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Les Livres
Laurence
Catinot-Crost
La tsarine
martyre
La dernière impératrice de la Russie, Alix, Victoria, Hélène, Louise, Béatrice de Hesse et du
Rhin, est née le 24 mai (ancien calendrier) / 6 juin 1872, à Darmstadt. Elle est l'avant-dernière enfant du grand-duc Louis IV de Hesse et du Rhin (1838-1892) et de la princesse Alice, Maud, Marie de Grande-Bretagne
et d'Irlande. Elle est aussi la petite fille de la reine Victoria.
Alexandra Fedorovna, dernière tsarine de Russie, est morte avec les siens le 17 juillet 1918. Elle avait quarante-six ans. Accusée de tous les maux, injustement calomniée, Alexandra est morte, prématurément, d'avoir trop aimé...
Dans son ensemble l'aristocratie russe n'appréciait pas la tsarine. Elle ne s'était pas reconnue dans le couple impérial, ce ménage modèle, ses parents attentionnés, aux habitudes bourgeoises, qui en dehors des exigences officielles avaient des goûts simples. La haute société critiquait avec malveillance les moindres actions, les moindres propos de « l'Allemande » dont l'ascendant sur son époux irritait. Nul ne songeait à reconnaître
ses mérites, les difficultés de sa situation, sa fidélité au trône, son dévouement de mère. On lui reprochait sans cesse, l'influence néfaste qu'elle exerçait sur le tsar. Comment des personnes n'ayant jamais vécu dans l'intimité de la famille impériale, pouvaient-elles en juger? Que savaient-elles du drame intime qui torturait son cœur de mère?
Si l'on supprime les calomnies, les bas commérages, que reste-t-il des accusations portées contre Alexandra Fedorovna?
Certes, la tsarine a commis des erreurs. La plus manifeste étant sûrement celle d'avoir cru que Raspoutine était le garant de la santé de son fils et de l'avenir de l'autocratie. Mais quelle mère devant l'effroyable diagnostic d'une mort annoncée ne se serait pas accrochée à l'espérance manifestée au travers d'un « homme de Dieu » ? Qui plus est, lorsqu'il s'agit de l'héritier de toutes les Russies ?
Peu nombreux sont ceux qui ont soutenu Alexandra de son vivant, l'ont comprise, aimée. Tout aussi rares sont ceux qui ont défendu sa mémoire. Femme amoureuse, souveraine contestée, Alexandra scandalisait ses contemporains car, avant d'être tsarine de Russie, elle voulait être : une mère pour Olga, Tatiana, Marie, Anastasia, Alexis... l'épouse de Nicolas... et une chrétienne exemplaire...
C'est cet amour fou, cette foi fervente qui devraient être, le plus souvent, cités en exemple...
Éditions Atlantica - 130 FF
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