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Marina Tsvétaéva
Par une sorte de goût irrépressible du défi qui, dans son adolescence, lui faisait afficher le culte de Napoléon et de l’Aiglon, Tsvétaéva va être conduite à s’opposer avec une violence passionnée à la Révolution d’Octobre. Elle chante en l’armée blanche un sursaut désespéré contre l’histoire et contre la vie. Malgré cette attitude, les Editions d’Etat publient deux de Tsvétaéva (Les Verstes, la Fille-Tsar). En 1922, elle part avec sa fillette à l’étranger pour rejoindre son mari, ancien officier de l’armée blanche. Tsvétaéva va vivre d’abord à Berlin, puis à Prague, enfin, elle s’installera pour de longues années à Paris. Ses rapports avec l’émigration blanche vont en peu de temps se détériorer jusqu‘à la rupture totale. Elle vit dans la misère, se souciant fort peu des côtés matériels de l’existence, écrivant beaucoup et rarement publiée. Après 1928, on n’éditera pas un seul livre d’elle dans l’émigration. Mais devant la montée du péril fasciste, Tsvétaéva écrit un cycle de poésies dédiées à la Tchécoslovaquie, dénonciation passionnée de l’hitlérisme. En 1940, Marina Tsvétaéva rentre en U.R.S.S. Peu de temps après c’est la guerre, l’évacuation, ses douleurs et ses privations. Tsvétaéva se suicide le 31 août 1941. Les thèmes tragiques qui jalonnent l’œuvre de Tsvétaéva sont dominés par un goût violent de la vie, du monde concret, des racines nationales. On trouve chez elle une attitude semblable à l’égard du langage, un sens aigu de la réalité physique du mot et des jeux de signification.
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