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M. Hubert Védrine a reçu l'association des journalistes France-Russie
Russie.net a été invité par l'association
des journalistes France-Russie à la rencontre avec le ministre des affaires
étrangères, M. Hubert Védrine. L'association, présidée par le journaliste
M. Bernard Lecomte, est composée de journalistes français et russes écrivant sur
la Russie et la CEI.
Le ministre français des affaires étrangères Hubert Védrine juge la
visite de Vladimir Poutine "très importante" pour l'UE et la France
PARIS,
26 Oct - La visite du président Vladimir Poutine à Paris est "très
importante pour nous aussi bien sous l'angle européen" que dans "sa
dimension bilatérale", a déclaré le ministre français des affaires
étrangères M. Hubert Vedrine à des correspondants de l'association des
journalistes France-Russie à quelques jours de l'arrivée du président russe
prévue dimanche.
C'est la première visite en France du président Poutine qui a déjà visité
la plupart des pays voisins. La plupart des observateurs ont vu dans cette sorte
de "contournement" de la France le signe d'un refroidissement des
relations bilatérales qui ont pourtant été très chaleureuses jusqu'à
l'intervention de l'OTAN contre la Yougoslavie, puis des critiques très vives
des Français, qui ont même joué un rôle de pointe hostile à la Russie au
Conseil de l'Europe, contre la politique du Kremlin en Tchétchénie.
"Nous souhaitons avoir comme voisine une Russie prospère, stable qui
modernise ses institutions politiques qui complète sa démocratie... qui a une
politique étrangère qui inspire confiance à ses voisins", a dit M.
Védrine.
"Mais nous savons que celà ne se fait pas en un jour". "Nous
avons des attentes réalistes par rapport à cette Russie moderne qui se
construit peu à peu... il faut aussi que nous puissions apporter quelque chose,
nous ne pouvons avoir que des exigences".
Interrogé sur la Tchétchénie, M. Vedrine a souligné qu'on "ne pouvait
en faire le sujet central de nos relations avec la Russie".
Il a dit que le sujet sera abordé et que "nous pensons toujours que le
problème ne peut être durablement résolu d'une manière militaire et qu'il
faudra à un moment ou à un autre le traiter d'une façon plus politique".
Pour lui, "c'est ce que pensent à peu près tous les responsables
occidentaux qui le disent plus ou moins ouvertement selon les
circonstances".
Comme un journaliste russe lui demandait si les autorités françaises avaient
l'intention de saisir l'avion du président russe pendant sa visite comme elles
l'avaient fait avec le voilier Sedov durant l'été dernier suite à une
décision de justice, le ministre a estimé que "c'est une affaire purement
judiciaire".
"Le gouvernement français n'avait aucune responsabilité particulière
aucun moyen d'action directe... cette affaire du bateau n'avait aucun rapport
avec les relations bilatérales", a affirmé le ministre.
La saisie du voilier ainsi que le blocage des comptes de l'ambassade de Russie
et de la représentation commerciale en France avaient été provoqués par une
plainte d'une société privée suisse Noga qui réclamait au gouvernement russe
des dettes datant du début des années 90 que les autorités russes contestent.
Ces saisies opérées en France (et seulement en France) ont contribué à une
certaine détérioration du climat des relations bilatérales.
Le
ministre a aussi renvoyé à la justice les questions sur l'affaire qui enflamme
l'opinion publique russe, celle de l'actrice russe Nathalia Zakharova
domiciliée en France, séparée de sa petite fille de 5 ans placée en famille
d'accueil depuis plus d'un an à la suite d'un divorce douloureux (voir page
spéciale de Russie.net).
M. Vedrine a souhaité que la justice française "trouve une solution plus
humaine".
En matière économique, le ministre a estimé que c'était aux investisseurs de
décider et aux Russes d'améliorer l'environnement juridique et administratif.
Il a cité plusieurs entrepreneurs français rencontrés à Moscou qui lui ont
fait part "d'une nette amélioration après des périodes difficiles".
Sur la question de la dette russe, il s'est référé aux décisions du Club de
Paris qui gère la dette publique. Sur la taxation des marchandises russes à
l'entrée en UE, dont se plaint Moscou, le ministre a dit qu'elle était du
ressort de la Commission européenne.
Il a encore précisé que seront abordées les conséquences de l'élargissement
de l'UE pour la Russie, les implications d'une défense européenne, et l'apport
européen à la consolidation de l'état de droit en Russie, notamment par les
programmes TACIS.
Interrogé sur la difficulté pour les ONG françaises spécialisées dans la
coopération avec la Russie et la CEI d'accéder aux programmes TACIS dirigés
sur la Russie et sur la possibilité pour elles d'avoir un interlocuteur auprès
des pouvoirs publics français, il a promis d'examiner la question.
Pour Russie.net, Dimitri de Kochko
Journaliste et réalisateur.
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