui choisissent de s'expatrier dans un pays tiers. C'est une solution intéressante, qui permet aux deux conjoints de ne pas se sentir frustrés. Mais tout le monde n'a pas la possibilité de travailler à l'étranger
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe May 31, 2011 11:32PM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
Aluan écrivait:
Privet Ladna!
Mon avis personnel est que compte tenu du fait que vous envisagez une relation sur le long terme, il serait bien que vous poursuiviez vos efforts quand à l'apprentissage du Russe, mais également que votre fiancée commence à apprendre doucement le français.
Privet Aluan, Effectivement, je poursuis actuellement mon apprentissage du russe, je fais souvent du travail personnel (c'est ce qu'il y a de plus efficace car quand je décide de travailler seul, ça veut dire que j'en ai envie, que mon cerveau est prêt à emmagasiner, et que je décide le ou les points sur lesquels je vais avancer...). Je pense du reste que les cours sont importants (je prends un cours par semaine depuis un an hors vacances scolaires et hors absences, soit environ 35 cours), mais d'après mon expérience, le travail personnel représente 80% du "total appris".
Quant à ma fiancée, je pense aussi qu'elle doit commencer à apprendre le Français. Lors de mon dernier séjour chez elle en mai, je lui ai amené la méthode Assimil pour un Russe désirant apprendre le Français. On l'a regardée et j'ai compris que cette méthode est pas trop mal faite mais il manque des axplications de base pour l'apprentissage des phonèmes français. Par exemple toutes les combinaisons de voyelles (A+I, A+U, E+I, E+U, O+U,...), de consonnes + voyelles (G+A, G+E,.... C+A, C+E...) ne sont pas traitées, donc on a été dans les librairies. Il y avait une immense promo (-50% sur tout !!) car visablement - et c'est ce qu edisait un message sur l'Ukraine - les gens là bas ne sont plus trop intéressés à acheter des livres. On en a acheté 3 + un dico, et visiblement, ils étaient dans les rayons depuis longtemps. Mais j'en ai même acheté un pour moi pour voir comment le français s'enseigne pour une Russe et pour voir les équivalents du Français en Russe (par exemple les formes passives).
A part ça, je lui ai donné 3 cours de lecture du Français en essayant de traiter toutes les combinaisons (comme les EIN, AN, EN, AIN, qui n'existent pas en Anglais ni en Russe bien sûr). En gros, elle a l'air d'aimer le Français (elle adore les chansons d'Edith Piaf, d'Aznavour...) mais elle croit que c'est dur à prononcer et elle parle quand même correctement un Anglais de base, ce qui fait que même quand elle pourrait me parler Russe, elle me parle en Anglais car elle a peur que je ne comprenne pas en Russe... C'est assez étrange.
Parallèlement, peut-être
pourrait-elle chercher à améliorer son anglais, ce qui devrait lui être plus simple dans un premier temps et faciliter votre communication sur le court terme.
oui, souvent j'y ai pensé, mais il faudrait reprendre toute la grammaire (surtout les formes verbales) et je préfère consacrer du temps à lui poser mes questions pour le russe ou à lui expliquer certaines choses en Anglais (je préfère privilégier notre communication sur tous les plans plutôt qu'investir du temps dans l'amélioraton - très lente - de son Anglais, qui est déjà relativement correct).
Selon moi, il n'est pas nécessaire d'avoir un niveau excellent, cherchez simplement à améliorer votre niveau en Russe, et de son côté apprendre le français, mais à votre rythme, selon vos possibilités et votre temps libre.
Après, je pense que cela dépendra de vos projets d'avenir. Vous dites que vous projetez de vous marier. Si votre projet est qu'elle vienne s'installer en France avec vous, alors elle pourra, il me semble, bénéficier d'un programme d'intégration où elle pourrait apprendre le français (je ne suis pas sure de ce point, il faudrait que d'autres fournissent quelques précisions). De plus, le fait de se trouver en France lui permettrait d'améliorer rapidement son niveau de français.
Oui, je crois qu'il faut compter là dessus, quand elle vivra en France et qu'elle arrêtera de prendre 150 photos / jour et d'aller au Louvre ou à Notre Dame tous les jours
. Elle a fait beaucoup d'études en Russie et je crois qu'elle a la foi dans les cours, alors que personnellement, je suis plus dubitatif et préfère compter sur moi-même, sauf si j'allais vivre en Russie et que je n'avais que ça à faire (ou bien si je devais travailler en Russie, je consacrerais probablement énormément de temps à apprendre le russe).
Je pense qu'attendre que l'un des deux sache bien parler la langue de l'autre pour une meilleur communication n'est pas indispensable.
Mon petit ami est russe, je suis française. Je ne parle pas un mot de russe, il ne parle pas un mot de français. Nous communiquons en anglais, nous avons le même niveau en anglais qui est loin d'être excellent. Mais nous n'avons jamais été confronté à un barrière de langage, peut-être car notre niveau d'anglais est meilleur que celui de votre fiancée.
Ca c'est pas évident d'en être sûr : comme le dit l'un des forumeurs, la barrière de la langue apparaît lors de tensions, qui surviennent inévitablement dans un couple, dans la vie de tous les jours. Je suis peut-être assez exigeant (avec moi-même aussi) mais je suis sûr que certains problèmes apparaissent du fait que ni elle ni moi ne parlons bien la langue de l'autre.
C'est pourquoi je vous
suggérais qu'elle améliore son anglais dans un premier temps. En ce qui me concerne, nous avons décidé que ce sera lui qui apprendra le français (j'essaie de le faire venir en France pour qu'il étudie le français), étant donné que nous envisageons rester en France sur le long terme, quant à moi, à mon retour en France (je suis actuellement en Chine) je vais me mettre à l'apprentissage du Russe, mais à mon rythme, histoire de pouvoir communiquer avec la future belle famille
Je vous souhaite bon courage dans votre relation
Je terminerais par cette jolie phrase certes cliché mais qui doit être vraie: L'amour est un langage international.
Merci pour ton message!
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe May 31, 2011 11:36PM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
zelmak écrivait:
Ma femme avait 9 mois de cours de français à l'Alliance Française de sa ville quand nous nous sommes rencontrés. De mon côté, j'avais aucune notion de Russe. Olga a continué d'apprendre le français et je me suis mis au russe grâce à la méthode Assimil (qui m'a fait assez vite progresser). Lorsque je suis allé pour la première fois la voir en Russie, je ne connaissais pas la langue mis à part les 3 / 4 mots indispensables du type bonjour, au revoir, merci, s'il vous plait... Donc avec ceux qui seraient mes beaux parents ce fût sourires et des sessions d'interprétariats laborieux de ma femme pour communiquer... Bref, rien de bien différent de vous. Maintenant, cela fait plus de 5 ans et demi que nous sommes mariés et nous avons un enfant. Je comprends le russe relativement correctement, grâce à notre fils aussi surtout qui en l'apprenant et l'assimilant me permet indirectement et malgré moi de progresser et d'entendre du russe quotidiennement (ce qui n'était pas le cas avant sa naissance vu qu'Olga parle désormais bien mieux le français que moi le russe, et que le français était notre langue de communication);
Si j'ai un constat à faire sur le handicap de la langue, je dirai que c'est surtout quand les problèmes inhérents à la vie de couple surviennent, quand les grandes décisions doivent se prendre et que nous ne sommes pas d'accord, quand la vie fait que des tensions arrivent. Parce que tant que tout va bien, employer un mot pour un autre, ne pas comprendre correctement reste "charmant". Simplement, quand la vie fait qu'un souci survient et que les erreurs d'interprétations ou l'impossibilité de comprendre la subtilité d'une langue et ses nuances permettant de faire part à l'autre de la réalité de votre position sur une situation, et que des ces interprétations erronées génèrent des réactions inapropriées ou injustes, cela induit un sentiment d'impuissance certain (sans compter les différences de nature ou de caractère qui au-delà de la langue, reste des choses assez compliquées à régler sur le long terme); Ces limites dans la communication sont extrêmement nuisibles au couple, honnêtement, quand, de plus, la belle famille s'en mele. Là ou un sourire et une vodka permettait de passer outre la maîtrise de la langue dans les bons moments, là ou un sourire de votre belle quand vous lui offrez une rose se contente du langage universel des sentiments, cette forme de dialogue se heurte soudainement à vos compétences linguistiques quand les problèmes surviennent car les problèmes nécessitent toujours des explications pour trouver une solution. Et des explications, des précisions, même en maîtrisant la langue dans un couple franco-français ne sont pas toujours évidentes à exprimer clairement car l'affect touché parasite l'expression, alors imaginez lorsque vous ne posséder qu'une connaissance approximative de la langue en plus des décalges culturels qui peuvent êtres de vrais fossés. En fait, vous prenez des "mauvaises" habitudes de dialogue avec votre conjoint, car vos maîtrises réciproques de la langue de l'autre vous feront éviter involontairement par manque de vocabulaire et de maîtrise grammaticale produisant le sens, les sujets trop complexes à aborder, ceux qui demandent justesse et précision d'esprit et ceux qui, surtout vous font avancer dans la connaissance profonde de lindentité de l'un et de l'autre, donc qui vous fait adapter et ajuster subtilement d'eux mêmes vos comportement l'un à l'autre. Et quand une vraie divergence éclate, parce que cet ajustement est trop approximatif et mal maîtrisé, vous découvrez alors un aspect de l'autre tellement en décalage avec l'idée que vous en aviez que vous risquez de ne pas être préparer ou de ne pas avoir par méconnaissancles bons comportements et bien sûrs les bons mots; Le doute logique ensuite s'installe. Ai-je fait les bons choix? Trop vite? Est-ce que je la connais vraiment?
