De l'arabe naqqâra, les nakry sont une paire de petites timbales en
argile puis, plus tard, en cuivre, recouvertes de parchemin tendu, accordées,
frappées à l'aide de battes, de mailloches ou de boules fixées à des
courroies.
Elles connurent un emploi rituel chez les Slaves animistes, puis militaire du
temps de Pierre le Grand, dans la cavalerie. Les Stréltsy (nakratchi),
jouaient aussi du tambour, (Bolchoï ou Malyï barabane), qu'ils
accordaient en le tendant grâce à des barachki et des cordelettes
fixées à la membrane.
N.B. Le Nabât, qu'il ne faut pas confondre avec le tocsin, était un
tambour d'origine tatare qui annonçait, au XIVe siècle, la présence du
voïévode. Le Touloumbas était une timbale de cavalier, qu'officier ou
fauconnier frappait avec une mailloche spéciale (vochtchaga). On peut citer
encore la Barabanka (sorte de korobotchka) ou le Bilo, planchette métallique ou
en bois en forme d'hélice, frappée d'un maillet (kolotouchka) et utilisée par
les bergers pour leurs signaux ou par les moines pour régler la journée de
prières; le Briatsalo (cymbalettes mentionnées dans le "Leksikon
slovenoruski" de Pavma Berynda, datant de 1627) et quelques autres
instruments à percussion, russes ou assimilés tels à l'époque, qui sont d'un
emploi rare ou très limité à une région, et guère plus joués dans les
orchestres.