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9 mai 1945 - 9 mai 2000 : 55ème ANNIVERSAIRE DE LA VICTOIRE COMMUNE SUR LE FASCISMEL'ENIGME DU PLAN JOUKOV Le plan mis au point par Joukov - qui était, en 1941, chef de l'Etat-major
général de l'Armée Rouge - et destiné à conjurer l'invasion hitlérienne
demeure, aujourd'hui encore, un véritable casse-tête pour les historiens. Les
énigmes commencent par le fait que le document ne porte pas de date. Il n'est
pas signé, non plus, bien que les deux personnes qui auraient dû le signer
soit nommément désignées. Il s'agit du Commissaire du peuple à la Défense,
le maréchal S. K. Timochenko, et du chef de l'Etat-major général, le
général d'armée G. K. Joukov. La résolution de Staline ne figure pas, non
plus, sur ce document. Des objectifs sidérants Dans l'idée de Joukov, le principal coup préventif porté en direction de Cracovie - Katowice devait couper l'Allemagne de ses alliés méridionaux (c'est-à-dire la Roumanie et la Hongrie). Il aurait signifié la défaite de l'armée allemande à l'est de la Vistule et sur l'axe de Cracovie, un débouché sur la rivière Narew et la prise du secteur de Katowice (autrement dit, de la Silésie industrielle). Ce projet paraissait en soi grandiose, car il nécessitait pratiquement de liquider tout le dispositif offensif rassemblé par Hitler (et estimé à 91 divisions par Joukov). Un dispositif qui était en réalité encore plus puissant. L'Armée Rouge devait pratiquement traverser toute la Pologne de l'est au sud-ouest pour déboucher sur les frontières mêmes de l'Allemagne. Les troupes allemandes étaient en même temps coupées des Balkans, du pétrole roumain en premier lieu. Mais ce n'était que le premier objectif. Le plan stipulait: Un discours au Kremlin Après la guerre, j'ai eu la grande chance de rencontrer le maréchal et
d'avoir une conversation avec lui. J'ai senti combien grande était sa douleur
lorsqu'il parlait de l'époque d'avant-guerre, du soin qu'il avait mis à
vouloir prouver à Staline la réalité de la menace allemande. Il l'avait fait
à plusieurs reprises au début de 1941, au printemps tout particulièrement,
lorsque les services de renseignement faisaient état de tous les préparatifs
allemands. Mais Staline pensait qu'il restait encore un peu de temps pour
souffler en paix. Que se serait-il passé si... Que se serait-il passé si Staline avait approuvé le plan Joukov et si
l'Armée Rouge était passée à l'offensive quelque part au début de 1941? Ainsi, le front Sud-Ouest, en direction de Cracovie, Lublin et, plus loin au
sud-ouest, aurait automatiquement "exposé" son flanc nord au
feld-maréchal Bock. Par contre, le front Ouest du général Pavlov n'aurait
rien pu opposer à la principale frappe en direction de Minsk et, plus loin, de
Moscou, des Pays baltes et de Leningrad. Les calculs de Joukov pensant que les
Allemands lanceraient dans leurs opérations 86 divisions d'infanterie, 13
divisions blindées et 12 divisions motorisées laissent tout aussi dubitatif.
En réalité, elles furent au nombre de 153, et chacune était plus forte qu'une
division soviétique. Le sort du plan Les historiens militaires russes continuent de diverger sur la question du sort réservé aux propositions de Timochenko et de Joukov. La bataille est alimentée, entre autres, par le fait qu'aucun document ne consacre le rejet formel du plan. Des données sont produites, qui montrent une accélération des transferts de troupes après le 15 mai (surtout dans la région militaire de Kiev), d'autres mesures vont dans le sens d'un renforcement du dispositif frontalier. Ces mesures sont particulièrement soulignées par les partisans de V. Rezoun-Souvorov, qui déclarent sans le moindre fondement que l'Armée Rouge était prête, le 6 juillet 1941, à franchir la frontière et à entamer une gigantesque croisade de libération. Naturellement, de nouvelles unités avaient été transférées à la hâte en provenance de l'arrière. Mais leurs directives de combat ne faisaient nullement mention de combats "préventifs" imminents. Naturellement, le poste de commandement de la région militaire de Kiev avait été rapproché de la frontière et installé à Ternopol. Mais les directives éditées à l'attention de cette même région interdisaient de la manière la plus stricte le franchissement de la frontière étatique "sans instructions particulières". Aucune instruction particulière n'était parvenue, même à l'aube du 22 juin. Et ainsi de suite... La seule trace perceptible laissée par le plan Joukov (et le chef de l'Etat-major
général pouvait s'en réjouir), c'était la levée du "tabou" sur la
disposition relative à la frontière. Les directives militaires commencèrent
à évoquer une possible attaque prochaine. On a récemment rendu publique une
série de directives émises par le Commissaire du peuple et l'Etat-major
général à l'intention de tous les secteurs frontaliers dans la période avril
- début juin 1941. Tous ces secteurs devaient être prêts à repousser une
attaque allemande. Il leur était enjoint: Les secteurs devaient réfléchir à une défense et non à une attaque. Tous ces plans devaient être présentés le 25 mai. On peut en déduire que les troupes n'avaient ainsi reçu aucune mission de préparer une frappe préventive. Et, à plus forte raison, une quelconque attaque générale contre l'Allemagne le 6 juillet 1941! Extrait des "Actualités Russes" - Avec l'aimable autorisation du Centre d'information près l'Ambassade de la Fédération de Russie en France.
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