Pour résumer, ce qui me semble être un vrai plus au départ, une nouvelle langue, une autre culture à découvrir, ce qui nourrit la bonheur du début de la relation amoureuse parce qu'elle semble tellement plus intense à vivre devient un handicap lorsque les problèmes de la vie de couple surviennent. Après, le caractère de chacun, l'intelligence de prendre en compte cet aspect là dans la tentation d'avoir des interprétations trop hâtives lorsqu'une dispute éclate ou une tension survient, doit pouvoir permettre d'avancer et de ne pas se laisser piéger. Mais il faut toujours penser que la langue, les mots, sont une des clés de la réussite car, c'est une évidence de le rappeller, la communication dans le couple est sa fondation majeure. Et un couple qui sait communiquer est un couple qui sait appréhender les tensions. Pour le connaître personnellement, le manque de mots de ma part en Russe ou de la part de mon épouse en Français a dans mon couple eu pour conséquence de ne pas permettre de régler certains problèmes importants. La langue permet de connaître l'autre. En rencontrant une française, par la tournure de ses phrases, par l'emploi de certains mots, par son ton, etc ... vous pouvez avoir une idée de qui elle est et vous-même vous pouvez illustrer la nature même de votre personne. Sans la langue, vous n'avez plus cette approche de l'autre et vous pouvez vous leurrer avec toute votre sincérité sur l'adéquation réelle de votre amie et vous à être ensemble parce qu'on est facilement séduit par l'exotisme (au sens noble du terme). La situation spécifique franco-russe de la distance et de l'administration vous obligent de plus à précipiter toutes les décisions extrêmement engageante par le risque que fait courrir à la relation amoureuse l'enlisement dans le temps mettant une espèce d'obligation pesante et inconsciente de reussir (votre projet de mariage rapide). Au final vous vous retrouvez avec quelqu'un que vous connaissez peu et ce qui a concourru à vous rapprocher (l'attrait et la richesse d'une personne étrangère) peu s'avérer être la source de la non résolution des problèmes quand le quotidien reprend ses droits. Prendre en compte cette dimension d'entrée est, selon moi, la meilleure façon d'y faire face quand certaines impuissances à se faire comprendre arriveront, vous saurez ne pas oublier d'exploiter cette voie là pour passer le cap sans dommage. C'est en cela que je trouve votre question extrêmement pertinente et votre démarche intelligente.
Privet Zelmak, Merci pour ton message détaillé. J'y retrouve par moment exprimé et analysé exactement ce que je pense, ou perçois, de la problématique d'avoir ou non une langue commune dans un couple.
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 01, 2011 12:10AM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
zelmak écrivait:
Ma femme avait 9 mois de cours de français à l'Alliance Française de sa ville quand nous nous sommes rencontrés. De mon côté, j'avais aucune notion de Russe. Olga a continué d'apprendre le français et je me suis mis au russe grâce à la méthode Assimil (qui m'a fait assez vite progresser). Lorsque je suis allé pour la première fois la voir en Russie, je ne connaissais pas la langue mis à part les 3 / 4 mots indispensables du type bonjour, au revoir, merci, s'il vous plait... Donc avec ceux qui seraient mes beaux parents ce fût sourires et des sessions d'interprétariats laborieux de ma femme pour communiquer... Bref, rien de bien différent de vous. Maintenant, cela fait plus de 5 ans et demi que nous sommes mariés et nous avons un enfant. Je comprends le russe relativement correctement, grâce à notre fils aussi surtout qui en l'apprenant et l'assimilant me permet indirectement et malgré moi de progresser et d'entendre du russe quotidiennement (ce qui n'était pas le cas avant sa naissance vu qu'Olga parle désormais bien mieux le français que moi le russe, et que le français était notre langue de communication);
Eh oui, je me suis demandé plus d'une fois si, quand on aura un rebionok, je ne pourrais pas apprendre avec lui :-)
Si j'ai un constat à faire sur le handicap de la langue, je dirai que c'est surtout quand les problèmes inhérents à la vie de couple surviennent, quand les grandes décisions doivent se prendre et que nous ne sommes pas d'accord, quand la vie fait que des tensions arrivent. Parce que tant que tout va bien, employer un mot pour un autre, ne pas comprendre correctement reste "charmant".
Effectivement, quand on est en vacances (moi chez elle, ou elle chez moi), il n'y a pas vraiment de problèmes de la vie de tous les jours, sauf au bout de quelques temps.
Simplement, quand la vie fait qu'un
souci survient et que les erreurs d'interprétations
Oui, les malentendus surviennet très facilement. J'ai même observé des quiproquos entre elle et des Français (par exemple employés à l'entrée d'un chateau à qui elle a posé une question!) du fait que les Français ne parlaient pas bien anglais... Et même parfois dans un couple français qui se parle au téléphone, il surcient des malentendus!
ou l'impossibilité de
comprendre la subtilité d'une langue et ses nuances permettant de faire part à l'autre de la réalité de votre position sur une situation,
Je crois effectivement avoir vécu cette situation et je me fais généralement comprendre car je parle bien Anglais et lui cherche parfois les mots qu'elle ne connaît pas dans son dico... En gros, les malentendus avec elle surviennent de sa jalousie qui me paraît élevée (mais je crois que c'est souvent commeça chez les femmes russes, non ?).
et
que des ces interprétations erronées génèrent des réactions inapropriées ou injustes,
Eh oui, après il faut du temps pour revenir sur un mamentendu
cela
induit un sentiment d'impuissance certain (sans compter les différences de nature ou de caractère qui au-delà de la langue, reste des choses assez compliquées à régler sur le long terme); Ces limites dans la communication sont extrêmement nuisibles au couple, honnêtement, quand, de plus, la belle famille s'en mele. Là ou un sourire et une vodka permettait de passer outre la maîtrise de la langue dans les bons moments, là ou un sourire de votre belle quand vous lui offrez une rose se contente du langage universel des sentiments, cette forme de dialogue se heurte soudainement à vos compétences linguistiques quand les problèmes surviennent car les problèmes nécessitent toujours des explications pour trouver une solution. Effectivement!
Et des explications,
des précisions, même en maîtrisant la langue dans un couple franco-français ne sont pas toujours évidentes à exprimer clairement car l'affect touché parasite l'expression, alors imaginez lorsque vous ne posséder qu'une connaissance approximative de la langue en plus des décalges culturels qui peuvent êtres de vrais fossés. En fait, vous prenez des "mauvaises" habitudes de dialogue avec votre conjoint, car vos maîtrises réciproques de la langue de l'autre vous feront éviter involontairement par manque de vocabulaire et de maîtrise grammaticale produisant le sens, les sujets trop complexes à aborder, ceux qui demandent justesse et précision d'esprit et ceux qui, surtout vous font avancer dans la connaissance profonde de lindentité de l'un et de l'autre, donc qui vous fait adapter et ajuster subtilement d'eux mêmes vos comportement l'un à l'autre.
Eh oui, je conviens que tout ce que vous dites là est parfaitement exact et en tout cas, je le ressens comme tel. Pour ce qui est des sujets complexes à aborder, je ressens qu'elle même n'est pas trop "saoulante", je veux dire, elle n'a vraiment pas tendance à dire "we have to talk about that or this", ça c'est sûr!! Mais en fait, quand j'y réfléchis, il n'y a pas vraiment de problèmes : elle n'a pas d'enfant, moi non plus, elle n'a pas été mariée, elle a démissionné de son job il y a 8 mois donc elle n'a pas à faire le deuil d'une situation, elle aimerait vivre à Paris,... Sa famille lui manquera mais je serai d'accord pour qu'elle aille y passer quelques semaines au moins 2 fois par an, jusqu'à 4 je me dis... Bref, je ne vois pas de problèmes sur lequel il y aurait à discuter longuement pour se mettre d'accord. La dernière fois qu'on a été ensemble, je lui ai demandé si elle voudrait se marier avec moi. Après quelques secondes, elle m'a dit oui. Donc ça m'a bien plu cette façon de répondre sans "manières" ou sans complexification artificielle...
Et quand une vraie divergence éclate,
parce que cet ajustement est trop approximatif et mal maîtrisé,
Mais par exemple, quelles sont les divergences qui peuvent survenir d'après vous ?
vous découvrez alors un aspect de
l'autre tellement en décalage avec l'idée que vous en aviez que vous risquez de ne pas être préparer ou de ne pas avoir par méconnaissancles bons comportements et bien sûrs les bons mots; Le doute logique ensuite s'installe. Ai-je fait les bons choix? Trop vite? Est-ce que je la connais vraiment?
Oui, est-ce que je la connais vraiment est une question que je me pose parfois.
Pour résumer, ce qui me semble être un vrai plus au départ, une nouvelle langue, une autre culture à découvrir, ce qui nourrit la bonheur du début de la relation amoureuse parce qu'elle semble tellement plus intense à vivre devient un handicap lorsque les problèmes de la vie de couple surviennent. Après, le caractère de chacun, l'intelligence de prendre en compte cet aspect là dans la tentation d'avoir des interprétations trop hâtives lorsqu'une dispute éclate ou une tension survient, doit pouvoir permettre d'avancer et de ne pas se laisser piéger. Mais il faut toujours penser que la langue, les mots, sont une des clés de la réussite car, c'est une évidence de le rappeller, la communication dans le couple est sa fondation majeure.
Eh oui! C'est pour ça que le sujet de l'importance (ou non) de la maîtrise courante de la langue de l'autre reste ma seule préocuppation...
Et un couple qui sait
communiquer est un couple qui sait appréhender les tensions. Pour le connaître personnellement, le manque de mots de ma part en Russe ou de la part de mon épouse en Français a dans mon couple eu pour conséquence de ne pas permettre de régler certains problèmes importants.
Par exemple ? Si c'est trop personnel, il faudrait qu'on trouve le moyen, si possible, d'échanger en privé...
La langue
permet de connaître l'autre. En rencontrant une française, par la tournure de ses phrases, par l'emploi de certains mots, par son ton, etc ... vous pouvez avoir une idée de qui elle est et vous-même vous pouvez illustrer la nature même de votre personne.
Effectivement, en quelques heures, je peux savoir ce qu'une Française pense vraiment de par l'analyse des mots qu'elle emploie, des tournures, du ton...
Sans la langue, vous n'avez
plus cette approche de l'autre et vous pouvez vous leurrer avec toute votre sincérité sur l'adéquation réelle de votre amie et vous à être ensemble parce qu'on est facilement séduit par l'exotisme (au sens noble du terme). La situation spécifique franco-russe de la distance et de l'administration vous obligent de plus à précipiter toutes les décisions extrêmement engageante par le risque que fait courrir à la relation amoureuse l'enlisement dans le temps mettant une espèce d'obligation pesante et inconsciente de reussir (votre projet de mariage rapide).
C'est exactment ça : c'est l'administration (alors même que ni elle ni moi n'avons eu de refus de visa jusqu'à maintenant, c'est dire!) qui nous "oblige" à précipiter (un peu) les décisions les plus engageantes,... en fait la décision du mariage. En effet, si on ne se marie pas, on sait qu'on ne se verra que 2 fois 3 mois maxi en France / an et 2 ou 3 fois 10 jours en Russie (et ça pose quand même qqs problèmes pour celui qui a un poste ici, moi, de faire de tels voyages, même si c'est également intéressant et très exotique de se retrouver projeté dans la vraie Russie, avec aucun Français ou touriste aux alentours, je veux dire une autre ville que Moscou...)
