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Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Revenu à Saint-Pétersbourg, Dostoïevski écrivit les Souvenirs de la maison des morts (1863), journal de sa captivité en Sibérie. Il épousa en 1861 une veuve, Mme Issaïew ; cette femme dépensière et le fils qu’elle avait de son premier mariage ne le rendirent pas heureux. Il était lui-même joueur incorrigible, et il sollicitait humblement des avances de ses éditeurs. Ajoutons que sa santé, très ébranlée par ses quatre années de Sibérie, ne lui permettait pas de compter sur un travail suivi ; il avait fréquemment de terribles crises d’épilepsie, d’où il sortait brisé, ce qui explique son besoin de solitude et son caractère farouche. C’est pendant un séjour à Wiesbaden qu’il entreprit le roman qui reste son chef d’œuvre : Crime et châtiment, paru en 1866. L’effet en fut considérable. A cette époque, il perdit sa femme, et il se remaria avec une jeune fille qui lui servait de secrétaire, Anna Snitkiva, intelligente, véritable collaboratrice de son œuvre, et qui, après sa mort, publia une partie de sa correspondance. Pendant quatre ans, il voyagea: il vécut à Berlin, à Varsovie, à Paris, et donna Les Possédés, L’Idiot, Les frères Karamazov. Rentré en Russie, il y fut accueilli avec enthousiasme ; chargé de prononcé un discours à l’inauguration du monument de Pouchkine, il obtint une sorte de triomphe. Quand il mourut, en janvier 1881, toute la population de Saint-Pétersbourg assista à ses obsèques.
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