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9 mai 1945 - 9 mai 2000 : 55ème ANNIVERSAIRE DE LA VICTOIRE COMMUNE SUR LE FASCISME55 ANS SANS GUERRE De grands changements sont intervenus dans le monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Surtout à la charnière des années 80 - 90. Sous l'influence des transformations démocratiques, la guerre froide a pris fin, l'Union Soviétique s'est désagrégée. Tout cela a permis de porter un regard nouveau sur l'événement majeur du XXème siècle. L'éventail des opinions et des points de vue est large et diversifié. Presque immédiatement après la fin de la seconde guerre mondiale, Winston Churchill déclarait, par exemple, que la victoire sur l'Allemagne fasciste s'était révélée inutile et même insensée. On connaît bien, toutefois, les propos d'un tout autre caractère qu'il avait tenu pendant la guerre. Le principal objectif, disait-il, était d'anéantir le nazisme et sa machine de guerre. A l'automne 1944, le premier ministre britannique écrivait à Staline: "Je profiterai de l'occasion pour répéter demain, à la Chambre des communes, ce que j'ai dit antérieurement, à savoir que c'est bien l'armée russe qui a étripé la machine de guerre allemande". Ceux qui affirment, aujourd'hui, que la victoire sur le fascisme a repoussé à plus tard la chute du régime stalinien et a revêtu un caractère de régression semblent oublier que, le 22 juin 1941, la Pologne avait été vaincue, la France mise à genoux, que le Danemark, la Hollande, la Belgique, le Luxembourg, la Norvège et plusieurs pays balkaniques étaient occupés, que les cheminées des crématoires s'étaient mises à fumer dans les camps de concentration nazis. Les objectifs politiques de l'Allemagne nazie dans la guerre contre l'URSS suivaient une ligne non seulement antisoviétique, mais aussi antidémocratique et anti-humanitaire. Dans cette guerre, l'Union Soviétique et ses alliés de la coalition anti-hitlérienne s'étaient fixé comme but primordial de défendre les libertés et l'indépendance de leurs peuples comme des autres peuples, de vaincre et d'extirper le fascisme allemand et le militarisme japonais. L'URSS et les autres Etats de la coalition anti-hitlérienne, en infligeant une défaite aux agresseurs, libérèrent les territoires que ces derniers avaient occupés. Quand on parle des aspects négatifs du régime soviétique, on y inclut notamment les raisons des revers subis par l'Armée Rouge à l'été et à l'automne 1941. Mais comment expliquer alors, qu'à l'été 1940, la France, forte des troupes de ses alliés, ait été défaite en quarante-quatre jours? Et pour quelles raisons les USA et l'Angleterre ont-il commencé par subir une défaite écrasante dans l'océan Pacifique suite à l'agression du Japon? A l'automne 1939, même seule, l'armée française aurait suffi à exercer une pression sur l'Allemagne et à alléger la situation de la Pologne. Mais l'Occident a adopté un "drôle" de comportement. Le général Charles de Gaulle s'est exprimé clairement et avec une rigueur militaire sur les raisons de cette "drôle de guerre". Il relève, dans ses Mémoires que, dans la France des années 1939 - 1940, certains milieux voyaient l'ennemi plutôt en Staline qu'en Hitler. La manière dont ils pourraient porter un coup à la Russie - fallait-il aider la Finlande, bombarder Bakou ou débarquer à Istanbul? - les préoccupait bien davantage que la question de savoir comment venir à bout de l'Allemagne. L'idée que le régime soviétique reposait sur la contrainte est non seulement humiliante pour ceux qui ont fait la guerre mais, de plus, elle ne correspond pas à la réalité. La guerre, qui avait été déclenchée par l'Allemagne fasciste et qui a nécessité une force physique et morale inouïe, qui a fait d'innombrables victimes, a engendré une nouvelle qualité de conscience populaire. Les justes objectifs de la lutte ont éveillé, chez les Soviétiques, un héroïsme de masse, une abnégation, de grandes