Et effectivement, ne pas vivre ensemble amène je pense à une sorte d'enlisement. C'est le mot qui traduit le mieux ma pensée. Au final vous vous retrouvez avec
quelqu'un que vous connaissez peu et ce qui a concourru à vous rapprocher (l'attrait et la richesse d'une personne étrangère) peu s'avérer être la source de la non résolution des problèmes quand le quotidien reprend ses droits. Prendre en compte cette dimension d'entrée est, selon moi, la meilleure façon d'y faire face quand certaines impuissances à se faire comprendre arriveront, vous saurez ne pas oublier d'exploiter cette voie là pour passer le cap sans dommage.
Il m'est arrivé de demander quelques dizaines de mots à une amie russe qui parle bien français pour prévenir des difficultés de communications, je me dis parfois que ça peut marcher, mais que d'autres fois, c'est peut-être vain (sauf si on en est à un niveau proche de courant).
C'est en cela que je trouve votre
question extrêmement pertinente et votre démarche intelligente.
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 01, 2011 12:30AM | Registered: 2 years ago Posts: 7 |
Ta question est très pertinente et m'intéresse particulièrement. Avant de commencer, je tiens à souligner l'importance de ce qu'à dit zelmak, je suis tout à fait de son avis malgré que je n'en ai pas encore l'expérience. Voilà ce que j'en pense pour ma part.
Selon moi, ce serait vraiment dommage et une négligence que le Français n'apprenne pas le Russe. Aucune bonne raison en tout cas de ne pas le faire. Ne serait-ce que pour être capable de communiquer, au moins un peu, avec la belle-famille, et par respect pour la culture et la langue de sa bien-aimée (ou de son bien aimé si l'on échange les sexes). Ensuite, ça ne peut faire que plaisir à votre femme, et on se sent moins idiot(ça c'est pour vous) quand on arrive à comprendre ce qu'elle dit avec ses amis Russes au téléphone ou sa famille(ça peut aider à comprendre certains de ses problèmes si elle en a...et dieu seul sait combien vous risquez d'en rencontrer! Alors autant y être le mieux préparé). C'est très frustrant de se retrouver au milieu d'un dialogue dont on ne comprend rien. Comme zelmak, ma 1ère fois en Russie je n'avais même pas 2 mois d'apprentissage de la langue russe(à raison d'1h par semaine). Absolument insuffisant pour espérer comprendre le moindre dialogue, suffisant cependant pour bien faire rire votre amie avec votre merveilleux accentCitation
ladna
1/ Dans le cas (le plus fréquent) où il s'agit d'un(e) Français(e) et d'un(e) Russe et que le couple prévoit de vivre en France dans l'avenir.Selon vous, le Français doit-il apprendre le Russe ? Si oui, afin d'atteindre un niveau courant ? Un niveau intermédiaire suffit ?

. Pour ma part, j'ai la chance d'avoir rencontré une jeune femme quasiment bilingue français-russe. Elle fait des études de langues françaises, et a le DELF C1, donc ça aide royalement... Cependant, et je voudrais que vous le compreniez, ce n'est pas parce que je peux parler de tout et n'importe quoi, avec n'importe quel niveau de langage en français avec elle que je ne fais pas l'effort d'apprendre sa langue!! Bien au contraire. Depuis que je l'ai rencontré, je suis des cours de Russe à raison de 2h par semaine (cours particulier), je prends vraiment cela très à cœur, et c'est un réel plaisir que de me rendre à ces cours toutes les semaines, vraiment. Et je ne compte pas m'arrêter tant que je ne serais pas capable de communiquer correctement et sereinement avec un russe. Comme le dit simia-guérin, c'est la richesse des couples mixtes, et votre propre richesse personnelle.
Car en effet ce n'est pas simplement "pour faire plaisir" à sa chérie, l'intérêt est surtout pour soi-même, pour découvrir une nouvelle langue, une nouvelle culture, et développer son esprit. On peut voir la richesse d'un homme à sa connaissance des langues. Il faut avoir envie pour soi-même je pense, c'est important et c'est ça le plus efficace. Il ne faut pas être en proie a de la fainéantise intellectuel
. Je nuance cependant mes propos en comprenant qu'il n'est pas forcément aisé d'avoir les moyens et le temps suffisant pour s'y mettre à fond, comme vous le faites remarquer. L'important est de se former petit à petit, et d'avoir toujours la volonté de se construire intellectuellement, peu importe combien de temps ça prend. Ma belle me dit souvent qu'on ne peut vraiment apprécier un pays que lorsqu'on connaît suffisamment sa langue et sa culture. Je suis assez d'accord.
Réciproquement, ça marche de la même manière selon moi
Votre belle, si elle compte s'installer avec vous en France, devra s'y mettre elle aussi
C'est bien mieux de donner du sens à tout ces "mourmourmour" qu'elle va entendre à longueur de journée une fois en France
Et il vaut mieux pour elle, afin qu'elle se sente mieux, qu'elle ai des notions voir plus de français avant de se marier oui... d'ailleurs, autant que vous pouvez retarder le mariage, faites le, c'est important d'apprendre à mieux se connaître et à mieux communiquer avant, ça n'en sera que plus facile après. Quoiqu'il en soit, si vous continuez vos efforts et qu'elle accepte d'en faire, et que vous vous aimez, je ne pense pas que votre couple échouera à cause de la langue. Non, vraiment. Sauf si rien n'est fait sur la durée pour améliorer les choses de ce côté là , bien entendu
Ca passera au début, puis viendront les problèmes, et là vous vous rendrez compte que c'est difficile(et je rejoins là ce que dit zelmak). Si aucun des deux ne souhaite faire l'effort d'apprendre la langue de l'autre, je crois que c'est très difficile en effet de construire une relation durable...les exceptions existent peut-être, mais bon...un couple qui démarre comme ça, ça me paraît mal parti...Citation
ladna
3/ Dans quelle mesure est-il possible - et est-ce vraiment possible - de construire une relation durable (?) si l'homme et la femme ne parlent pas couramment la langue de l'autre (pas les deux, mais disons si la femme russe ne parle pas couramment le Français ET si l'homme français ne parle pas couramment le Russe).

Gardez courage, depuis 1an et demie que vous apprenez le Russe, vous devez déjà avoir un niveau correct. Si elle vous rejoint, vous pourrez en plus avoir l'occasion de dialoguer plus souvent et vous exercez bien plus, et les progrès n'en seront que plus rapides. N'importe qui peut apprendre une langue et la maîtriser suffisamment pour bien communiquer, sans devoir y passer toute sa vie. Il faut s'en donner les moyens et en vouloir, mais si vous souhaitez vraiment épouser cette jeune femme, c'est que vous en avez envie
J'adore ce forum, il y a énormément de personnes généreuses prêtent à conseiller et à raconter leur histoire personnelle, c'est très intéressant et particulièrement touchant.
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 01, 2011 10:48AM | Registered: 6 years ago Posts: 201 |
La langue est extrêmement importante tout d'abord pour l'intégration du conjoint dans le pays choisi (France, Russie ou pays tiers) puis, comme l'a si bien analysé zelmak, lors de conflits inévitables au sein du couple.
Je voudrais raconter une anecdote à ce sujet sur notre couple. Un soir, j'ai dit à mon homme que nos enfants, s'ils naissaient et grandissaient en Allemagne oú nous vivons actuellement, seraient sûrement allemands, au moins culturellement parlant. Mon homme a eu un haut-les coeurs et m'a rétorqué avec humeur que ses enfants ne seraient jamais allemands... s'est ensuivie une discussion sur l'héritage culturel, et aussi et surtout sur le patriotisme, conversation menée en russe mâtinée d'allemand selon les besoins. Mon homme s'est indigné devant mon peu de sentiment patriotique (je suis francaise mais pragmatique, si mes enfants grandissent en Allemagne, eh bien ils auront aussi une culture allemande, et ce n'est pas la fin du monde). Pour lui la patrie (rodina) était sacrée et se sentiment de la mère patrie se doit d'être transmis aux descendants. Moi je trouve cela un brin suranné et le terme de patrie m'évoque en francais certaines pages sombres de l'histoire francaise (Travail, Famille, Patrie). Le mot n'est pas forcément totalement connoté négativement en francais, mais personnellement il m'inspire une certaine méfiance et une tentation de repli sur soi. Bref le terme patrie en France me semble trop fortement relié à une compréhension exclusive de ses origines, une compréhension qui exclut ceux qui ne font pas partie de cette "mère patrie"... Je lui ai donc dit que je ne me sentais pas patriotique de la France, peut etre seulement de l'Alsace d'oú je viens. Il nous a fallu bien 2 heures de discussion animée pour comprendre que sa notion de patrie en russe (rodina) ne corresponds pas à ma notion de patrie en francais, et de lá venait le malentendu. Le terme patrie est vécu par lui comme quelque chose de positif, alors qu'il ne m'inspire à moi que méfiance (bien fondée ou non). Au fond j'aime ma terre d'origine (l'Alsace) certainement autant que lui ses origines cosaques (c'est un cosaque du Don), mais je ne suis pas focalisée dessus ...
Enfin voilà une petite anecdote pour relater le poids des mots et de sa langue d'origine. Le sujet de notre dispute peut sembler trivial, pourtant il révèle une conception du monde et du rapport à l'autre différente, et c'est en cela qu'il est vital de connaitre la langue de l'autre et si possible d'en saisir au maximum les nuances (cela prends du temps), car cela est une clé de la personne toute entière et de son rapport au monde et à l'autre.
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 01, 2011 06:13PM | Registered: 8 years ago Posts: 519 |
Je pense que beaucoup ont trop tendance à percevoir la langue sur son aspect spécifiquement technique et le considérer uniquement comme un outil. On peut connaître par coeur le dico, si on à pas une approche culturelle, d'ailleurs les cours de langue sont associés généralement aux cours de civilisations, on passe à côté. La connaissance limitée d'une langue peut se surmonter si on a quand même la curiosité et les capacités de saisir la mentalité des personnes et de la culture étrangère qu'on cotoie mais pour cela je pense qu'un minimum d'imersion est nécessaire. A l'inverse, on peut connaître une langue sur le bout des doigts et être incapable d'appréhender l'autre, si on utilise la langue de l'autre qu'avec ses références et concepts à soi.
