Les
gousli, si elles accompagnaient le plus souvent le
chant, se mariaient heureusement avec un instrument très ancien qui n'est
guère plus joué de nos jours: le goudok, sorte de rebec, prototype du violon
dont la caractéristique essentielle était que l'archet en forme d'arc frottait
simultanément trois cordes en boyau. Deux cordes à l'unisson servait de
bourdon renforçant le son.
Le chevalet plat permettait ce procédé. Andréïev, aidé de
N. Fomine, voulut perfectionner la famille du goudok (goudotchek, goudok,
goudilo, goudichtche), mais dut abandonner, l'accord de quarte ne sonnait
pas, et celui de quinte aurait rétrogradé le violon. C'était un instrument au
corps évidé, long de 700 à 800 mm, que le goudotchnik tenait sur le genou
gauche ou debout contre la poitrine. D'origine asiatique, introduit vers le XIe
siècle, il rappelle la gadulka bulgare ou le fidel'.
Une imitation de son timbre est rendue dans le IIIe Acte de Snégourotchka
de Rimski et dans le 1er Acte du Prince Igor de Borodine. Son éclipse
date du début du XIXe. Les fouilles archéologiques de Novgorod (1951-1962) ont
retrouvé des goudki du XIIe siècle.