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Les Russes en France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moscou veut annexer les morts antisoviétiques...

"ENFANTS DE FRANCE! Quant l'ennemi sera vaincu et que vous pourrez librement cueillir les fleurs sur ces champs, souvenez-vous de nous, VOS AMIS RUSSES, et apportez-nous des fleurs." Cette inscription date de 1917 et fut gravée sur un monument érigée par les combattants du 2e Régiment spécial russe à la mémoire de ses héros.

Quelques 45.000 combattants
Ce ne fut cependant qu'en 1927 que fut créé, à Saint-Hislaire-le-Grand, près de Reims, en plein coeur de la Champagne, un cimetière militaire russe à l'endroit exact où se trouvaient les tranchées du corps expéditionnaire envoyé en 1916 à  la demande du gouvernement français. Dans ce cimetière, furent érigés une église orthodoxe russe et un monument commémoratif auprès des deux ossuaires et des nombreuses tombes d'officiers et soldats tombés si loin de la Sainte-Russie. Ce cimetière fut, à l'époque, inauguré avec tous les honneurs en présence notamment des maréchaux Pétain et Foch et du général Weygand.

Depuis, chaque année, un pélerinage a lieu à la Pentecôte, auquel participent les derniers rescapés des terribles combats qui se sont déroulés dans la région. Ils ne sont pas les seuls à se retrouver à Saint-Hislaire pour le week-end de la Pentecôte puisque les scouts russes en profitent pour organiser un camp qui attire chaque année davantage de jeunes.

La trahison de Brest-Litovsk - rançon de la révolution bolchevique - ne pouvait effacer l'effort considérable entrepris par la Russie dans la lutte contre l'Allemagne du Kaiser. Le maréchal Foch ne devait-il pas déclarer que "si la France n'a été effacée de la carte d'Europe, c'est avant tout à la Russie que nous le devons" (NDLR: le maréchal Foch, comme beaucoup de Français, semble aussi oublier le rôle joué par la Belgique. C'est une autre histoire et nous n'en sommes pas à une injustice près de la part de certains "amis" français). Cette paranthèse étant faite, soulignons qu'au total, quatre brigades, composées chacune de deux régiments, chacun de ceux-ci comptant trois bataillons, furent envoyés par le tsar sur les fronts français et macédonien. Le total de ces troupes était de 745 officiers et 43.547 soldats.

De nombreux faits d'armes
Les faits d'armes accomplis par les troupes russes furent nombreux et les citations à l'ordre de l'armée prouvent la valeur de ces combattants. Par suite de la révolution en Russie, qui fut suivie d'un relâchement de la discipline et de désertions parmi les soldats, les quatre brigades furent dissoutes. Les éléments douteux furent renvoyés chez eux tandis que la plupart des officiers décidaient de continuer la lutte, ce qui permit de former une Légion russe. Celle-ci monta au front le 7 mars 1918 et fut incorporée dans la 1ère Division marocaine (!).

La Légion russe se distingua dans tous les combats jusqu'à la victoire et participa par la suite à l'occupation du territoire allemand. Elle fut citée deux fois à l'ordre du jour de l'armée pour la haine implacable de l'ennemi qui animait toutes ses actions, "joignant à un mépris complet de la mort le plus bel enthousiasme pour une cause sacrée".

La Russie de Nicolas II s'était montrée loyale envers la France; celle de Staline le fut moins lorsqu'elle s'allia à l'Allemagne.


Les morts russes auraient-ils pu devenir soviétiques ?
En 1975, une délégation soviétique se rendait au cimetière de St.-Hislaire-le-Grand et, sans prévenir les responsables, y placa une plaque commémorative à la mémoire des "soldats soviétiques morts dans la lutte contre le nazisme". Il est vrai que, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, 36 tombes ont été ajoutées à celles des combattants de 1914-18. Mais la chose prend une tournure franchement drôle, quant on sait que, parmi les 36 "héros", certains ne sont pas morts dans la lutte contre le nazisme mais, bien au contraire, contre le communisme.
C'est ainsi qu'on peut relever toute une série de noms de combattants du 2e bataillon russe et du 2e bataillon ukrainien qui, tous les deux, ont combattu contre les Alliés. Pour être objectif, il faut ajouter que certains, parmi les 36, ont réellement combattu le nazisme puisqu'ils ont rejoint les rangs des F.F.I.

D'un échange de correspondance entre le président du Comité de Sauvegarde de la chapelle du cimetière militaire qui était alors Basile Orekhof, ancien capitaine de l'Armée impériale et éditeur de la revue "La Sentinelle", et M. Michel Poniatowski, alors ministre français de l'Intérieur, il ressort que "la rénovation, par les autorités soviétiques, des 36 sépultures existant depuis la fin de la guerre 1939-1945 a été faite en application d'accords diplomatiques intervenus en 1975".

Non contents de s'approprier des morts qui avaient combattu dans les rangs opposés, les Soviétiques voulurent également faire main-basse sur l'ensemble du cimetière et remplacer les croix, se trouvant sur les tombes des soldats russes morts en 1914-18, par une simple pierre tombale surmontée de... l'étoile rouge. Devant l'énormité de la chose et les réactions que cela avait suscité, les Soviétiques firent marche-arrière et se contentèrent d'installer une plaque commémorative.

Jacques Schoonjans


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