La langue est ni plus ni moins l'expression de notre identité, identité qui est le résultat d'une interaction continue de nous et notre environement. De plus la langue est une chose vivante qui définit toujours la culture à laquelle elle est associée, à un moment donné. N'oubliez donc jamais que pour une immense majorité d'entre nous, nous exprimerons en Russe notre identité de Français, car derrière un mot, malgré la connaissance technique de sa traduction, c'est la vérité du concept associé qu'il est important d'appréhender. Parce que vous pourrez toujours comprendre et traduire des mots comme "éducation", "respect" ou "mariage", si vous ne vous souciez qu'approximativement de la réalité du concept qu'il entraîne chez l'autre en vous fiant seulement à votre définition, vous risquez d'être surpris par la fait que non, tout ne va pas de soi, même si on l'avait dit. En deux mots vous pouvez être d'accord pour vous mariez, mais cela posera des problèmes énormes si la connaissance superficielle de la langue ne vous a pas fait comprendre la différence de comportements attendus selon la culture qui exprime ce mot. Ce qu'il est promordial, il me semble, de comprendre, c'est que la maîtrise approximative de la langue sème des tonnes d'ambiguités à long terme dans la relation, ambiguités qui peuvent amener les deux conjoints à vivre un décalage, un doute, quelque chose qui ne va pas dont ils n'indentifient pas forcément la cause. Tout simplement, on ne se rend pas compte qu'on utilise peut-être les mêmes mots mais qu'on parle pas des mêmes choses. Un mot engage des comportements, et les comportements associés à un mot ne sont pas toujours les mêmes selon les cultures. Le savoir permet d'anticiper les effets néfastes de l'erreur d'interprétation. On développe la tolérance, on prend le réflexe de ne pas donner à la parole la valeur d'engagement qu'elle a pour quelqu'un de la même culture. Comprendre réciproquement la culture sociétale (les moeurs) de l'autre est obligatoire. Avoir la lucidité, ce qui demande une certaine force, de se défaire de ses propres réflexes culturels est nécessaire pour interpréter au plus juste ce qu'exprime l'autre, même si techniquement cela semble simple de traduire. Et je le répète, ce n'est pas quand tout va bien et qu'on roucoule que le bas blesse. C'est bien quand on a besoin mettre le doigt sur ce qui ne va pas. Et le risque est de s'apercevoir qu'on ne comprend pas pourquoi les choses ne vont pas quand pourtant on s'était mis d'accord... Les comportements associés et attendus divergeaient malgré tout, car la lacune vient aussi du manque de connaissance de la mentalité de l'autre qui a invariablement besoin de la langue pour être comblée. Il ne faut jamais, en gros, oublier que la langue est le rapport d'un individu à sa culture, pas à la notre. Ce qui va à l'encontre de tout nos processus réflexes de communication et c'est en ça que la maîtrise d'une langue est complexe parce qu'elle va bien au-delà de ce que raconte le dico.
Par ex, se marier avec un français ou une française quand on est de même nationalité est déjà périlleux si on brûle les étapes. Imaginez donc avec quelqu'un que vous connaissez depuis peu, d'une autre culture, avec qui vous communiquez avec moins d'aisance handicapés par l'approche linguistique, qu'on voit une semaine tous les je ne sais pas combien et pour qui le concept de mariage n'aura pas peut-être la même signification que la votre... Oups... Accordons nous au-moins sur le fait qu'il ne faudra pas être naïf sur les obstacles à franchir pour que la relation tiennent le choc et que notre esprit et celui de notre dulcinée devra faire preuve de la plus grande des ouvertures... Avoir conscience de cela est selon moi indispensable pour ne pas aller à l'échec. Mais a priori, avoir un(e) ami(e) étranger prouve déjà un intérêt de fait pour l'extérieur, pour la différence et donc laisse à penser que les gens qui s'engagent dans cette fois ont une certaine ouverture d'esprit à la base pour appréhender les situations de décalage inhérents aux couples bi-nationaux. Enfin, je pense qu'une personne dont la vie l'amène à fréquenter des étrangers, par intérêt, par envie, aura déjà une base pour vivre une relation avec, en l'occurence, une personne russe. Par contre, quelqu'un qui irait "faire son marché" sur catalogue, en ne cherchant qu'une femme sans s'être jamais soucié du pays ni de la culture d'où elle provient, n'aura que peu de chance de trouver l'épanouissement pour, justement, les raisons liés à l'appréhension de la culture évoquées plus haut.
Je pourrais illustrer concrètement mes propos par des exemples éloquents mais malheureusement je manque de temps. Pour une prochaine fois?
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 02, 2011 11:05AM | Registered: 4 years ago Posts: 2,301 |
Apprendre la langue de son/sa conjoint(e) c'est bien mais encore faut il être doué pour les langues ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Et dans ce cas il vaut mieux se trouver une italienne qu'une coréenne. De plus on peut facilement connaitre des incompréhensions, une grosse incommunabilité avec un Français alors qu'avec un parfait étranger qui a une culture, une langue totalement différente une compréhension profonde immédiate de l'autre peut se faire sans échanger un mot d'une langue commune. C'est ce qui m'est arrivé dans un pays du caucause, un homme qui ne connaissait comme moi que quelques mots d'anglais, a su en quelques heures voir et décrire ma personnalité profonde alors que mon frère ne sait toujours pas qui je suis. L'important c'est la qualité de ce qui vous lie au départ, toutes ces choses qui peut prendre le nom d 'amour et qui font qu'une langue commune est pour un temps secondaire. Sans cette base à quoi bon se coltiner les terribles déclinaisons russes?
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 02, 2011 01:23PM | Registered: 3 years ago Posts: 21 |
Pour moi apprendre la langue de l'autre, même si on ne vivra pas dans son pays 'est incontestablement une preuve d'amour, encore faut - il avoir le temps, la patience, une réelle motivation au delà de l'affection que l'on porte à l'autre.
Pour ma part, mon copain et moi on a toujours utilisé l'anglais, on le parle assez bien, vu qu'on a eu plusieurs expériences dans des pays anglophones. Bon on ne le parle pas comme si c'était notre langue maternelle, je pense que ça doit être comique de nous voir pour un anglais, un russe avec son accent russe et moi avec mon accent français.....surtout qu'en fait, par flemme je pense, on ne fait pas trop d'efforts pour employer des tournures idiomatiques (pourtant je m'y connais, j'ai une licence d'anglais) ou avoir un super accent......je tourne parfois mes phrases à la française et lui à la russe, en gros, on ne progresse pas vraiment en anglais, à tous les 2. Après je pense quand même qu'on a un niveau suffisant, on arrive à regarder des films, faire la cuisine ensemble, délirer ensemble (mais j'avoue parfois certaines blagues par exemple ne passent pas de la même façon pour lui ou pour moi). Bref on arrive bien à se comprendre, d'ailleurs la plupart des gens qui ont un bon niveau en anglais ne nous comprennent pas quand on parle entre nous, je pense que notre langage devient de plus en plus codé et qu'on s'est habitué à la façon de parler de l'autre (comme une mère qui comprend le charabia de ses enfants de 3 ans). Vous me direz.....c'est un peu bizarre !!! Mais on est heureux comme ça.
Là ou les problèmes arrivent comme le présentait Zelmak, c'est lorqu'on s'engueule. Déjà que dans sa langue maternelle il peut arriver d'avoir ce sentiment de n'avoir plus de mots ou d'avoir la parole paralysée tellement on est énervé, ben imaginez en anglais. J'ai déjà remarqué aussi que lui par moment, sans le faire exprès, il est beaucoup plus direct que moi dans tout ce qu'il dit ou ce qu'il me demande, il emploie des mots un peu trop crus (pas grossiers mais juste trop évidents) qui passeraient pas en français. Mais depuis, même si ça m'embête encore parfois, j'ai compris que c'est la langue russe et le tempérament qui va avec qui est comme ça. Alors que moi, c'est toujours "thank you "please" "sorry" ou toujours essayer de m'exprimer par des sous entendus quand j'ai peur de le bousculer (et il comprend pas forcément).
Au sujet du russe, j'ai presque tout appris toute seule, l'alphabet, les mots de base, sur internet, en surfant sur le net russe etc......j'ai aussi pris des cours pendant 3 semaines avant de partir en Russie pour 3 mois, mais ça ne m'a servi à rien, c'était trop pour débutants (bien que mon niveau lui -même ne vole pas haut, je comprend un peu mais pour m'exprimer c'est la galère. Enfin j'arrive quand même à aller faire des courses toute seule etc. Mais je suis loin de comprendre les conversations des gens...je sais trop peu de choses au niveau grammatical et je manque cruellement de vocabulaire. Et ici, j'ai pas pu prendre des cours. Mais ce qui est sûr, c'est que j'ai vraiment envie de continuer le russe, d'une part parce que si mon copain est l'homme de ma vie (j'espère...) je veux pouvoir parler russe un jour avec lui, comprendre ce qu'il dit à mes enfants...je sais pas moi j'ai l'impression que c'est important, et même, parce que cette langue me plait et je voudrais continuer, pour ma culture. Et lui, pour le français, il a aussi pris des cours, et il sait dire quelques petits trucs, il a vraiment très vite appris (mais je pense que c'est une langue plus facile que le russe). Lui aussi il voudrait apprendre mais je sais qu'il est aussi feignant que moi voire plus.
Notre problème c'est l'anglais, l'anglais nous empêche de vraiment ressentir le besoin de parler français ou russe.
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 02, 2011 05:43PM | Registered: 8 years ago Posts: 519 |
Un grand merci Caribou, votre anecdote illustre absolument le sens que je voulais donner à mon propos.
Pour moi, les décalages, divergenges, ambiguités ont vraiment commencé lorsque notre fils est né. Pour les raisons que vous avez évoquées, la nécessité irrationnelle de ma femme de faire de son fils un fils de la Russie avant d'en faire le sien, l'éducation plus généralement. Tout était dans le fait que les concepts associés aux termes "éducation", "avoir un enfant", "grandir", "famille" etc... n'étaient pas sur le même curseur pour les deux conjoints, même si nous étions, sur les mots, d'accord... Mais nos imprécisions dans les discussions sont pour moi le fruit de ces conséquences néfastes. Nous pensions vraiment vouloir faire les mêmes choix. Notre sincérité nous a induit en erreur.
