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9 mai 1945 - 9 mai 2000 : 55ème ANNIVERSAIRE DE LA VICTOIRE COMMUNE SUR LE FASCISME"LE MOINE" AVAIT PREVENU STALINE C'est Allen Dulles, l'ancien directeur de la CIA, qui avait qualifié de summum du rêve de tout espion les informations secrètes obtenues par les agents soviétiques durant la seconde guerre mondiale. Ils avaient aussi reçu des renseignements convaincants sur l'attaque hitlérienne qui se préparait contre l'Union Soviétique. Les informations communiquées par les agents du Commissariat du peuple aux affaires intérieures (NKVD) en provenance de Berlin, de Tokyo, d'Helsinki et de Sofia, mentionnaient que cette attaque aurait lieu dans la première quinzaine du mois de juin 1941. Immédiatement avant l'agression, la date exacte en fut précisée. C'est ainsi que, le 11 juin, un télégramme codé alarmant était arrivé d'Helsinki. Il annonçait qu'un accord secret avait été conclu portant sur la participation des forces armées finlandaises à la prochaine guerre de l'Allemagne hitlérienne contre l'URSS. Cette information que "le moine" avait obtenu d'une source précieuse précisait la date du déclenchement de l'agression: le 22 juin 1941. Cette information et les autres avertissements concernant la guerre furent transmis au Kremlin, à Staline directement. Les services de renseignement des organes de la sécurité d'Etat de l'URSS disposaient de sources sures d'information dans les principaux pays européens et asiatiques. Comme Breitenbach, un collaborateur de la Gestapo qui avait lui aussi prévenu le renseignement soviétique de la date réelle du début de la guerre, Tchan Kaïchi (dont le pseudonyme était "L'ami"), conseiller militaire du chef du gouvernement chinois, "Augusta", femme d'un haut fonctionnaire du ministère allemand des Affaires étrangères, ou d'autres encore. Mais avec la guerre, les liens furent coupés avec nombre d'entre eux. Jusqu'au milieu de l'année 1941, on pensait qu'il serait possible d'assurer un contact par radio, à partir de Brest (Litovsk). Mais, dès les premiers jours de la guerre, cette ville comme d'autres agglomérations biélorusses furent occupées par les Allemands. Le renseignement extérieur soviétique dut former des groupes d'agents spéciaux pour les envoyer en Allemagne et dans les pays occupés par cette dernière, afin de rétablir les contacts perdus. Ces mesures ne se révélèrent pas toujours efficaces et les dirigeants du renseignement durent alors miser sur le travail de leurs bureaux légaux, dans les Etats que l'Allemagne n'occupait pas. Durant la seconde guerre mondiale, les agents soviétiques opérèrent aux USA, en Grande Bretagne, en Suède, en Chine, en Iran, en Turquie, en Afghanistan et au Japon, d'où provenaient l'essentiel des informations relatives à l'Allemagne nazie. Des agences furent ouvertes en Egypte, en Italie, en France, en Roumanie et en Hongrie. Dans la mesure où l'appareil du renseignement soviétique sur le territoire allemand, qui avait regroupé plusieurs dizaines de personnes dans les années qui précédèrent la guerre, avait été démantelé avec le début de la guerre, le bureau des agents soviétiques à Londres fut chargé de combler le manque d'informations véridiques. Il convient de noter que les services spéciaux britanniques avaient, en Allemagne, des positions qui n'étaient pas mauvaises, disposant d'un réseau dans le proche entourage de Hitler, l'abwehr et les milieux scientifiques qui travaillaient à la mise au point de l'arme atomique. Mais, en dépit des relations d'alliés qu'il entretenait avec l'URSS, le gouvernement britannique n'était pas pressé de partager ses informations stratégiques avec l'Union Soviétique. De plus, Staline éprouvait une certaine réserve vis-à-vis des informations secrètes depuis les années d'avant-guerre, surtout quand elles émanaient des services secrets britanniques. Cette méfiance à l'égard des informations des services anglais coûta cher à l'Union Soviétique. C'est ainsi qu'en 1942, des renseignement confidentiels en provenance de Londres indiquèrent que Hitler préparait une nouvelle offensive sur l'axe stratégique du sud. Notamment dans les secteurs de Stalingrad et du Caucase septentrional, afin de prendre le contrôle des régions pétrolifères et de déboucher sur les frontières avec la Turquie et l'Iran. Ces informations, quoique confortées par des rapports du renseignement militaire, ne furent pas prises en considération par les dirigeants soviétiques, ce qui conduisit aux grandes défaites que l'Armée Rouge connut à Kharkov, dans le Donbass et en Crimée. Il fallut attendre 1943 pour que Staline modifie son attitude vis-à-vis des rapports des agents londoniens qui tiraient leurs