Autre instrument à bourdon, lui aussi pratiquement oublié; c'est une vielle
à roue, l'antique organistrum, surtout en usage au XVIe siècle. En
Ukraine, elle porte le nom de relia ou rylia, en Biélorussie, de liera.
Construite en soprano, ténor et baryton, la lira se voit pourvue d'une à
deux cordes mélodiques gémellées et différents bourdons, allant jusqu'à
neuf cordes en tout. L'accord diatonique sur une octave, plus quelques
demi-tons, est transformé en chromatique dès le XVIIIe siècle sur deux
octaves.
Le lirnik en joue debout ou assis. La manivelle actionne une roue,
enduite d'arcanson (colophane) ou de résine, qui fait vibrer les bourdons et
les cordes dont la hauteur est variée, pour les cordes mélodiques, par les
tangentes (koulatchki) actionnées par des touches — ou taquets,
disposées dans le manche (kajouk).
La tête n'est jamais sculptée. Les cordes frottées, comme pour le goudok,
étaient difficilement compatibles avec la domra. L'accord est à la quinte.