Ma femme voulait une famille, moi aussi. Un enfant est arrivé. Mais là où je pensais que nous étions d'accord sur la définition de la famille, j'ai compris au bout de quelques temps, que nous avions des vues totalement différentes de ce que ce mot signifiait dans la conception de la vivre... Par exemple, la place de sa mère, et la quasi oblibligation de l'intégrer au processus d'éducation au point d'en faire une raison indiscutable de vivre chez mes beaux parents alors que nous vivions à Paris, mes beaux parents n'ayant ensuite de cesse de me harceler sur cette idée avec la culpabilisation (je brisais leur famille, à quoi ca sert d'être une famille si on ne vivait pas ensemble, que je me fichais de la famille, etc...) systêmatique à laquelle j'avais droit, me semblant de mon point de vue totalement injuste, que parcque mes parents gardaient pour notre fils ce que ma femme appellait une distance, elle voyait chez eux un manque d'intérêt... Non, c'est juste que ma définition du mot famille n'avait pas les mêmes implications que pour elle et que mes parents n'avaient nullement l'intention de venir vivre chez nous. Et on ne se rend compte de ça pas par une discussion, et une demande de précision, mais à l'usage, à la longue, dans le production d'un certain nombre de comportements qui tranchent étrangement avec ce que vous pensiez connaître de l'autre. Ensuite s'installe une tension latente générée par cette idée gênante pour l'esprit, de peut être avoir fait fausse route et ne pas avoir à côté de soi finalement celle (ou celui) qu'on croyait avoir. Ne pas posséder une maîtrise de la langue correct, pour aborder ces sujets en amont et en profondeur, en se sondant l'un l'autre aura été une des pricipales causes des conflits qui ont été générés à cause de cette vision différente... Le piège a en fait été clairement d'abandonner la profondeur de discussion involontairement pour un grand nombre de sujet vitaux, de ne les avoir parcourus qu'en surface, pour la raison qu'au bout d'un certains temps, la nécessité de traduire, de chercher, de corriger les mots et les tournures de phrases pour préciser les sens, coûtaient en énergie et nous lassait, en ayant conscience malgré tout qu'Olga maîtrisait plus que correctement le français. Inconsciemment, on lache prise et on se contente de globalité. Simplement, au moment où les choix de vie se présentent, et qu'on a pas poussé outre mesure la discussion, qu'on se satisfait aussi de seulement croire connaître l'autre, cela vous entraîne dans des décisions aléatoires. On ne se rend compte de ceci que lorsque l'erreur est déjà effectuée. Sans compter, hormis le fait spécifique du problème que cause la maîtrise approximative de la langue, que la relation peut aussi avoir ses fonctionnements pas toujours bien huilés, de part le fait seulement des personnalités de chacun et des ajustements inhérents à la vie de couple et pas toujours évidents à effectuer.
Comme quoi, il est toujours nécessaire de pousser plus loin la compréhension de certains mots pouvant entraîner les décisions importantes de la vie à deux. Et le piège c'est que rien ne pousse à se trouver des desaccords alors qu'on vit sur un petit nuage. On ne veut jamais risquer une discussion périlleuse lorsqu'une histoire démarre et que les sentiments naissent. Je pense malgré tout, qu'il vaut mieux briser un peu l'enflammade et gagner en connaissance réciproque plutôt de remettre à plus tard... trop tard?
Par exemple, chez le conjoint de Caribou, n'est-il pas important, au regard de sa vision du patriotisme décalée, de savoir si implicitement, la venue d'un enfant n'entrainera pas une forme de pression pour aller vivre en Russie? C'est ce qui s'est passé pour moi...
Il faut toujours avoir à l'esprit que la sicérité de l'amour, en psychologie, n'est jamais une garantie de justesse de raisonnement, bien au contraire.
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 02, 2011 10:14PM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
Kokaz écrivait:
Apprendre la langue de son/sa conjoint(e) c'est bien mais encore faut il être doué pour les langues ce qui n'est pas le cas de tout le monde.
C'est peut-être vrai ce que tu dis mais j'ai du mal à évaluer dans quelle mesure être doué joue tant que ça (être doué, je le définirais comme la capacité d'apprentissage "naturelle", hors investissement personnel). Je crois que c'est surtout une question de motivation ET de capacité de TRAVAIL personnel, en quantité aussi.
Par exemple dans mon cas, je ne pense ni être doué ni être pas doué au départ pour apprendre le russe. J'ai uniquement appris à lire extrêmement vite (en 2 soirées, j'ai appris les lettres russes) puis j'ai un peu confondu disons 10 à 20% des lettres pendant les 2 semaines qui ont suivi et où je m'exerçais sur des mots dont je pouvais vérifier la phonétique. MAIS après, je n'ai jamais eu l'impression que c'était facile (ou difficile) mais seulement corélé : 1/ à la quantité de travail personnel 2/ à la capacité à se concentrer au moins 45min (et à pouvoir même l'être 2 ou 3h certains soirs où on a le cerveau qui retient comme une éponge) 3/ à la volonté/motivation (qui entraîne 1 et 2)
Et dans ce cas il vaut mieux se trouver une italienne qu'une coréenne. De plus on peut facilement connaitre des incompréhensions, une grosse incommunabilité avec un Français alors qu'avec un parfait étranger qui a une culture, une langue totalement différente une compréhension profonde immédiate de l'autre peut se faire sans échanger un mot d'une langue commune.
Je suis d'accord aussi, ce qui signifie qu'il n'y aurait pas forcément absolument besoin de connaître la langue de l'autre pour que naisse l'amour. Mais après cette période ?
C'est ce qui m'est arrivé dans un pays
du caucause,
Un Tchétchène ??
mais bon, il t'a compris, le courant passait bien, la compréhension était parfaite, mais tu crois que si vous aviez continué ensemble, il n'aurait pas été nécessaire que l'un des deux au moins apprenne la langue de l'autre ?
un homme qui ne connaissait comme moi
que quelques mots d'anglais, a su en quelques heures voir et décrire ma personnalité profonde alors que mon frère ne sait toujours pas qui je suis. L'important c'est la qualité de ce qui vous lie au départ, toutes ces choses qui peut prendre le nom d 'amour et qui font qu'une langue commune est pour un temps secondaire. Sans cette base à quoi bon se coltiner les terribles déclinaisons russes?
je crois que les déclinaisons ne sont pas si dures. En fait, il ne faut pas chercher à les apprendre par coeur (car il y en a absoulment trop) mais il faut, pour chacun des 6 cas, pour les adjectifs féminin/masc/neutre/singuliers puis pluriels et pour les noms noms/fém/masc/neutres/Sing et plu, donc une soixantaine de cas... Impossible à apprendre par coeur, quoique si, possible, mais on les réaoublie sans cesse. La seule solution est de passer en revue chacun des cas avec au moins une phrase exemple puis pratiquer / pratiquer au moins 2 fois par semaine, voire plus en lisant des mails par exemple... Et donc quand on s'astreint à pratiquer en lisant par ex les mails en russe de sa copine, on voit qu'elle utilise tous les cas et du fait de la répétition et de la fréquence (au moins 4 par semaine), moi c'est comme ça que j'ai appris à maîtriser environ 80/90% des déclinaisons.
Ce que je trouve un peu plus dur en Russe qu'en Français ou en Anglais, c'est la longueur de bcp de mots (il y a énormément de mots importants à 4/5 syllabes), donc plus durs à retenir. De plus, la formation des différents aspects d'un mot est moins systématique qu'en Français. Par exemple en français si on ajoute "able" (comme en anglais), à la fin d'un verbe on donne un certain sens bien pratique alors qu'en russe je n'ai pas vu cette possibilité de systématiser. Pareil avec les adverbes, en français c'est hyper systématique, on ajoute "ment"
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 02, 2011 11:20PM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
caribou écrivait:
Je voudrais raconter une anecdote à ce sujet sur notre couple. Un soir, j'ai dit à mon homme que nos enfants, s'ils naissaient et grandissaient en Allemagne oú nous vivons actuellement, seraient sûrement allemands, au moins culturellement parlant. Mon homme a eu un haut-les coeurs et m'a rétorqué avec humeur que ses enfants ne seraient jamais allemands... s'est ensuivie une discussion sur l'héritage culturel, et aussi et surtout sur le patriotisme, conversation menée en russe mâtinée d'allemand selon les besoins. Mon homme s'est indigné devant mon peu de sentiment patriotique (je suis francaise mais pragmatique, si mes enfants grandissent en Allemagne, eh bien ils auront aussi une culture allemande, et ce n'est pas la fin du monde). Pour lui la patrie (rodina) était sacrée et se sentiment de la mère patrie se doit d'être transmis aux descendants. Moi je trouve cela un brin suranné et le terme de patrie m'évoque en francais certaines pages sombres de l'histoire francaise (Travail, Famille, Patrie). Le mot n'est pas forcément totalement connoté négativement en francais, mais personnellement il m'inspire une certaine méfiance et une tentation de repli sur soi. Bref le terme patrie en France me semble trop fortement relié à une compréhension exclusive de ses origines, une compréhension qui exclut ceux qui ne font pas partie de cette "mère patrie"... Je lui ai donc dit que je ne me sentais pas patriotique de la France, peut etre seulement de l'Alsace d'oú je viens. Il nous a fallu bien 2 heures de discussion animée pour comprendre que sa notion de patrie en russe (rodina) ne corresponds pas à ma notion de patrie en francais, et de lá venait le malentendu. Le terme patrie est vécu par lui comme quelque chose de positif, alors qu'il ne m'inspire à moi que méfiance (bien fondée ou non). Au fond j'aime ma terre d'origine (l'Alsace) certainement autant que lui ses origines cosaques (c'est un cosaque du Don), mais je ne suis pas focalisée dessus ...
Enfin voilà une petite anecdote pour relater le poids des mots et de sa langue d'origine. Le sujet de notre dispute peut sembler trivial, pourtant il révèle une conception du monde et du rapport à l'autre différente, et c'est en cela qu'il est vital de connaitre la langue de l'autre et si possible d'en saisir au maximum les nuances (cela prends du temps), car cela est une clé de la personne toute entière et de son rapport au monde et à l'autre.
Intéressante anedocte. La réaction de votre ami ne m'étonne pas car j'ai remarqué chez tous les Russes que j'ai connus depuis 2 ans et 5 voyages qu'ils/elles sont en moyenne très patriotes, en tout cas beaucoup plus que la moyenne des Français, qui eux sont beaucoup plus enclins à s'auto flageller (et à se repentir de tout 
Personnellement, je suis totalement en phase avec le patriotisme russe, étant moi-même patriote et fier d'avoir pour patrie la France. De plus, deux de mes grands parents (les parents de ma mère) sont nés et ont vécu en Russie jusqu'à l'âge de 25 ans environ avant d'émigrer en France, je me sens donc des racines en Russie même si ma mère et ses frères et soeurs ne parlent pas russe, leurs parents n'ayant pas voulu leur parler en russe car apparemment, ils parlaient dans d'autres langues et voulaient couper tout avec la Russie. Sauf quelques chansons en Russe.
Ce que je veux dire aussi sur le patriotisme russe, c'est que TOUTES les russes que j'ai rencontrées - très différentes les unes des autres - et avec qui j'ai eu diverses discussions (y compris avec 2 francophones) étaient très patriotes et détestaient entendre qu'on critique leur pays. De plus, elles étaient également hyper critiques vis-à -vis des Etats Unis, alors que pourtant je vois bien qu'il y a de l'admiration russe pour l'Amérique et que les Russes imitent constamment les Américains, tout en les moquant (un peu comme l'antiaméricanisme français...).