exigences morales. La lutte de l'URSS contre le nazisme a exercé une grande influence sur l'émigration russe. Une partie a rejoint les envahisseurs. Mais il y en eut d'autres qui déclarèrent ouvertement leur soutien à l'Armée Rouge. Parmi ceux-ci, le général Anton Denikine, qui avait été, durant la guerre civile, le commandant en chef des forces armées des gardes blancs dans le sud de la Russie. De nombreux émigrants prirent une part active au mouvement de la Résistance. C'est dans les rangs des maquisards français que combattit Mikhaïl Romanov, l'arrière-petit-fils du tsar Alexandre III; il prit part aux combats jusqu'en Allemagne, conjointement avec l'armée américaine. Les émigrés aidèrent largement les citoyens soviétiques qui s'étaient retrouvés prisonniers des Allemands. Le principal bilan de la Grande guerre patriotique réside avant tout dans le fait que le peuple soviétique et ses forces armées ont infligé une défaite sanglante à l'Allemagne nazie, aux autres Etats du bloc fasciste. En renversant le nazisme de concert avec les armées des autres Etats de la coalition anti-hitlérienne, l'Union Soviétique a permis à l'humanité d'échapper à sa mise en esclavage. La vérité historique consiste à dire qu'un rôle majeur, dans cette victoire, revient à l'URSS et aux forces armées soviétiques qui ont infligé une défaite capitale aux armées de l'Allemagne hitlérienne et de ses alliés. Le front germano-soviétique a constitué le principal front de la seconde guerre mondiale. C'est là qu'étaient concentrées la plupart des troupes allemandes. Dès le début de la guerre, sur les 217 divisions de l'Allemagne fasciste, 153 (70,3%) étaient sur le front germano-soviétique. Au mois de mai 1942, elles étaient déjà au nombre de 181 (76,5%) sur 237. Après l'ouverture d'un second front en Europe, sur les 314 divisions ennemies, 179 (57%) combattaient l'Armée Rouge, contre 119 (38%) sur les autres fronts. Le front germano-soviétique s'étirait sur 3 à 6 000 kilomètres, la longueur des fronts alliés était de 300 - 350 kilomètres en Afrique et en Italie, de 800 kilomètres en Europe occidentale. Les opérations militaires actives se poursuivirent plus de 1 300 jours sur le front germano-soviétique, alors qu'elles durèrent à peu près 300 jours sur le front d'Afrique du Nord et en Europe occidentale. Cela étant, la Russie apprécie à sa juste valeur également la contribution de poids qu'apportèrent à la Victoire les peuples des USA, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Chine et des autres pays de la coalition anti-hitlérienne. Durant les batailles d'El-Alamein et sur la côte normande, dans les Ardennes et les Balkans, la vaillance au combat dont firent preuve les alliés rapprocha l'effondrement du nazisme. Pour l'Allemagne, le bilan de la guerre fut sans précédent: le pays perdait
pour plusieurs années sa souveraineté en tant qu'Etat et, pour de longues
années, son intégrité territoriale. La violence, exercée à l'échelle du
monde, s'était transformée en catastrophe pour le troisième Reich et en
tragédie pour le peuple allemand. Le mois de mai 1945 a marqué un tournant dans l'évolution sociale du monde. Un processus irréversible de renversement de la dépendance coloniale se mit en marche dans de nombreux pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique. Si, au début de la seconde guerre mondiale, 69% de la population et 77% des territoires du globe entraient dans le cadre du système colonial, ces indices n'étaient plus, respectivement, que de 0,2 et 0,5% au milieu des années 70. Une centaine d'Etats souverains s'étaient constitués à la place des anciennes colonies. La dernière guerre a fait la preuve de l'efficacité des efforts collectifs, des solutions apportées ensemble aux problèmes mondiaux globaux, elle a montré que l'égoïsme national étroit et l'individualisme d'Etat allaient contre le progrès et la démocratie. La guerre a mis en lumière la nécessité de