Les skomorokhi et les bergers chantaient en s'accompagnant eux-mêmes sur
leur cornemuse. Ceci était rendu possible grâce à un sac fait de peau ou du
pis d'une vache dont l'air insufflé par le "boufferet" (pichtchik)
est expulsé par la pression du bras gauche sur le sac, ce qui permet un son et
un jeu continus. La modulation est jouée sur les deux chalumeaux mélodiques
qu'accompagnent les bourdons à anche simple ou double accordés à la quinte.
La volynka (du verbe volynit' geindre), douda, koza ou kozitsa est
très rarement jouée de nos jours. C'est un instrument antique, commun à de
nombreux peuples. D'après Suétone, Néron jouait de l'ancêtre de la
cornemuse, Yutricularius au 1er siècle. Il est à noter que le boufferet, ce
tuyau porte-vent, comporte une valve qui obture le tuyau dès que le souffleur,
le cornemuseur (volynotchnik), presse le sac, empêchant ainsi l'air de
refluer dans la bouche. On la mentionne déjà au XVIe siècle en Russie et en
Biélorussie.