Je pourrais donner quelques exemples des phrases patriotiques les plus drôles que j'ai entendues. Par exemple sur l'histoire :
=> d'une 1ère amie : "l'URSS n'a jamais voulu occuper l'Europe"
de mon amie : "Ah bon, les Américains donnaient du chocolat aux Français à la libération ? moi : Ben oui, ils ont libéré la France ? Elle : Mais non, ils sont arrivés quand la guerre était déjà finie!
Plus récemment, à propos des révolutions en Egypte et en Tunisie, ma copine m'a dit qu'elle était absolument certaine que c'étaient des Américains qui menaient ces révolutions !! Tout comme pour elle, la révolution orange a été téléguidée par les Américains
)
A part ça, les Russes, globalement, n'aiment vraiment pas les Ukrainiens (qui détestent également les Russes, il n'y a qu'à voir comment les douaniers ukrainiens traitent les Russes - comme des chiens - lorsque ceux ci entrent en Ukraine). Les Russes détestent généralement les Ouzbekhs, les Tadjiks, et quantité d'autres peuples qu'ils jugent stupides, qu'ils accusent d'être des clandestins en Russie, d'être des criminels...
Et plus généralement, les Russes sont extrêmement fiers de leur culture (je trouve du reste qu'ils peuvent, mais ils ne sont pas les seuls), mais je constate aussi qu'ils estiment être les personnes les plus intelligentes dans le monde et que, pour illustrer cela, si l'Amérique marche bien, c'est parce qu'il y a là bas de nombreux Russes dans les professions les plus intélectuelles!!
De plus, pour les Russes, la nationalité se transmet généralement par les parents, pas seulement comme chez nous si on est né sur leur territoire. Pour eux, être russe, c'est presque biologique. Et d'ailleurs, tout ce qui n'est pas russe blanc de "souche russe" n'est pas russe, même si les personnes en question ont la nationalité russe (par exemple, ils ne considèrent pas les Tchétchènes, même si'ls ont des passeports russes, comme des Russes, ni même les Juifs russes, quand bien même ils ont des passeports russes depuis longtemps et quand bien même on les retrouve à des postes d'universitaires, de médecins, de scientifiques, médecins importants ou de musiciens...). Etre russe, pour eux, c'est assez restrictif.
Et sur votre exemple, pour un Russe, c'est INIMAGINABLE que son enfant soit allemand
ce qui fait que je trouve logique la réaction d'effroi de votre ami
)
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 03, 2011 03:14AM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
myomyo écrivait:
Ton message est très intéressant je trouve car très concret et aussi le problème de l'Anglais qui rend feignant... Je vais faire qqs commentaires ci-dessous.
Pour moi apprendre la langue de l'autre, même si on ne vivra pas dans son pays 'est incontestablement une preuve d'amour, encore faut - il avoir le temps, la patience, une réelle motivation au delà de l'affection que l'on porte à l'autre.
Pour ma part, mon copain et moi on a toujours utilisé l'anglais, on le parle assez bien, vu qu'on a eu plusieurs expériences dans des pays anglophones.
C'est notre cas car j'ai un peu sous estimé le niveau d'Anglais de ma copine, le mien est courant, surtout la grammaire car j'ai eu une prof excellente au collège pendant 4 ans et à la fin de la 3ème, on avait vu et assimilé tous les points de la grammaire anglaise, qui est du reste, comme l'Allemand, très très proche du Français - du moins pour les temps et formes verbales. En fait, mon amie a un niveau suffisant pour s'exprimer en gros et dire ce qu'elle veut, c'est peut-être pour ça qu'elle ne me parle pas en Russe, ce que je trouve étrange. Elle fait beaucoup de fautes en Anglais, mais comme je connais maintenant parfaitement son niveau, je corrige dans ma tête et comprends ce qu'elle veut dire. Il m'est arrivé plusieurs fois d'assister à des quiproquos et malentendus complets entre elle et des Français (des vendeuses, des employées de chateaux...), qui ne comprenaient pas son Anglais du fait de leur propre niveau assez bas. En fait, quand deux personnes qui ont un niveau moyen en Anglais se parlent, du fait aussi des différences d'accent, ça marche mal.
Mais je connais tellement les mots que ma copine connaît et ceux qu'elle ne connaît pas qu'il m'arrive même de ne plus employer de tournure conditionnel puis futur antérieur et de simplifier de manière - assez pourrie - mais bon... par exemple "if you had arrived earlier, we wouldn't have missed the train" je simplifie en "if you didn't arrive so late we will not miss the train"... C'est pourri mais bon, ça n'engendre pas d'incompréhension... Ce qui est étrange c'est que ça se dit assez facilement en Russe et donc je ne comprends pas pourquoi les Russes connaissent si mal ces formes verbales en Anglais.
Bon on ne le parle pas comme si c'était notre langue maternelle, je pense que ça doit être comique de nous voir pour un anglais, un russe avec son accent russe et moi avec mon accent français.....surtout qu'en fait, par flemme je pense, on ne fait pas trop d'efforts pour employer des tournures idiomatiques (pourtant je m'y connais, j'ai une licence d'anglais) ou avoir un super accent......je tourne parfois mes phrases à la française et lui à la russe, en gros, on ne progresse pas vraiment en anglais, à tous les 2. Après je pense quand même qu'on a un niveau suffisant, on arrive à regarder des films, faire la cuisine ensemble, délirer ensemble (mais j'avoue parfois certaines blagues par exemple ne passent pas de la même façon pour lui ou pour moi). Bref on arrive bien à se comprendre, d'ailleurs la plupart des gens qui ont un bon niveau en anglais ne nous comprennent pas quand on parle entre nous, je pense que notre langage devient de plus en plus codé et qu'on s'est habitué à la façon de parler de l'autre (comme une mère qui comprend le charabia de ses enfants de 3 ans). Vous me direz.....c'est un peu bizarre !!! Mais on est heureux comme ça.
Nous aussi on a de plus en plus un langage codé où des mots français - pas hyper fréquents - sont intégrés dans de l'Anglais et dans du Russe! C'est aussi moi qui met du Russe quand je pense qu'elle ne comprendra pas tout en Anglais et que je connais le mot russe. Par exemple on dit souvent "it's not so strachna" ou "it's yjac"... :-) je crois que le verbe être au présent manque au russe.
Mais je retrouve bien dans ce que tu dis deux sortes de problèmes : - la connaissance de l'Anglais est un frein important à son apprentissage du Français qui n'a quasiment pas commencé - la connaissance de l'Anglais constitue un frein pour qu'elle me parle en Russe. Plusieurs fois, je lui ai demandé pourquoi elle ne me parlait pas en russe : en général, elle dit qu'elle ne sait pas ou qu'elle a peur que je ne comprenne pas, alors qu'en réalité, j'ai constaté que je comprends puisque je sais généralement traduire en Russe ce qu'elle dit en Anglais. En fait, j'ai l'impression que c'est psychologique : pour elle, si elle parlait en Russe, elle dirait beaucoup plus de trucs et utiliserait plein de mots et de tournures que je ne comprendrais / connaîtrais pas, donc elle ne le fait pas et en reste à l'Anglais. Mais souvent, je n'arrie pas à comprendre qu'elle ne soit pas frustrée de s'en tenir à s'exprimer dans une langue, l'Anglais, où elle manque beucoup de vocabulaire!
Et autre chose : je trouve qu'un(e) Français(e) et un(e) Russe qui communiquent en Anglais c'est un peu "pathétique". Déjà , quand tu dis que si des Anglais vous entendaient quand vous communiquez en Anglais ils trouveraient ça comique, je trouve que c'est dommage car en continuant comme ça, on expose notre stagnation et on s'empêche de progresser.
La seule communication qui me paraît bonne et porteuse d'avenir, c'est les mails qu'elle m'envoie (uniquement en Russe) car là , elle peut dire à peu près ce qu'elle veut (quand elle m'écrivait en Anglais, après qqs mails, c'était devenu 4 lignes et elle ne racontait rien car rien n'est plus difficile que d'écrire dans une langue étrangère...
Là ou les problèmes arrivent comme le présentait Zelmak, c'est lorqu'on s'engueule. Déjà que dans sa langue maternelle il peut arriver d'avoir ce sentiment de n'avoir plus de mots ou d'avoir la parole paralysée tellement on est énervé, ben imaginez en anglais.
Alors oui c'est le problème. Mais dans le cas de mon amie, quand elle n'est pas contente, elle se mure dans le silence total (ça peut durer 24 heures!!). D'ailleurs je ne l'ai jamais vue s'énerver mais elle se mure dans le silence et fait la gueule... Des fois, je me demande ce que ce serait si elle se lâchait et parlait russe mais ça n'est jamais arrivé.
J'ai déjà remarqué aussi que lui par moment, sans le faire exprès, il est beaucoup plus direct que moi dans tout ce qu'il dit ou ce qu'il me demande, il emploie des mots un peu trop crus (pas grossiers mais juste trop évidents) qui passeraient pas en français. Mais depuis, même si ça m'embête encore parfois, j'ai compris que c'est la langue russe et le tempérament qui va avec qui est comme ça.
A propos du langage, je pense à un exemple similaire chez ma copne : dans un Monoprix, elle mettait les achats dans un plastique et comme il en manquait, je l'ai entendue dire à la caissière "give me more plastics"
cette "rudesse" m'a bien fait halluciner...
Alors que moi, c'est
toujours "thank you "please" "sorry" ou toujours essayer de m'exprimer par des sous entendus quand j'ai peur de le bousculer (et il comprend pas forcément).
Au sujet du russe, j'ai presque tout appris toute seule, l'alphabet, les mots de base, sur internet, en surfant sur le net russe etc......j'ai aussi pris des cours pendant 3 semaines avant de partir en Russie pour 3 mois, mais ça ne m'a servi à rien, c'était trop pour débutants (bien que mon niveau lui -même ne vole pas haut, je comprend un peu mais pour m'exprimer c'est la galère. Enfin j'arrive quand même à aller faire des courses toute seule etc. Mais je suis loin de comprendre les conversations des gens...je sais trop peu de choses au niveau grammatical et je manque cruellement de vocabulaire. Et ici, j'ai pas pu prendre des cours.
Mais pourquoi n'as-tu pas pris de cours quand tu es restée une aussi longue période en Russie ?
