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Bonjour Farewell - Sergueï Kostine

Pour commander "Bonjour Farewell" de Sergueï Kostine, cliquez ici !Enquête sur l'espion grâce auquel Reagan a admis des ministres communistes à Paris

Un livre raconte avec minutie et simplicité la grande entreprise d'un espion russe bien placé qui a choisi de trahir au profit de la France en 1981 en fournissant ainsi à François Mitterrand un argument de choc pour faire admettre à Ronald Reagan la toute récente entrée au gouvernement de ministres communistes à Paris.

Le journaliste-écrivain russe Sergueï Kostine a mis deux ans à collecter dans les archives du KGB et auprès de témoins ex-soviétiques et français les précisions et révélations qu'il livre dans son "Bonjour Farewell", oxymoron bilingue basé sur le nom de code d'un lieutenant-colonel du KGB, Vladimir Vetrov, qui a choisi de livrer au contre-espionnage français, la DST, des informations de première importance entre 1981 et 82.

L'affaire avait été qualifiée de "l'une des plus grandes affaires d'espionnage du siècle" par l'ancien président américain Ronald Reagan, fort opportunément mis au courant au sommet d'Ottawa de juillet 1981 par François Mitterrand..

Des récits avaient abordé l'affaire en France mais souvent avec des lacunes ou des parti-pris essentiellement professionnels, comme par exemple ceux du second protagoniste : la DST.

Kostine pour sa part se veut bien plus serein et indépendant : il explique pourquoi Vetrov a choisi de trahir et pourquoi il a choisi pour le faire de correspondre avec un service qui n'avait pas compétence pour le "traiter" à Moscou puisque la DST est un service de contre-espionnage dépendant du ministère de l'intérieur. Selon lui, Vetrov a été poussé par des raisons conjugales et professionnelles mais surtout par le dégoût de ce que devenait son employeur, le KGB, sous Brejnev : un nid de fils de nomenklaturistes où le népotisme devient la seule règle. La francophilie, l'amour de la démocratie voire l'anticommunisme, mis en avant notamment par la DST, ou le mercantilisme, thèse unique du KGB, sont secondaires, selon Kostine.

Le choix étonnant de la DST a été fait exclusivement par Vetrov et non préparé par les policiers français qui avaient même refusé un visa à l'officier soviétique et permis à un journal canadien de le dénoncer comme agent notoire le "grillant" ainsi totalement à l'étranger. Vetrov, bien placé pour le savoir, a jugé que les services secrets Français à Moscou étaient moins surveillés par le KGB qui se méfiait davantage des anglo-saxons. Vetrov savait aussi que la DST (peut-être contrairement au SDECE-service de renseignement extérieur) n'était guère infiltrée par le KGB. Il connaissait d'autre part un moyen de la contacter par l'intermédiaire d'un "ami", cadre chez Thomson-CSF.

Le reste est parcours d'espionnage mais bien peu classique, tant le coté dillettante et amateur est omniprésent. Mais tout sonne juste pour qui a connu Moscou à cette époque. C'est paradoxalement cet "amateurisme" qui a permis à l'aventure de durer un certain temps malgré les faux pas et les erreurs qui finiront, mais bien plus tard, par mettre tout de même le KGB sur la piste.

Farewell tombe en février 1982 pour tout autre chose : il a tenté de tuer sa maitresse et a assassiné un témoin de la scène. Il va au Goulag pour crime de droit commun. Sa trahison ne sera découverte qu'un an plus tard par le KGB, après l'expulsion de 47 diplomates soviétiques de France.

A cette occasion, un document Farewell a été montré par un haut fonctionnaire du Quai d'Orsay à un membre de l'ambassade soviétique... C'est l'une des hypothèses des raisons de la découverte d'un espion qui a livré plus de 100 agents du KGB dans le monde et révélé à l'Ouest l'ampleur de son pillage scientifique et technique par l'URSS.

Faute d'avoir été un "élément fondamental de la Perestroïka", l'affaire d'espionnage Farewell a révélé à son niveau le malaise profond et les contradictions insupportables qui ont provoqué l'implosion du système.

Éditeur : Robert Laffont
330 pages
16 cm x 24 cm
Illustrations couleur
ISBN : 2221079086

Pour Russie.net, Dimitri de Kochko


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