trouver de nouvelles méthodes de coopération internationale, politique et autre, lorsque des pays aussi différents que l'URSS, les USA, l'Angleterre et les autres pays de la coalition anti-hitlérienne ont réussi, face au danger commun, à passer par dessus les préjugés de classe et à conclure une alliance militaire. La guerre a enrichi l'histoire de l'expérience de coopération internationale des Etats composant la coalition anti-hitlérienne. Cette coalition ne constituait naturellement pas une alliance idéale. En plus d'une divergence profonde sur le plan du régime intérieur et des intérêts géopolitiques, les différences de mentalité entre les dirigeants des principaux pays trouvèrent à s'exprimer. Le système mis en place par les alliés à l'étape finale de la guerre comportait néanmoins bien des points positifs, ce qui posa les bases réelles pour une nouvelle étape des relations internationales. Cela concerne, en premier lieu, la création de l'Organisation des Nations Unies, les mesures prises conjointement pour éradiquer le nazisme et le militarisme en Allemagne, la constitution de mécanismes internationaux pour l'examen des problèmes de l'après-guerre, etc. 1945 ouvrit donc une nouvelle page de l'histoire du XXème siècle. La situation avait radicalement changé dans l'arène internationale. Les événements qui s'étaient précipités avaient conduit à des transformations du système des relations internationales. De nouveaux centres d'influence s'étaient constitués après la défaite de l'Allemagne et de ses alliés, le monde devenait toujours davantage bipolaire. Dans une répartition des forces Est - Ouest, le rôle principal revenait maintenant aux Etats Unis d'Amérique et à l'Union Soviétique. Non seulement l'URSS était sortie de son isolement international, mais elle avait également acquis le statut de grande puissance mondiale. La désagrégation de l'Union Soviétique ébranla sensiblement le prestige de la Russie sur la scène internationale. Le changement de politique économique et, par voie de conséquence, l'inflation de la monnaie nationale, le chômage, frappèrent de plein fouet de larges couches de la population russe, les anciens combattants tout particulièrement. Les rangs des combattants vainqueurs s'éclaircissent d'année en année. Nombre d'entre eux se trouvent dans une situation extrêmement difficile. Les années se font sentir, ainsi que les blessures de guerre. Cela est souvent rendu encore plus pénible par des conditions de logement précaires, une faible pension dont le montant ne suffit pas toujours à acheter des médicaments onéreux. Les anciens prisonniers de guerre soviétique continuent, eux aussi, à ne pas se sentir très à l'aise. Ils doivent parfois avoir recours aux tribunaux pour prouver leur droit à la dignité. Les combattants vainqueurs ressentent encore plus durement leurs conditions de vie dans les républiques de l'ex Union Soviétique. Ils se trouvent, dans certains de ces pays, dans l'état d'individus de "seconde zone". Dans quelques pays, cela va jusqu'à l'arbitraire et des persécutions illégales. C'est ainsi que la Lettonie juge actuellement Evgueni Savenko, un invalide de 89 ans. Près de 150 autres anciens partisans soviétiques ont été convoqués devant les tribunaux lettons. Pendant ce temps, dans les pays baltes, les organisations des anciens de la légion SS et des "frères des forêts" agissent au grand jour. Il convient toutefois de remarquer que les pays, anciennement alliés de l'URSS au sein de la coalition anti-hitlérienne, et même les pays qui ont perdu la guerre, considèrent les anciens combattants de façon tout à fait différente. Tous bénéficient de nombreux avantages, perçoivent une pension qui leur permet d'avoir accès à une dignité de vie. Extrait des "Actualités Russes" - Avec l'aimable autorisation du Centre d'information près l'Ambassade de la Fédération de Russie en France.
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