Mais ce qui est sûr, c'est que
j'ai vraiment envie de continuer le russe, d'une part parce que si mon copain est l'homme de ma vie (j'espère...) je veux pouvoir parler russe un jour avec lui, comprendre ce qu'il dit à mes enfants...je sais pas moi j'ai l'impression que c'est important, et même, parce que cette langue me plait et je voudrais continuer, pour ma culture. Et lui, pour le français, il a aussi pris des cours, et il sait dire quelques petits trucs, il a vraiment très vite appris (mais je pense que c'est une langue plus facile que le russe). Lui aussi il voudrait apprendre mais je sais qu'il est aussi feignant que moi voire plus.
Notre problème c'est l'anglais, l'anglais nous empêche de vraiment ressentir le besoin de parler français ou russe.
Eh oui, le problème c'est l'Anglais !!
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 03, 2011 11:35AM | Registered: 4 years ago Posts: 2,301 |
ladna écrivait:
Un Tchétchène ??
mais bon, il t'a compris, le courant passait bien, la compréhension était parfaite, mais tu crois que si vous aviez continué ensemble, il n'aurait pas été nécessaire que l'un des deux au moins apprenne la langue de l'autre ?
Non point un tchétchène mais un Avar généreux, une langue (l'avar) que je ne m'aventurais pas à apprendre.
Nous n'aurions pas continué ensemble car à part ce grand don, entre voyance et psychologie pointue il y avait trop peu de choses qui nous liaient. Et si je me marie avec un étranger il faudra qu'il parle français... ça sera sa preuve d'amour à lui. 
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 03, 2011 12:17PM | Registered: 6 years ago Posts: 201 |
Passionant ce fil !
Pour zelmak - perso avec mon mari nous avons beaucoup clarifié avant de nous marier, d'ailleurs le fait que nous étions pas d'accord sur certaines choses ou que nous avions des points de vue qui différaient à cause de notre culture a bien failli faire capoter notre mariage. Nous avons eu 3 ans de relation à distance, pas mal de bas même si aussi des hauts, etvraiment pris le temps d#être certains de ce qu'on voulait. La notion de la famille pour lui je l'ai comprise avant qu'on se marie. Nous avons prisle temps d'approfondir beaucoup de sujets, je le voulais absolument car je voulais savoir qui j'épousais. Nous avons eu une longue discussion ensemble. J'ai longtemps hésité à me marier car je sentais confusément cette césure due à notre arrière-plan différent. Nous communiquons toujours en russe, ce qui facilite bien les choses. Je maitrise suffisamment la langue et la culture pour saisir de facon très intuitive les différences entre nous, celles dues à nos cultures et non à notre personnalité. D'ailleurs mon problème a été longtemps de me sentir écartelée entre cette culture européenne et la culture russe. Je sentais en étant en Russie que je devenais une autre, et que adopter le point de vue uniquement russe était une sorte de reniement de mes propres origines européennes. Quel dilemne. J'ai du réfléchir à mon identité afin de pouvoir être sûre et confiante face à celle de mon mari. Je ne suis pas russe, il n'est pas francais. Nous gardons notre spécificité propre.
Je sais que lorsque les enfants viendront les beaux-parents seront plus présents. Cela dit j'ai la chance d'avoir une belle-famille dont le père a beaucoup voyagé à l'étranger et qui donc comprends comment ca fonctionne en Europe. Le projet des parents à Georgij a toujours été que leur fils (si possible) quitte la Russie pour réussir en Europe. Et mon homme, même s'il a du mal avec l'Allemagne, veut rester en Europe car il sait que c'est là où nous serons le mieux. Notre configuration est aussi différente: je suis la femme européenne, à priori c'es tmoi qui m'occuperai majoritairement des enfants, donc à moi de faire les choix, en Europe. J'ai déjà choisi contre la Russie en décidant de ne pas rejoindre mon chéri en Russie alors qu'on voulait se marier. Cela a failli nous coûter notre union mais je ne le regrette pas.
Il vaut mieux être au bord de la rupture et ensuite savoir vraiment dans quoi on s'engage plutôt que de rester à la surface des choses et de risquer son mariage! Mais bon ce n'est que mon humble expérience! Chaque couple est unique
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 03, 2011 03:26PM | Registered: 8 years ago Posts: 519 |
A moins d'être totalement billingues tous les deux dans l'anglais ou une autre langue étrangère qui ne serait pas la maternelle, je pense que communiquer de cette façon atteindra assez rapidement ses limites. Parce qu'à moins d'être deux orphelins, un couple ne vit pas coupé du reste de la planète. Et chacun des deux avait souvent une vie avant qu'il est rare de vouloir totalement oublier quand on rencontre quelqu'un... Connaître la langue de l'autre c'est aussi avoir accès à sa vie et à ceux qui la composent.
Un collègue américain et sa femme française parle allemand couramment tous les deux et ont choisit cette langue. Ca marche plutot bien, mais ils ont vraiment une très très grande maîtrise de cette langue. D'ailleurs, ils parlent aussi à leurs enfants en Allemand, qui vont dans une école de langue anglais-français. Lui, américain, travaille avec moi et a une maîtrise du français relativement correct, qui lui permet de tenir largement une conversation; elle parle aussi anglais très bien. Cet exemple pour montrer que pour le couple il y a une langue commune très bien maîtrisée pour faire fonctionner la relation normalement et la langue de chacun assez maîtrisée par le conjoint pour être intégré aux familles et aux environements respectifs et ne jamais sentir d'exclusion.
Connaître la langue de l'autre c'est ni plus ni moins connaître l'autre. Alors je ne peux même pas imaginer qu'on ne puisse concevoir essayer d'apprendre la langue du conjoint, ne serait-ce que d'en avoir la démarche. Parce qu'une langue telle l'anglais peut satisfaire un temps les besoins de la relation. Sauf qu'un jour, quand les choses vont plus loin, on rencontre nos belles-familles, on va dans le pays du conjoint, et là le manque resurgit et en né la frustration. Imaginez la reunion de famille de votre conjoint, un week end entier, où tous parlent et où vous n'avez strictement rien compris d'aucune des conversations... C'est de l'auto exclusion, même si de ci de là , on peut venir vous voir et grapiller péniblement une conversation pendant 10 minutes car un ou l'autre a toujours quelques restes d'anglais à vous proposer... La belle-famille, même si à titre individuel peut avoir certains de ces membres qui parlent anglais ou autre langue que vous connaissez, vont toujours malgré tout fonctionner en version originale entre eux, quand ils se voient et que vous êtes là . Sans compter avec les enfants, je n'imaginerais même pas non plus que mon fils parle russe à sa maman et de ne pas comprendre ce qu'ils se disent. Comme si j'étais étranger à ma propre famille!
Si ma femme n'avait pas parlé correctement le français quand nous nous sommes rencontrés, nous aurions pu un temps choisir l'anglais... Mais jamais j'aurais pu parler comme je les fais avec sa famille après avoir appris le russe dès mes premiers allers-retours là -bas. Quand j'allais dans les magasins et que les vendeurs étaient plutot jeunes, voyant que je n'étais pas russe, ils tentaient toujours de me parler en anglais spontanément pour me faciliter la tâche pour ceux qui le connaissaient; mais au début, dans un russe hésitant, je leur disais que je préférais continuer dans la langue locale pour progresser quitte à passer l'après midi; on peut choisir la facilité, mais à long terme on manque quelque chose (comme de se reposer sur son épouse quand on sort, qu'on commande au resto ou qu'on demande un renseignement ce qui je trouve lui montre finalement qu'on a que peut d'intérêt pour explorer son univers); Jusqu'au jour ou mon russe a été assez correct pour que personne n'ai à me proposer l'anglais (grand moment de satisfaction personnelle!)...
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 03, 2011 09:16PM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
zelmak écrivait:
A moins d'être totalement billingues tous les deux dans l'anglais ou une autre langue étrangère qui ne serait pas la maternelle, je pense que communiquer de cette façon atteindra assez rapidement ses limites. Parce qu'à moins d'être deux orphelins, un couple ne vit pas coupé du reste de la planète. Et chacun des deux avait souvent une vie avant qu'il est rare de vouloir totalement oublier quand on rencontre quelqu'un... Connaître la langue de l'autre c'est aussi avoir accès à sa vie et à ceux qui la composent.
Un collègue américain et sa femme française parle allemand couramment tous les deux et ont choisit cette langue. Ca marche plutot bien, mais ils ont vraiment une très très grande maîtrise de cette langue. D'ailleurs, ils parlent aussi à leurs enfants en Allemand, qui vont dans une école de langue anglais-français. Lui, américain, travaille avec moi et a une maîtrise du français relativement correct, qui lui permet de tenir largement une conversation; elle parle aussi anglais très bien. Cet exemple pour montrer que pour le couple il y a une langue commune très bien maîtrisée pour faire fonctionner la relation normalement et la langue de chacun assez maîtrisée par le conjoint pour être intégré aux familles et aux environements respectifs et ne jamais sentir d'exclusion.
Connaître la langue de l'autre c'est ni plus ni moins connaître l'autre. Alors je ne peux même pas imaginer qu'on ne puisse concevoir essayer d'apprendre la langue du conjoint, ne serait-ce que d'en avoir la démarche. Parce qu'une langue telle l'anglais peut satisfaire un temps les besoins de la relation. Sauf qu'un jour, quand les choses vont plus loin, on rencontre nos belles-familles, on va dans le pays du conjoint, et là le manque resurgit et en né la frustration. Imaginez la reunion de famille de votre conjoint, un week end entier, où tous parlent et où vous n'avez strictement rien compris d'aucune des conversations... C'est de l'auto exclusion, même si de ci de là , on peut venir vous voir et grapiller péniblement une conversation pendant 10 minutes car un ou l'autre a toujours quelques restes d'anglais à vous proposer... La belle-famille, même si à titre individuel peut avoir certains de ces membres qui parlent anglais ou autre langue que vous connaissez, vont toujours malgré tout fonctionner en version originale entre eux, quand ils se voient et que vous êtes là . Sans compter avec les enfants, je n'imaginerais même pas non plus que mon fils parle russe à sa maman et de ne pas comprendre ce qu'ils se disent. Comme si j'étais étranger à ma propre famille!
Si ma femme n'avait pas parlé correctement le français quand nous nous sommes rencontrés, nous aurions pu un temps choisir l'anglais... Mais jamais j'aurais pu parler comme je les fais avec sa famille après avoir appris le russe dès mes premiers allers-retours là -bas. Quand j'allais dans les magasins et que les vendeurs étaient plutot jeunes, voyant que je n'étais pas russe, ils tentaient toujours de me parler en anglais spontanément pour me faciliter la tâche pour ceux qui le connaissaient; mais au début, dans un russe hésitant, je leur disais que je préférais continuer dans la langue locale pour progresser quitte à passer l'après midi; on peut choisir la facilité, mais à long terme on manque quelque chose (comme de se reposer sur son épouse quand on sort, qu'on commande au resto ou qu'on demande un renseignement ce qui je trouve lui montre finalement qu'on a que peut d'intérêt pour explorer son univers); Jusqu'au jour ou mon russe a été assez correct pour que personne n'ai à me proposer l'anglais (grand moment de satisfaction personnelle!)...
