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Présentation du livre d'histoire "Guerres contre
l'Europe"
4 octobre 2000 à 18h30 - Centre Culturel de Russie
"Guerres
contre l'Europe" par Alexandre Del Valle, chercheur au CRAG (Centre de
recherche et d'analyse géopolitique, Paris VIII). (Editions des Syrtes)
En présence de S.E.M. N.N. AFANASSIEVSKY, Ambassadeur Extraordinaire et
Plénipotentiaire de la Fédération de Russie en France, et M.SERGE DE PAHLEN,
Vice-président de FIAT, Président des Editions des Syrtes.
Alexandre Del Valle tente ici une magistrale synthèse d'une situation
géopolitique en Europe très complexe et mal connue. (Volkov, écrivain)
Géopolitique et civilisations
La géopolitique moderne, dans le cadre de laquelle nous inscrivons notre
étude, est une approche pluridisciplinaire, à cheval sur la stratégie
militaire, les données géographiques, la science politique et la conception
civilisationnelle de l'histoire
Depuis quelques années, on a tendance à rajouter un cinquième élément,
l'économie, d'où l'utilisation du terme de « géoéconomie ». Elle
privilégie donc les configurations spatiales, géographiques et
géoéconomiques et prend en compte les rivalités de pouvoirs dans la mesure
où celles-ci portent sur des territoires, le contrôle (ou la possession) du
territoire étant un moyen d'exercer une autorité ou une influence sur les
hommes et les ressources qui s'y trouvent. En France, deux grandes figures
intellectuelles ont contribué à réhabiliter cette discipline, jadis surtout
étudiée en Allemagne, en Russie et dans les pays anglo-saxons : le général
Pierre-Marie Gallois, pour qui la géopolitique étudie l'«influence du
milieu sur l'homme », et le géographe Yves Lacoste, d'après lequel la
géopolitique est « une démarche intellectuelle » ayant pour objet l'«étude
des rivalités territoriales de pouvoirs et leurs répercussions dans
l'opinion».
Pour
le célèbre géographe, il « ne s'agit pas d'une science (...) mais d'un
savoir-penser l'espace terrestre et les luttes qui s'y déroulent, pour essayer
de mieux percer les mystères de ce qui est en train de se passer afin d'agir
plus efficacement ».
LE MYTHE DE LA «MONDIALISATION»
Contrairement à certaines idées reçues, correspondant aux représentations
véhiculées par des Occidentaux..., la « globalisation » n'est pas un
phénomène nouveau et elle ne conduit pas nécessairement vers une «
suprasociété planétaire » unifiée et harmonieuse. Processus neutre, donc
indépendant des projets idéologiques précités, la globalisation débute au
XVIe siècle et a été initiée par le commerce international et les échanges
maritimes. On peut la définir comme la «mise en relation immédiate et la
création de réseaux relationnels, stratégiques, économiques, scientifiques
et financiers transnationaux». Pour le philosophe Jürgen Habermas, comme pour
Francis Fukuyama et Fouad Ajami aux États-Unis, ou encore Jacques Attali, Guy
Sorman et Alain Mine en France, la globalisation signifierait la mort des
nationalismes, religions traditionnelles et identités civilisationnelles,
c'est-à-dire l'avènement d'une «communauté internationale» pacifiée, voire
d'un «gouvernement mondial» (ONU, OMC, OSCE, Tribunal pénal international
de La Haye, etc.).
LE RÔLE DES REPRÉSENTATIONS
La
géopolitique moderne analyse tout particulièrement, dans un soucis de
désoccultation, les «représentations», «forces motrices de l'histoire»
qui, de part et d'autre, président à l'élaboration des processus de
mobilisation des camps antagonistes, dont la pierre d'achoppement est,
schématiquement, une rivalité de pouvoirs quant à des territoires et des
ressources. D'après Lacoste, les représentations désignent l'«ensemble des
idées et perceptions collectives d'ordre politique, religieux ou autre qui
anime les groupes sociaux et qui structure leur vision du monde»...
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