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Les Livres
Saint-Pétersbourg ou l'Enlèvement d'Europe
Livre
de Natalia Smirnova
Historienne, journaliste et écrivain français, d'origine russe. Vit à
Paris depuis 1981 où elle a travaillé pour RFI, la Sept et la Documentation
Française...
Illustrateur du livre : Boris Kostygov
Né en 1940 dans les environs de Saint-Pétersbourg, Boris Kostygov a
commencé à dessiner dès son plus jeune âge. Après des études
d'architecture à Saint-Pétersbourg, il est devenu spécialiste de la
reconstitution des sites historiques de la ville détruits par le temps, les
guerres ou le régime soviétique. Par ses dessins au crayon, il ressuscite les
anciens quartiers de Saint-Pétersbourg, parvenant à faire revivre le «genius
loci», l'esprit du lieu. Boris Kostygov a exécuté une série de dessins
spécialement conçus pour cet ouvrage.
Avant-propos
Antoine de Saint-Exupéry, parlant dans Citadelle d'une cité orientale et
mythique, écrit: «Mais d'autres pour me montrer leur ville, me faisaient
traverser le fleuve et l'admirer de l'autre rive. Je découvrais donc, de
profil, sur la splendeur du crépuscule, ses maisons, les unes plus hautes, les
autres moins hautes, les unes petites, les autres grandes, et la flèche des
minarets accrochant comme des mats, la fumée de nuages pourpres». Cette
évocation du couchant est admirable, mais à Saint-Pétersbourg la grandeur des
quais de la Neva naît de l'unité des palais qui les débordent et non d'un
désordre oriental; les flèches ne sont pas celles des minarets, mais celles de
la cathédrale Pierre et Paul et de l'Amirauté, et la coupole dorée de
Saint-Isaac.
Né à Saint-Pétersbourg en 1909, je suis resté à Pétrograd, nom
russifié de cette ville pendant la guerre de 1914, jusqu'en octobre 1917, date
à laquelle les Français résidant en Russie ont été rapatriés. Ainsi, je
dois à cette naissance et à la nationalité ukrainienne de ma mère un
sentiment philoslave indéniable, associé à une grande fierté d'appartenir
par mon père à une famille provençale française. Ces circonstances ne me
prédisposent-elles pas à un très vif sentiment d'admiration pour cette ville
illustre? J'ai retrouvé quelques-uns des souvenirs brumeux de ma première
enfance quand le Ministère des Affaires Étrangères m'a demandé en 1972 de
rouvrir un Consulat général de France dans ma ville natale.
Mes souvenirs, ce sont surtout mes promenades juvéniles, et c'est souvent
vers la Neva que l'on me dirigeait. Quand un train de barges s'annonçait, nous
courions vers le milieu du pont, afin de voir les cheminées trop hautes du
remorqueur s'incliner avant qu'il ne glisse sous le tablier du pont. Sur un
bras de la Neva, une petite chapelle orthodoxe construite sur le pont d'une
péniche attirait également ma curiosité. Je me vois aussi en costume marin,
portant une icône, en tête du cortège nuptial d'un officier de la Garde
impériale, épousant une parente de ma mère...
Ces quelques images de mon enfance ont contribué à me faire lire avec
beaucoup d'intérêt le livre magistral de Natalia Smirnova. Elle a su donner un
nouveau souffle à l'inspiration que ne manque pas de produire la contemplation
de ce lieu illustre.
André de Fonscolombe, ancien consul général de France à
Leningrad
Un ouvrage recommandé par Russie.net.
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