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9 mai 1945 - 9 mai 2000 : 55ème ANNIVERSAIRE DE LA VICTOIRE COMMUNE SUR LE FASCISME

MORTS ET DISPARUS
Professeur Grigori Krivocheev, général de corps d'armée en retraite

En juin 1941, sept Etats déclaraient la guerre à l'Union Soviétique: l'Allemagne (22 juin), l'Italie (22 juin), la Roumanie (22 juin), la Hongrie (27 juin), la Finlande (26 juin), ainsi que les gouvernements fantoches mis en place par les hitlériens en Slovaquie (23 juin) et en Croatie. Le Japon et l'Espagne, tout en gardant formellement leur neutralité, collaboraient très étroitement avec l'Allemagne. Les gouvernements de la Bulgarie et de la France de Vichy étaient également les alliés de l'Allemagne.

En plus des pays qui avaient déclaré la guerre à l'Union Soviétique, des formations, des unités et des sections formées d'Albanais, de Belges, de Danois, d'Espagnols, de Luxembourgeois, de Hollandais, de Norvégiens, de Polonais, de Serbes, de Français, de Tchèques et de Suédois prirent part à la guerre.

L'Allemagne eut encore à ses côtés, dans la guerre, le corps des gardes blancs cosaques (commandé par B. A. Steifon), les unités cosaques qui formèrent par la suite le 15ème corps des cosaques -commandé par Von Panvitz) et quelques autres unités constituées de citoyens soviétiques.

Pour l'Union Soviétique, ce sont les pertes humaines, évaluées à 26,6 millions d'hommes, qui constituèrent les conséquences les plus lourdes de la seconde guerre mondiale. Notre pays n'avait encore jamais connu de telles pertes au cours d'une guerre.

Durant la seconde guerre mondiale, l'Allemagne et l'URSS enrôlèrent à elles seules près de 56 millions d'hommes dans leurs forces armées. Un chiffre qui avoisine les 120 millions quand on fait la somme de tous les pays belligérants, avec leurs militaires de carrière, les réservistes mobilisés et les appelés.

Durant les années de guerre, 34 476 700 personnes soumises aux obligations militaires furent appelées dans les forces armées de l'URSS. Ce chiffre équivaut à peu près à toute la population du Danemark, des Pays Bas, de la Norvège, de la Suède et de la Finlande réunis. Furent également appelés sous les drapeaux 490 235 femmes et 219 645 hommes de plus de cinquante ans, donc non soumis aux obligations militaires.

De nouvelles recherches et les statistiques fournies par l'Etat-major général ont permis d'établir que les pertes globales et définitives des forces armées soviétiques (y compris des troupes de garde-frontière et du ministère de l'intérieur) durant les années de guerre se sont montées à 11 944 100 personnes. Elles ont péri au combat, ont disparu au front, sont mortes de leurs blessures sur les champs de batailles ou dans les établissements hospitaliers, sont décédées de maladies contractées sur le front, ou sont mortes au front pour d'autres raisons, ou bien encore ont été emmenées en captivité par l'ennemi.
Les personnes disparues constituent une part considérable de ces pertes irrémédiables. Selon les documents dont dispose l'Etat-major général, sur les 11 944 100 personnes portées disparues, 5 059 000 ont disparu sans laisser de traces ou ont été faites prisonnières, soit 42,3%. On peut supposer que tous les disparus n'ont pas été emmenés en captivité. Les recherches effectuées, notamment à partir des archives du commandement militaire allemand, confirment que 450 ou 500 000 militaires sont morts ou sont restés en territoire occupé, ont rejoint les partisans, et que 4 559 000 autres ont été faits prisonniers par les Allemands.
Ces chiffres sont, pour l'essentiel, confirmés par les informations du haut-commandement des forces terrestres allemandes, publiées dans la revue des opérations militaires du haut-commandement de la Wehrmacht (tome 1), indiquant qu'à la date du 20 décembre 1942, 3 350 639 soldats soviétiques avaient été faits prisonniers. C'est un chiffre assez proche des nôtres.

La cruauté, l'inhumanité du traitement réservé aux prisonniers de guerre entraînèrent une mortalité importante chez les prisonniers, ce que reconnaissent également les chercheurs allemands. Christian Streit montre que, sur les 3,4 millions de prisonniers de guerre soviétiques capturés par la Wehrmacht en 1941 lors de l'invasion de l'Union Soviétique, seuls 1,4 million environ étaient encore en vie à la fin du mois de janvier 1942. Les deux autres millions avaient été fusillés, ou étaient tombés, victimes des épidémies, de la faim et du froid. Des dizaines, des centaines de milliers d'hommes furent liquidés par des commandos d'infanterie ou même par les troupes pour des raisons politiques ou raciales.

Certains chercheurs affirment que l'URSS aurait perdu dans la guerre dix à quatorze fois plus d'hommes que l'Allemagne.

A l'issue de longues années de recherches, il a été possible, sur la base des documents d'archives de l'état-major général et des travaux publiés en Allemagne, de reconstituer l'état des effectifs des forces armées de l'Allemagne durant la période de la seconde guerre mondiale.
Les forces armées allemandes regroupaient 3 214 000 hommes au 1er septembre 1939, date du début de la seconde guerre mondiale. Entre le 1er juin 1939 et le 30 avril 1945 inclus, 17 893 000 hommes avaient été appelés sous les drapeaux de l'armée allemande. Autrement dit, 21 107 000 hommes ont été enrôlés dans l'armée durant les années de guerre.

Au moment de la capitulation, 4 100 000 hommes portaient encore les armes. 700 000 étaient hospitalisés sur le territoire de l'Allemagne.

16.307.000 personnes ont été tuées durant la guerre.
Ce chiffre se décompose ainsi:
les pertes définitives: 11 844 000 personnes tuées ou décédées des suites de leurs blessures ou de maladie, 4 457 000 disparues sans laisser de traces, 7 387 000 prisonniers;
les autres pertes: 4 463 000 personnes au total.
Dont: 2 463 000, blessés ou en longue maladie, ont été réformés en tant qu'inaptes au service (invalides), ou ont déserté. 2 millions ont été démobilisés et réquisitionnés dans l'industrie.

Les pertes définitives globales de l'Allemagne et de ses alliés sur le front germano-soviétique (1941-1945) se montent à 8 649 300 hommes. 3 572 600 d'entre eux sont rentrés de captivité après la guerre. Ainsi, les pertes démographiques des effectifs de l'adversaire se montent à 5 076 400 (au mois de juillet 1992, on avait cité le chiffe de 6 923 700 pour les seules pertes définitives de l'adversaire).
Autrement dit, le rapport entre nos pertes et celles de l'ennemi durant la guerre est de 1,5:1.


Extrait des "Actualités Russes" - Avec l'aimable autorisation du Centre d'information près l'Ambassade de la Fédération de Russie en France.


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