renseignements directement des services secrets britanniques, pour qu'il soit convaincu de la véracité des renseignements stratégiques communiqués. C'est de Grande Bretagne qu'arriva, en 1943, une information de Cairncross, comme quoi les Allemands préparaient une opération "Citadelle" en direction de Koursk. Notre agent, qui travaillait au siège des communications gouvernementales, était chargé d'intercepter et de déchiffrer les lignes de communication du haut commandement allemand. Il ressortait des conversations codées que Hitler avait l'intention de prendre sa revanche après la défaite qu'il avait subie à Stalingrad, et que la Wehrmacht lancerait son offensive d'été au début du mois de juillet, dans le secteur du saillant de Koursk. La vérification de ces données par le renseignement militaire et les partisans confirma la véracité des informations communiquées par le réseau de Londres, et le commandement soviétique les prit en compte pour préparer la bataille de Koursk. C'est seulement après le décès du conseiller de la reine de Grande Bretagne, Anthony Blunt, et en raison d'un certain nombre de circonstances majeures, que la Russie estima possible de divulguer son apport considérable à la victoire dans la Grande guerre patriotique et dans le maintien de la paix durant la période de l'après-guerre. Les matériaux qu'il communiqua concernant le stationnement des forces armées allemandes et japonaises, l'activité du renseignement allemand en Finlande, en Suède, en Turquie, au Proche Orient et dans d'autres régions du monde furent extrêmement précieux. On reçut également de lui des documents importants, portant sur les opérations militaires que préparaient les alliés au sein de la coalition anti-hitlérienne, ainsi que des informations sur leurs opérations de désinformation. A la veille de la rencontre de Téhéran entre Staline, Roosevelt et Churchill, les agents secrets avaient réussi à obtenir des informations sur un attentat que les services secrets allemands se préparaient à commettre contre les participants à la conférence. Cette opération était commandée par Otto Scorzeni, un saboteur bien connu. Des mesures furent prises conjointement, qui permirent de liquider l'organisation hitlérienne clandestine en Iran, d'arrêter des dizaines d'agents de l'Abwehr et de faire échouer le complot de la gestapo contre "la Grande troïka". Lors de cette conférence de Téhéran, il devint clair pour les dirigeants de la coalition anti-hitlérienne que Washington et Londres étaient prêts à ouvrir un second front en France. De leur côté, les agents soviétiques qui opéraient aux Etats Unis et en Grande Bretagne informèrent le Centre que, du fait des victoires de l'Armée soviétique, les puissances occidentales avaient davantage besoin d'un second front pour maintenir les pays de l'Europe sous leur influence. C'est pourquoi, au cours de l'étape finale de la guerre, le renseignement extérieur soviétique fut chargé de découvrir les plans des pays occidentaux quant à l'organisation de l'après-guerre en Europe et en Asie. Les Etats-Unis et l'Angleterre, qui pensaient qu'après avoir consenti les plus grands sacrifices au nom de la victoire commune l'URSS serait exsangue, espéraient en tirer pour eux-mêmes un profit maximum. Londres s'efforça en particulier non seulement d'éviter le déclin de l'empire britannique, mais encore de consolider ses propres positions dans les Balkans. C'est pourquoi, durant l'étape finale de la guerre, Churchill défendit avec tant d'obstination "la variante balkanique" de la fin des opérations, insistant pour que le débarquement anglo-américain intervienne dans cette région afin de créer une sorte de "cordon sanitaire" sur le chemin que suivaient les troupes soviétiques progressant vers l'Europe méridionale et centrale. Les plans des puissances occidentales furent assez bien mis en lumière par les "cinq de Cambridge" que l'on connaît bien maintenant - Kim Philby, Donald Mclean, Guy Burgess, Anthony Blunt et John Cairncross - ainsi que par leur assistants dont les noms ne peuvent encore être divulgués. C'est d'ailleurs grâce au travail plein d'abnégation effectué par Mclean, qui occupait alors un poste en vue au Foreign Office, que les services secrets soviétiques purent avoir connaissance de certains documents relatifs à la correspondance entre le premier ministre Winston Churchill et le président américain Franklin Roosevelt, ainsi qu'avec d'autres chefs d'Etat, concernant l'organisation de l'Europe de l'après-guerre. Extrait des "Actualités Russes" - Avec l'aimable autorisation du Centre d'information près l'Ambassade de la Fédération de Russie en France.
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