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France - Russie 2000 : Tatiana Dmitrieva"La Russie à l'épreuve de la liberté" par Tatiana Dmitrieva, ancien Ministre de la santé, Membre de l'Académie des sciences
Issue d'une famille qui compte des intellectuels depuis plusieurs générations, Tatiana Dmitrieva est originaire de la ville d'Ivanovo, dans la grande banlieue de Moscou. C'est là qu'elle fit des études supérieures de médecine, avant de se consacrer parallèlement à la recherche et à la pratique médicale à Moscou. Elle préside, à partir de 1996, la Commission pour la protection de la santé du Conseil de Sécurité auprès du Président russe et, en 1997, une Section du Collège scientifique auprès du Ministère russe de la santé publique. Membre élu de l'Académie russe des sciences médicales et Présidente du Conseil de curatelle des Fondations Russe et Internationale « Zdorovie » (Santé), Tatiana Dmitrieva exerce, de 1996 à 1998, les fonctions de Ministre de la santé de la Fédération de Russie. Ces dernières années, Tatiana Dmitrieva a participé activement à l'édification du nouvel État russe. Aux côtés du Premier ministre russe, M. Evguéni Primakov, du Maire de Moscou, M. Youri Loujkov, et du Maire de St-Petersbourg, M. Vladimir Yakoviev, d'autres hommes d'État et leaders régionaux en vue, ainsi que des personnalités éminentes de la science et de la culture, elle a fondé le mouvement de politique « La Russie -notre Patrie » et appartient à son Conseil. Question : Le principal atout de la Russie, c'est son peuple. Une chose est claire, c'est qu'une page est bien tournée en Russie: Les citoyens ne veulent plus jamais de régime totalitaire. Mais que souhaitent exactement les russes? TD : Les aspirations des Russes sont les mêmes que celles de tous les autres peuples du monde: la paix, le bonheur, la prospérité. Les désirs les plus chers des Russes ne sont donc pas originaux. Le problème est ailleurs: Comment atteindre ces objectifs? Devons-nous poursuivre l'application des réformes commencées? Je suis sûre que la Russie a fait son choix. Le choix en faveur de la liberté, de la démocratie, du respect des droits de l'homme en prenant en compte l'intégralité de son histoire et de ses traditions nationales.
TD : Une réponse détaillée pour une question aussi vaste
aurait nécessité des dizaines de pages d'un texte dense. Vous me proposez
d'établir des projets institutionnels et sociaux-politiques, et en même temps
de pronostiquer le futur de notre vie politique. A ce sujet, je me souviens d'un
épisode d'une nouvelle d'Andreï Platonov. Un chef a assigné a son employé la
tâche importante de dresser un plan de développement en deux jours pour une
durée de 25 ans. Imaginez-vous: le malheureux employé s'est penché
assidûment sur son plan. Les lecteurs à leur tour rient en lisant ce passage
de la nouvelle. Aussi, essayerai-je d'élucider seulement quelques aspects de
cet ensemble des problèmes que comporte votre question, pour ne pas ressembler
au héros littéraire mentionné et pour ne pas se trouver dans une situation
risible. Appréciant la démocratie, je suis pleinement d'accord avec la boutade de Churchill. De sérieux défauts organiques sont inhérents à la démocratie. On peut longtemps les énumérer et les décrire d'une façon pittoresque. Malgré tout, le régime démocratique aurait pu avoir un rôle pire, si nous n'avions pas bien connu les "attraits" des autres formes de gouvernement. La démocratie russe est aussi imparfaite. De plus, au début, on a commis beaucoup d'erreurs qu'on aurait pu éviter. Nous avons devant nous une quantifié énorme de travail. Il exige de nous beaucoup de réflexion et de soins. Comme il me semble, on n'a pas besoin aujourd'hui de changements globaux révolutionnaires concernant les principes démocratiques fondamentaux. Pour la Russie, ils sont contre-indiqués. Nous venons d'entamer des réformes démocratiques, ce n'est pas pour refuser l'idée du parlementarisme. Si notre parlement est mauvais, il faut liquider le poste du Président, modifier radicalement celui-ci, changer celui-là? Où nous en viendrons au bout du compte? à la destruction définitive de la structure de l'État? Les changements importants dans le domaine étudié, s'ils ont lieu, devront alors être un achèvement logique d'un travail réfléchi et minutieux dont j'ai parlé. Bref, il faut travailler à ne pas construire des châteaux en Espagne. Comme disait un héros de A. Tchékhov: "II faut se mettre au travail!" . L'ouvrage de Tatiana DMITRIEVA « La Russie à l'épreuve de la liberté » s'adresse à tous ceux qui souhaitent percer l'éternelle « énigme de l'âme slave » et comprendre les causes de la séculaire méfiance entre l'Est et l'Ouest!
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