Russie risque pays Collège Polytechnique-HEC Entrepreneurs - Le MOCI
Russie : Des experts soulignent la réduction du ’risque’ pour les investisseurs étrangers au cours d’un colloque à Paris.
PARIS, 5 Juin - Le « risque Russie » pour les investisseurs étrangers « est aujourd’hui quantifiable » et la sécurité physique des expatriés n’est plus un problème central dans ce pays, ont estimé des experts au cours d’un colloque organisé le 5 Juin dernier à Paris à l’intention d’investisseurs français par le Collège de Polytechnique, HEC entrepreneurs et le Moci (Moniteur du Commerce International).
« Au niveau du risque souverain, le risque Russie est aujourd’hui quantifiable et l’ère des managers voleurs est désormais terminée : il y a maintenant des professionnels avec lesquels on peut travailler alors que ce n’était pas toujours le cas il y a encore quatre ans », a ainsi expliqué M. Henri Guyard, Directeur Général de la société Altium Capital, un réseau mondial de banques d’investissements.
Depuis trois ans, les assurances à l’exportation de différents pays ont revu, à la suite des analyses de l’OCDE, leur évaluation du risque Russie. L’agence de notation Standard and Poor a augmenté sa note huit fois en deux ans, a rappelé M. Guyard.
Les risques encourus par les expatriés « ne sont plus un problème central ni à Moscou ni à Saint Petersbourg même si les moyens de production et les marchandises sont encore l’objet de rapines voire de vols de gangs », ont pour leur part relevé deux spécialistes français de la sécurité. Pour eux, la possibilité de travailler en Russie aujourd’hui est réelle à condition d’être « sérieux, de payer ses impôts et de veiller au choix de son personnel ».
La fiscalité qui était lourde et désordonnée a été allégée et rationnalisée l’an dernier par le gouvernement réformiste actuel. Le risque qu’elle faisait peser à l’investisseur est levé même s’il convient de rester prudent sur les taux d’imposition locaux et sur la non déductibilité de certaines charges, a relevé M. Stéphane Woog, avocat du cabinet WSF. Il a précisé que les Conventions de non double imposition pouvaient permettre de pallier certains désagréments.
Relevant que les types d’implantation et les structures juridiques de sociétés de capitaux sont maintenant suffisamment bien définies, il a tout de même conseillé d’envisager des schèmas offshore pour réussir son implantation en Russie où, a-t-il souligné, « la structure off shore est normale et n’a pas la connotation négative qu’elle peut avoir en France ».
Les experts se sont retrouvés d’accord pour relever que les entreprises étrangères se réjouissaient des résultats obtenus depuis deux ans en Russie mais ont souligné que l’investissement dans ce pays restait difficile et exigeait de l’attention.
Me Woog a notamment souligné que la structure bancaire était encore faible et que la législation sociale pouvait constituer de « sérieux obstacles ». Il a aussi mis en garde contre les « flottements » juridiques qui perdurent encore soit par absence de textes d’application, soit à cause de la corruption.
Le principal risque « souverain » est toutefois conjoncturel : celui d’un rythme de croissance insuffisamment rapide pour permettre à la Russie de rattrapper ne serait-ce que le retard accumulé ces dix dernières années. Une telle croissance dépend aujourd’hui en tout premier lieu du volume des investissements, estiment les économistes. Des capitaux privés russes commencent à revenir au pays via des pays comme Chypre (aujourd’hui 3ème investisseur « étranger » en Russie) mais l’investissement public reste faible par rapport aux besoins, ce qui a notamment des conséquences démographiques catrastrophiques en raison de la décomposition de la protection sociale et de la santé publique. Enfin l’investissement étranger, en particulier français, reste à des niveaux peu élevés.
6 juin 2002 © Tous droits réservés Russie.net