Privet Zelmak, ça t'a pris combien de temps d'atteindre le niveau de russe suffisant pour comprendre les conversations de Russes et pour avoir des conversations avec ta femme ou avec sa famille ? Et même question qu'à Caribou, tu étais parti de zéro (pas de russe au lycée, c'est ça ?)
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 03, 2011 10:23PM | Registered: 4 years ago Posts: 2,301 |
Concernant la compréhension tout dépend de l'expressivité de nos interlocuteurs et de leurs origines sociales. Moi qui parle moyennement anglais et très peu russe, je peux me retrouver très frustrée de ne rien comprendre avec des anglophones qui parlent à toute vitesse de choses complexes et être comme un poisson dans l'eau avec des russes simples et expressifs. Il suffit d'être attentif et on comprend tout. J'en ai eu plusieurs fois la preuve dans plusieurs pays quand ayant suivi une conversation sans comprendre la langue j'ai retranscris à la personne qui parlait français ce qu'il me semblait avoir compris et dans 75% des cas j'avais quasi tout pigé. Il faut juste être attentif et laisser pousser ses antennes...
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 03, 2011 11:26PM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
Kokaz écrivait:
Concernant la compréhension tout dépend de l'expressivité de nos interlocuteurs et de leurs origines sociales. Moi qui parle moyennement anglais et très peu russe, je peux me retrouver très frustrée de ne rien comprendre avec des anglophones qui parlent à toute vitesse de choses complexes et être comme un poisson dans l'eau avec des russes simples et expressifs. Il suffit d'être attentif et on comprend tout. J'en ai eu plusieurs fois la preuve dans plusieurs pays quand ayant suivi une conversation sans comprendre la langue j'ai retranscris à la personne qui parlait français ce qu'il me semblait avoir compris et dans 75% des cas j'avais quasi tout pigé. Il faut juste être attentif et laisser pousser ses antennes...
oh là là Kokaz, je crois que je ne te prendrai pas comme interprète
tu penses sérieusement qu'avec "l'expressivité" des Russes - peut-être leurs mains qui s'agitent
- tu comprends 75% de ce qu'ils disent ?
Je pense que tu es plus proche de 5% - en étant optimiste - mais bon si tu as envie de croire à la méthode Coué, ladna!
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 03, 2011 11:35PM | Registered: 2 years ago Posts: 178 |
Kokaz écrivait:
ladna écrivait:
Un Tchétchène ??
mais bon, il t'a compris, le courant passait bien, la compréhension était parfaite, mais tu crois que si vous aviez continué ensemble, il n'aurait pas été nécessaire que l'un des deux au moins apprenne la langue de l'autre ?
Non point un tchétchène mais un Avar généreux, une langue (l'avar) que je ne m'aventurais pas à apprendre.
qu'est-ce que c'est un Avar ? Un avare tu veux dire ? Ou un "avare-généreux" :-)
Nous n'aurions pas continué ensemble car à part ce grand don, entre voyance et psychologie pointue il y avait trop peu de choses qui nous liaient. Et si je me marie avec un étranger il faudra qu'il parle français... ça sera sa preuve d'amour à lui.
Ah tu passes à côté de l'essentiel Kokaz si tu poses un tel critère et tu diminues tellement tes chances... C'est dommage... Moi si j'avais posé ce critère (que la jeune femme russe que je trouverais devrait connaître le Français - je n'aurais jamais rencontré la beauté que j'ai rencontrée (et drôle en plus). En plus, c'est assez exotique je trouve une Russe qui ne parle pas Français au départ...
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 04, 2011 02:08PM | Registered: 4 years ago Posts: 2,301 |
ladna écrivait: qu'est-ce que c'est un Avar ? Un avare tu veux dire ? Ou un "avare-généreux" :-)
Mais enfin vous n'êtes pas curieux. Un simple clic sur un moteur de recherche et on trouve ce que sont les avars, peuple du caucase qui viendrait des confins de la Chine. D'ancien cavaliers nomades proto mongol qui ce serait frité avec les chinois, les italiens, les bizantins entre autre.
Il était Avar mais je me demande parfois s'il n'était pas plutôt Alain.
Il faut savoir que le caucase c'est la montagne des langues, des dizaines sur un tout petit territoire. C'est pour ça que ça ne plait pas aux gouvernements russes. Trop de diversité linguistique ça inquiète.
Ah tu passes à côté de l'essentiel Kokaz si tu poses un tel critère et tu diminues tellement tes chances... C'est dommage... Moi si j'avais posé ce critère (que la jeune femme russe que je trouverais devrait connaître le Français - je n'aurais jamais rencontré la beauté que j'ai rencontrée (et drôle en plus). En plus, c'est assez exotique je trouve une Russe qui ne parle pas Français au départ...
Je ne pose pas de critères l'amour est là ou il n'est pas là . Après j'ai rencontré énormément d'étrangers dans ma vie qui la plupart parlaient un peu français et adoraient la culture française notamment chez les russes et plus particulièrement les femmes russes. D'ailleurs je remarque que quand ces femmes russes aiment la culture française la plupart sont très critique envers leur gouvernement.
Je trouve ça beaucoup plus enrichissant de rencontrer quelqu'un qui au départ aime déjà notre culture tout en sachant que j'aime également la leur (la culture russe). et puis je milite pour le rayonnement de la langue française, langue de l'amour comme m'ont dit tou(te)s ces russes.
Et oui j'ai vraiment deviné la teneur de plusieurs conversations en russe ou en roumain. Il suffit de comprendre dès le départ de quoi il est question (être dans le contexte), d'observer, les mimiques, les rires, le ton de la voix, les regards, de reconnaitre quelques mots au passage et c'est bon. Les conversations tournent toujours autour des mêmes thématiques qui ne sont pas très nombreuses. Il suffit de trouver le thème et de faire marcher sa psychologie, son sens de la logique et éventuellement son 6ème sens.
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 06, 2011 12:00PM | Registered: 3 years ago Posts: 21 |
C'est sûr que de ne pas parler la langue de la belle famille peut être un problème....et en même temps, franchement, ce n'est pas avec elle qu'on se marie, c'est avec une seule personne. Pour ma part je voulais quand même préciser que je ne me sens pas du tout enfermée ou coincée par l'anglais non plus, avec mon copain on le maitrise assez bien voire même très bien. Ce n'est juste pas notre langue maternelle. Je pense pas que ce soit un gros problème, pour personne. je connais un couple franco -allemand qui à leurs débuts parlaient anglais, ont longtemps parlé anglais ! Ils avaient leur premier enfant et parlaient toujours anglais. Ben maintenant ils en ont 4 et parlent français et allemand (vivent en France).
Ca été parfois un peu dur pour moi de ne pas tout comprendre aux conversations avec les parents ou amis de mon copain, mais comme le dit Kokaz, si on connait quand même certains mots, qu'on se plonge dans le contexte et qu'on observe les gens, finalement on comprend. Combien de fois mon copain se donnait la peine de me traduire alors que j'avais compris. Aussi, je ne vis pas encore avec lui, pour l'instant nous n'avons pas de foyer stable comme vous en France, moi je vis en France chez mes parents et lui en Russie, et chacun de notre côté nous avançons dans la langue de l'autre à petits pas, voilà . Après c'est sûr qu'une fois que le chéri ou la chérie russe enménage en France, il faut qu'il/elle apprenne le français...pour des besoins concrets quoi...........et même si l'autre langue devient "moins importante" pour la vie quotidienne, elle est importante pour le bien -être du couple, pour la confiance, le fait de pouvoir se dire "ça fait plaisir, il/elle ne se fiche pas de moi....". Ca peut aussi motiver l'autre pour apprendre l'autre langue (je m'explique : quand mon copain apprend le français, je me sens plus motivée pour me mettre au russe, quand je vois qu'il délaisse un peu, finalement, le russe ça me soule aussi...en gros, pourquoi faire des efforts quand l'autre n'en fait pas, outre les besoins de la vie quotidienne.
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Re: la barrière de la langue dans un couple franco russe June 08, 2011 09:07AM | Registered: 8 years ago Posts: 519 |
Ladna, pour répondre à votre question, je me suis mis à apprendre le Russe sérieusement (méthode Assimil) au début 2005 (mon niveau était alors proche du néant, tout au plus je savais comment se lisait les lettre cyrilliques), que j'ai complété en 2006 / 2007 par les cours pour adultes de la mairie de paris (2h/semaine); On peut dire que je me suis senti autonome pour la première fois lorsque nous sommes allés en Russie 2 mois en été 2007; Autonome cela voulait dire aller voir un film au cinéma et pouvoir le suivre, parler avec la famille sans avoir besoin d'Olga pour m'aider, pouvoir seul choisir dans un menu et le dire au serveur,... Dans la globalité, il faut que cela reste de l'ordre de la vie courante.
Après, franchement, je ne suis pas doué naturellement pour les langues... Tout dépend de mon degré de forme, de pouvoir de concentration et surtout de qui parle. Parce qu'aujourd'hui encore, je ne comprends quasiment rien quand mon beau père me parle, son articulation et sa rapidité d'expression me dépassent à chaque fois; par contre ma belle-mère parle plus posément et articule très bien, je peux donc parler avec elle sans trop de soucis. Mais j'avoue que depuis que mon fils est né, et surtout qu'il parle (il a commencé vers ses 2 ans a bien répliquer), je profite chaque jour de son apprentissage indirectement, de ses conversation avec sa maman, de ses livres pour enfants et dessins animés en russe pour perfectionner un peu plus mon niveau. Pour moi, la compréhension est assez bonne, c'est spontanément parler qui est plus difficile. J'ai un collègue franco russe et un arménien, qui entre eux parlent russe; mais dans un contexte français (mon travail à Paris), quand ils me sollicitent en russe, j'ai souvent du mal à parler instinctivement... Ce qui est bizarre, puisque quand on me parle en Anglais (donc en "étranger"
, je dois me concentrer pour ne pas répondre en Russe, ce que je fais quand même par réflexe au grand étonement de mon interlocuteur (russe qui est spontanément ma langue étrangère de référence) C'est seulement après deux trois jours d'immersion total dans un contexte russo russe quand je suis là -bas que mon cerveau rouillé se remet en marche et a retrouver la spontanéité pour s'exprimer en Russe avec moins de difficulté... Mais j'avoue que cela reste quand même pour moi, une langue très difficile à aborder, surtout grammaticalement.
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